‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 12 sur 225 · POUR L'OCTAVE DU TRÈS SAINT^AGREMENT · texte numérisé non relu

POUR L'OCTAVE DU TRÈS SAINT^AGREMENT

soit par rapport à rhabillement, qui ne doit être ni trop n^Iigé , ni trop orné (car on tombe sur cela en deux excès condamnables) ; soit par rapport à la vue, qui doit éure communément ou abaissée Ters la terre, ou appliquée sur un livre de prières, ou attachée à l'autel ; soit par rapport à la contenance, qui doit toujours être décente, humble, sortable à l'état et aux sentiments d'une ame suppliante. Attention qui recueille l'esprit , qui en bannisse toutes les idées et tontes les affaires du monde, qui le rappelle de ses égarements et de ses évagalions, dès qu'il commence à s'en apercevoir ; qui l'applique aux cérémonies et aux différentes parties du sacrifice; qui le porte oontinnellement à Dieu, ou pour honorer ^ souveraine majesté, ou pour implorer S8i miséricorde et lui rendre des actions de grâces. Dévotion, laquelle excite sans cesse le cœur à de tendres et pieuses affections, aux actes de toutes les vertus. Il y aura des soins pour cela ^ prendre, il y wra des obstacles à vaincre , des respects humains à surmonter. Il faudra mortifier la curiosité naturelle, qui nous fait observer tout ce qui se passe autour de nous. Il faudra captiver le corps, en le tenant dans une situation qui le contraint et qui l'incommode. Il faudra réj)rimer sa langue et l'envie de parler, en se condamnant à un silence inviolable. Il faudra , pour s'âoigner de l'occasion et de la tentation, se retirer de certains lieux, de certaines places, de certaines personnes. Il faudra éviter certaines messes, qui sont comme les rendez-vous d'un certain monde , et où l'on cherchoit auparavant à se faire voir et à se distinguer. Des gens viendront vous aborder et vous saluer, ils resteront auprès de vous, ib voudront lier entretien avec vous, et il faudra ne leur point répondre, ou ne le faire qu'en peu de paroles^ et couper tout:à-coup lé discours. Peut-être en seront-ils surpris, en riront-ils, et il faudra les laisser dans leur surprise, et ne tenir nul compte de leurs railleries. Mais tout cela , tous ces soins que vous prendrez, toutes ces victoires que vous remporterez, seront autant de satisfactions que Dieu acceptera, et dont le mérité pourra compenser en quelque sorte tant de fautes, qui vous rendent également redevable , soit à sa justice-, puisque ce sont de vrais péchés ; soit à &a suprême grandeur, puisqu'elles regardent le mystère même où vous devez plus la reconnoiire , et où il doit recevoir de plus profonds hommages.

5. D'offrir avec le prêtre le sacrifice de la messe, toutes les fois que nons y assisterons ; de l'offrir en esprit de pénitence pour tous les péchés du monde , et en particulier pour les nôtres ; n)ais surtout de l'offrir en esprit de réparation, pour toutes les messes que nous n'avons pas entendues par notre négligence, ou que nous avons mal entendues. Car tout fidèle peut et doit s'unir ainsi au prêtre, en assistant à la messe, pour offrir avec lui le sacrifice, puisque nous en sommes tous les ministres, quoique d'une manière différente. El comme ce sacrifice est le même que celui qui s'accomplit sur la croix, et qui y

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