‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 1 sur 225 · POUR LE TEMPS DE LAVENT · texte numérisé non relu

POUR LE TEMPS DE LAVENT

Le dessein de TÉgUse, dans rinsUtotîoD de l' Avent, a été d'honorer le Verbe incarné dans le chaste sein de la Vierge, et de nous disposer ainsi à la glorieuse nativité de cet Homme^Bieo. Nous ne pouvons donc mieux nous occuper pendant tout ce saint temps, que du grand mystère de TincamatioD; etquoîque le Fils de Dieu s*y soit si profondément humilié et comme anéanti , nous le devons néanmoins considérer comme un mystère de gloire pour Dieu même, selon qu'il nous esl marqué dans ce sacré cantique que chantèrent les anges à la naissance de Jésus-Christ : Glcbre à JHeu au plus haut des deux. En efFet, cesi en se revêtant d'une nature seipblable à la nôtre, et en sefoisanf homme, que le Verbe divin est venu sur la terre , l"" découvrir sensiblement aux hommes la gloire de Dieu; 2"* combattre parmi les hommes, et y détruire tous les ennemis de la gloire de Dieu; 5"* allnmer dans le cœur des hommes un zèle ardent pour bi gloire de Dieu. Appliquons-nous à méditer et à bien pénétrer ces trois vérités. Ce sera pour nous un fonds inépuisable de réflexions et de sentiments les plus propres à nous édifier.

§ I. Comment /énis-Christ vtem découvrir senriblement ansx Aofiimes

Ul gloire de Dieu.

1. Que le Verbe étemel , en s'incamant, soit venu découvrir aux hommes la gloire de Dieu , c'est l'expresse doctrine de l'évangéliste saint Jean : Le Verbe, dit-il, s' est fait chair ; U a demeuré et conversé panmnous^ et nous avons vu sa gloire {JoAfi.^i). Quelle conséquence! et le saint évangéliste ne devoit-il pas, ce semble, conclure tout autrement, et dire : LeVerbe s'est fait chair, et sous cette chair mortelle dont il est revêtu, il nous a caché la gloire' de sa divinité? S'il disoit , Le Verbe s'est fait chair, et nous avons été témoins de ses infirmités volontaires, (le ses abaissements et de ses anéantissements , nous n'auriotis pas de peineàcomprendre la penséede ce disciple l)ien aimé, et elle nous paroitroit très naturelle ; mais que le Verbe se soit fait chair, qu'en se faisant chair comme nous, il se soit assujetti à tontes nos misères , et qu'en cela néanmoins il atf fait éclater sa gloire, c'est ce qui paroît se contredire , et de quoi nous ne voyons pas d'abord la liaison. Rien toutefois n'est plus juste que ce raisonnement, dit saint Augustin , et il ne faut qu'un peu d'attention pour en voir toute la solidité et toute B.5. i

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