‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 164 sur 225 · SUR LU FRÉQUENTE GOIHFESSION. SUS · texte numérisé non relu

SUR LU FRÉQUENTE GOIHFESSION. SUS

glement de Tesprit. Dans la fréquente confession, on s'excHe souvent à la haine du péché, an repentir et à la douleur, à l'amour de Dieu , à la crainte de ses jugements , à de saints désirs et à de saintes réso* Inlions : remède contre l'endurdsseipen't du cœur. Dans la fréquente confession, on se réconcilie promptement avec Dieu , si l'on a en le malheur de perdre sa grâce ; on bannit de son ame le péché presque aussitôt qu'il y est entré , on ne lui permet pas de s*y établir; et parlà 9 adon la parole de Jésus-Christ , on se tient toujours prêt et toujours en garde contre les surprises de la mort. Vigilance que le Fifs de Dieu nous a tant recommandée dans TÉvangile, et qui « par une sage précaution, eût pu sauver des millions de réprouvés qu'une mort imprévue et subite a précipités dansTenfer^ Ils comprennent , mais trop tard, ce que c'est que d'avoir trop différé à se relever du péché, et d'avoir long-temps vécu dans un état de damnation. Comprenons-le nous-mêmes, mais de bonne heure, mais dès à présent , mais quand cette connoissance nous peut être salutaire.

Second pomT. Importance de la fréquente confession par rapport aux Justes. Que celui qui est saint, dit TÉcriture, se sanctifie tou« jours davantage ; c'est-à-dire que lame juste se purifie toujours de plus en plus devant Dieu, et qu'elle renouvelle toujours de plus en plus 8â ferveur dans le service de Dieu. Or il est aisé de voir combien là fréquente confession contribue à l'un et à l'autre.

i. Rien de plus propre à purifier de plus en plus l'ame juste que la fréquente confession. Le Juste, selon le témoignage du Saint-Esprit , tombe JQsques à sept fois le jour. Il n'y a donc point d'ame* si innocente et si nette aux yeux de Dieu , qui n'ait toujours besoin de se purifier ; car la parole du Sage est générale, et il ne dit pas seulement quelques Justes, mais il dit absolument et sans restriction le Juste , quel qu'il soit. La raison est que le Juste est toujours homme , et que tout homme sur h terre est foible, et sujet aux fragilités hunmines. Cependant il est d'un extrême intérêt, pour une aine qui veut être à Dieu , d'acquérir , autant qu'il lui est possible , la plus grande pureté de cœur, et de s'y maintenir : pourquoi? parcequ'autrenient elle ne peut jouir des.fevenrs du ciel , ni recevoir certaines grâces de Dieu , lequel ne se communique qu'aux âmes pures, et ne se découvre à elles qu'à proportion de leur pureté : ce qui a fait dire au Sauveur du monde : Hewreux deux dont lecœur est pur, car ils verront Dieu (M att. , 5). Or on ne peut douter que ce ne soit par la fréquente confession que l'ame chrétienne se purifie des moindres taches. Plus elle rentre souvent en elle-même, plus elle s'examine , et plus elle devient clairvoyante à les apercevoir : et du moment qu'elle les aperçoit, elle ne peut avoir de repos qu'elle ne les ait effacées par les larmes de la pénitence. De cette sorte, elle les empêche de croître; elle se préserve des chutes plus grièves où elle peyrroît être entraînée par une multi-

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tude de fiiotes, quoique I^^ères, qu'elle Uisseroit grossir et s'accu* muler ; elle se présente toujours à Dieu» suivant la figure du Pro-, phète royal » telle qu'une reine qm paroU devant le prince son fidèle époux y parée de divers omemenia et avec un habit enrichi çTor ( Psalm^ 44). Dans cet état, elle attire sur elle les yeux de Dieu, elle lui plait ; et parcequ'il n'y a point d'obstacle qui le puisse éloigner, il vient à elle, l'honore de sa présence et la comble de ses dons*

% Rien de plus propre à reipiouveler sans œsse la ferveur de l'ame juste que la fréquente confession. Il n'y a point de feu si ardent qui ne se ralentisse quand on ne prend pas soin de l'entretenir, et il n'y a point de piété si fervente qui, pour ne pas déchoir et ne se point refroidir , n'ait besoin d'être souvent ranimée et réveillée. Cet éiféque *de l'Apocalypse Tavoit éprouvé , lorsque Dieu lui reprochait qu'il avoit beaucoup perdu de sa première charité , et qu'il étoit tombé dans le relâchement et la tiédeur. Voilà oii en sont réduites tant d'ames qu'on a vues à certains temps toutes brûlantes de aèle pour l'hon*. neur de Dieu et pour leur sanctification. Rien n'échappoit à leur fidélité , rien ne les arrétoit , rien ne leur coûtait; il ne leur a manqué que la constance. Or, pourae remettre en de si heureuses dispositions^ point de meilleure pratique à leur prescrire , que de fréquenter le sacrement de pénitence.

Car plus elles en approcheront , plus elles participeront aux grâces renfermées dans ce sacrement : et ce qui allume la ferveur, ne sont-oe pas les saints mouvements de la grâce? Plus elles en approcheront, plus elles se rempliront l'esprit de pieuses considérations^ la volonté de vives affections : et ne sont-ce pas là toujours de nouveaux aliments pour nourrir le feu et pour le perpétuer ? Aussi est-il vrai qu'on ne se retire point communément du sacré tribunal sans en remporter une certaine onction qui s'insinue dans le cœur, et qui ocoupe, pour ainsi dire , toute la capacité de l'ame. On se sent tout recueilli en soimême , tout pénétré d'une joie céleste et intérieure , quelquefois même tout attendri de dévotion : les yeux se baignent de larmes , le cœur éclate en soupirs ; dans l'ard^r où l'on est , on redouble le pas, on avance , on se rend plus régulier que jamais et plus assidu à loua ses exercices. Effets merveilleux, et plus ordinaires à ces fêtes sdennelles où l'Église célèbre les grands mystères de la religion. En est*il un plus touchant que celui de la naissance d*un Dieu feiit homme pour le salut des honunes» et de tous les hommes? Justes et pécheurs, je vous l'annonce. 11 vient, ce. Rédempteur , il est près de nous : ouvronn-1» tous les chemins de notre cœur, afin qu'il daigne y entrer, el y prendre une naissance toute spirituelle ; car c'est ainsi qu'il le prétand* Levons tous les obstacles qui pourroient a'opposer à son passage et le séparer de nous. Comblons toutes les vallées , redressons tous tes sen^ tiers tortuSj aplanissons tout ce qu'il y a deraboteux {iMCf 5). Dëgap geons-nous de fou» les liens et de toute la oorruplion du péché* N'en

SUR LA NATIVITÉ DE IKglJS-GimiST. âl7

looffroBs |>a8 h moindre Bontthire , ec que ee soit là le frnU «Poiie digne confessioD. De œtte manière, noos pourrons remdtre nonsmêmes aTec Jésn»-Christ et en Jësus^Cbrist » ponr vitre étemelle» nient en lai et atec loi.

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