‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 14 sur 225 · POUR L'OCTAVE · texte numérisé non relu

POUR L'OCTAVE

pas à nous garantir nous-mêmes. Faisons-nous donc un capital de nous disposer par de fréquents désirs à cette mort sainte, après laquelle les Justes et les amis de Dieu ont soupiré ; et que ce ne soit pas seulement de bouche» mais sincèrement et de cœurj^que nous disions chaque jour à Dieu : Que votre règne arrive pour nous (Matth., 6)! Car il n'y a que la mort par on nous paissions parvenir au royaume de DieUy et nous sommes incapables de faire à Dieu cette prière, si noua ne regardons la mort comme l'a regardée la mère de Diea«

§ II. Comment MiorU nous apprend sur quoi doU être fondé le bonheur

des Saints.

L La sainte Vierge , immédiatement après sa mort , est entrée en possession de sa béatitude et de sa gloire : c'est le mystère que nous célébrons, et c'est proprement ce que nous appelons son Assomption. Mais pourquoi pensons-nous qu'elle ait été élevée au plus haut des deux , et comment croyons-nous qu'elle soit montée à un degré si émiqient ? Dieq, en la couronnant, n'a-t-il eu en vue que sa maternité divine? Reconnoissons plutôt qae ce n'est point précisément sa maternité divine qu'il a prétendu couronner « mais sa sainteté et ses bonnes œuvres. Combien d'ancélresde Jésus-Christ ont été réprouvés de Dieu, parcequ'avec cette qualité d'ancêtres de Jésus-Christ, ils n'ont pas laissé d'être des impies et des infidèles ?

IL Importante leçon qui doit tout à la fois nous instruire, nous confondre , nous consoler. Nous instruire : car il est donc vrai, et si nous ne l'avons pas assez bien compris jusques à présent, l'exemple de Marie doit achever de nous en convaincre : il est, dis-je, certain et indubitable que nous ne serons glorifiés dans le del qu'autant que nous aurons travaillé sur la terre. Quoiqu'on ne parvienne communément à rien dans le knonde sans travail, et que le monde même nous vende bien cher les vains avantages que nous y obtenons , cette règle n'est pas néanmoins si universelle qu'elle n'ait ses exceptions ; et nous avons souvent la douleur de voir au-dessus de nos tètes, etdans les premières places, des gens qui n'ont pas fait à beaucoup prèsceque nous faisons, et sur qui nous devrions l'emporter, si les récompenses étoient partagées et mesiurées selon les services. Mais quel est* ce serviteur fidèl^ qui entrera dans la joie du Seigneur, et que le Seigneur placera dans le séjour des bienheureux et des élus? C'est celui qui aura fait valoir le talent qu'on lui avoit confié; c'est celui qui se sera conservé dans une saiote innocence, ou qui aura réparé ses désm*dres passés, et satisfait à Dieu par la pénitence. Ce Juste vigilant , appliqué, laborieux, qui, sans se contenter d'éviter le mal, aura pratiqué le bien, et l'aura pratiqué chrétiennement, l'aura pratiqué pleinement • l'aura pratiqué constamment ; c'est à celui-là que les bénédictions divines sont réservées, et que l'héritage céleste est promis. Tout autre en est exdu, c'est-à-dire que quiconque n'auroit pas oe

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