‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 2 sur 225 · POUR LE TEMPS DE L'AVENT · texte numérisé non relu

POUR LE TEMPS DE L'AVENT

la Yëritë. Car si la gl6H*6 dé Dieu detok fetrê révélée aux hommes d'ane manière sensible, c'éloit justement par les humiliations dn Verbe; et il n'y avoit que ce Verbe humilié qui pût nous faire connottre Texcellenoe d'uà Dieu çtoriflé : (eilemënt, co«dtat saint Adgustili y que si saint Jean n'avoit pas dit. Le Verbe s'est fait chair, nous n'aurions pa dire que nous avons vu sa gloire. Qu'est-ce que lagloire de Dieu dont il est ici question, et ep quoi consisten-eile? Cette gloire de Dieu telle que nous la devons maintenant entendre, c'est-à-dire cette gloire qui est dans Dieu, et que nous desirons de connottre, n'est autre chose que les perfections de Dieu. Par conséquent, découvrir aux hommes leis perfections de Dien, c'est leur découvrir la gloire de Dieu. Or n'est-ce pas ce qiië nous découvre admirablement et sensiblement te Fils de Dieu dans son adorable incarnation ?

H. Et d'abord , la miséricorde de Dieu pouvoit-dle se produire avec plus d'éclat que dans ce mystère? pouvoit-elle nous donner nne idée de ce qu'elle est ,'comparable à celle-ci ? a-t-elle jamais rien fait dans le monde qui en ait approché ? 0 prodige ! s'écrie Zenon de Vérone, un Dieu réduit à la petitesse d'un enfant ; et cela pour qui ? par amour pour son image, et pour des créatures formées de sa main. Reconnoissons l'excellence de notre religion dans les vues excellentes qu'elle nous donne du maître que nous adorons, et de sa bonté sans mesure. Toutes les religions païennes, dans la vanité de leurs fables, ont-elles jamais rien imaginé de pareil? Nous avons des dieux , disolt ttndes sages du paganisme; mais ces dieux passeroient pour des inonstres s*ils vivoîent parmi nous, tant ils ont été vicieux et corrompus. Nous, dit saint Augustin, nous servons uû Dieu en qui tout est ■lerveiileu j mais de miles les merveilles qu'il reafiermetiaiis son être divin, ce qu'ily a de plusmerfeMletix et déplus incompréhensible, c'est son amour. U ne faudroit donc que le mystère de Tincarnation pour confondre toute l'idolâtrie et toute la superstition païenne. Car, selon la belle renuu*quede saint Grégoire de Nysse, la vraie religion est d'avoir des sentiments de Dieu conformes à la nature et à la grandeur de Dieti : or ce grand mystère nous fait concevoir une estime de la miséricorde de Dieu si relevée , qu*il n'est pas possible à l'esprit de l'homme de la porter plus haut.

IIL II en est de même de la sagesse de Dieu. Que la prudence aveugle du siècle en juge comme il lui plaira, on peut dire , et il est vrai, qu'un Homme-Dieu est le chef-d'œuvre d'une sagesse toute divine, parceque c'est ainsi que Dieu a pris le moyen le plus convenable de réparer sa propre gloire et d'opérer le salut des hommes. Il avoit été offensé, ce Dieu de majesté; il lui falloit une satisfaction digne de lui, et nul autre qu'un Dieu ne pouvoit dignéknent satisfaire à un Dieu. L^homme s'étoit perdu : Dieu vooloit le sauver en le délivrant de la mort étemelle; et comme il n'y avoit qu'un Dieu qui, par ses mérites infinis, pût le délivrer de cette mort, U n*y avoit oonséquensmant qu'un

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Biett 40i pèt le sâonr. Il feHoit qné oe. Sftiifenr ffti lopt easenUk

vrai Dieu et vrai homme. S'il eût sauleineiit été Dieu» il n'eftt pu mmÊ^

Mr; s'il eAt étëseolement homme, ses humiliacioBs m ses sondhmcm

n'eussent pas été des rëparatteas suffisantes* De plus, s'il e#c seoi»

«est été Dieu, il eût été invisiUe, et n'eikt pa bms donnât Ttirai^ ^

st s'il eût seulement été homme « son exemple n'ete pas été nonr nous

une règle tont-i-fisiit sûre et à oonyort de tout ëga? emetiu Haïs ëtaM

Dieu et homme, eomme homme il a pu s'abaisser » et e&mme Dieu il

a doanë à ses abaissementt une valenr inestimable ^ san^ ipesorsi

comme homme il s^est montré à nos yeux pournoiis sertir de§iiidni

et comme Dieu il nous a rassurés pour nous faire prendre aveo 99t^

fiance la voie oil il est entrer et ouil a votiln nonsoondnire. Ainsi» dans

ces jours de graoe et de saJuiy nous n'avons poinl de sentiment pins

ordinaire à prea^ que de nous ëerier avec TApûlre : O rkàe$ie$ / 1

aàhnedeia iagase et deêjngemenu dp Dteu (R<nn.^ 11)/

lY. Mais quelle vertu et [quel pouvoir dans Dienne demandoit pas facoomplissemeat de ce grand ouvrage? Quel eCfort et quel miraole de la droite du Très- Haut I un Dien- Homme , conçu par une o^re mrge; c'est-à-dire, dans la même personne» dans le même Jésus^ Christ, la divinité jointe avec notre humanité, l'immprtaliié avecnotfs infirmité, la grandeur avec notre bassesse , l'iofiai avec le fini, fétre avec le néant ; et, dans la même mère, la diaternité avec la virgînftéjl Yoilà proprement l'œavre de Dieo . Toutce qu'il avoit fait jnsqu'â prisent dans l'univers, n'étoit ponr lui, sekm l'expression même derÉcrî'* ture , que comme un jeu ; mais c'est id que sa toute -puissance 9$ déploie dans toute ison étendue, et c'est dans la foiblesse d'nnEnfani* Dieu qu'il fiiit éclater toute sa fbvoe.

V. Û n'y a qoe la justice de Dieu qui semble demeurer inconnue, et n'avmr nulle part dmiscemtstèrede graee. Mais nous nous trompons^ si nous le pensons de la sorte; et l'on peut même ajouter que de toutes les perfections divines qui reluisent dans la personne du Sao* veur, la justice est celle dont les effets y sont plus sensibles, et dont les droits inviohèles et souverains y paroissent avec plus d'évidence e jusque là que saint Chrysostome n'a pas foit difficulté d'avaneer cetlie étrange proposition, mais qui n'a rien que de solide, toutesnvprenanla qu'elle est, savoir : que dans l'enfer, où Dieu exerce ses plus r^oureux châtiments, il ne fait pas néanmoins autant connottre sa justice^ que dans le sein virginal de Marie , où le Verbe s- est incamé. Là preuve en est incontestable. C'est que dans l'enfer cène sont oue deshommes réprouvés qui se trouvent soumis à cette justice; au lieu que dans le sein de Marie , cTest un Homme-Dieu qui commence' à en devenir la victhne et à UA être immolé. Or qu'est-*ce qu'une jttstiee à laquelle il faut une telle hostie et un tel homniage? d'où vient que le Ptophè|B royal, parfoitement édàiré dans la scien<:e et le tfîscernedfeat des et* tributs divins, après avoir dit que ZMéii^tif^a#é«aàs ftdSÉWics/âniiitr

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