JÉSUS-CHRIST ADORÉ DAMS L'EUCHARISTIE
et plus nous sommes proches de lui, c*est alors que nous devons devant lui nous comporter avec plus de révérence, et. redoubler nos adorations. Ainsi , pour user de cette comparaison ^ le prince , dans toute l'étendue de ses états , est également respectable à tous ses sujets ; mais s'ils pnt à paroitre devant ses yeux, s'il^ sont admis auprès de sa personne, quel tremblement tout-à-coup les saisit, et quels témoignages ne lui donnent-ils pas d'un nouveau respect et d'une profonde vénération! Ainsi, pour me servir d'un exemple plus convenable encore et plus propre, Moïse étoit sans œsse occupé de la pensée du Dieu de ses pères, et en tous lieux il l'adoroit : mais quand le Seigneur lui apparut, quand une voix, sortie du buisson ardent, lui fit entendre ces paroles , Je wu le Dieu £ Abraham , le Dieu d'hoac^ le Dieu de Jacob, en ce moment quelle fut sa surprise! Dans une sainte frayeur, tout éperdu et comme hors de lui-même, il se couvtit le visage, il se jeta contre terre, il y demeura dans le silence, n'osant pas lever la tête ni porter ses r^anls vers cette flamme où il connut que le Dieu d'Israël étoit présent. Or Jésus-Christ ne nous est pas moins présent , et nous est même plus présent sur nos autels et daus son sacrement. Moïse eut défense d'approcher du buisson, au lieuquenous allons jusques au pied de l'autel oii le Seigneur repose. Jésus-Christ est auprès de nous , et nous sommes auprès de ^ésus-Christ; nous prenons place à ^ table , nous recevons à certains jours et aux fêtes solennelles sa bénédiction : d'oii, parla conséquence la plus naturelle, il s'ensuit que c'est donc là qu'il attend avec plus de sujet nos hommages et notre culte.
Culte, dit saint Chrysostome , que lui rendent des légions d'anges assemblés dans son sanctuaire , pour lui former une cour digne de Ini ; culte que l'Église a toujours cru devoir lui rendre , et qu'elle lui a toujours rendu, comme toujours elle le lui rendra, quoi qu'en puissent dire nos hérétiques. Ils ont bien vu que ce culte d'adoration, s'ils en convenoient , devoil être contre eux une preuve évidente de la présence réelle du corps de Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie. Voilà pourquoi ils ont tant contesté sur ce culte , et pourquoi ils refusent de le reconnoître. Également incrédules et sur le droit et sur le fait, ils n'ont voulu souscrire ni à l'un ni à l'autre: c'est-à-dire qu'ils n'ont point voulu croire , ni qu'on doive adorer le sacrement que nous adorons , ni que dans toute l'antiquité , depuis l'établissement de l'Église , on l'ait adoré. Mais que , sans se prévenir ni s'obstiner contre des £aits sensibles et palpables ; ils suivent de siècle en siècle la plus ancienne et la plus constante tradition ; qu'ils écoutent les conciles , qu'ils interrogeât les Pères, qu'ils consultent les liturgies, ils pourront aisément se détromper et se convaincre. Et n'est-ce pas en vue de ce cidte divin que l'Église a institué de si augustes cérémonies , qu'elle Tédte tant de prières , qu'elle ordonne des prêtres , qu'elle leur confère l'onction , qu'elle consacre les temples , les autels , les vases» les
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vét^iriept^y tout ce qui a rapport à 1^ célébration des saints mystères? Ôuo^î doqc 9 dit saint Chrysostome , tout cela » n'est-ce qu'un jçu ^ n^est-ce qu*un appareil de théâtre ?
Mais révenons , et concluons qu'à l'égard du sacrement de Jésus- Christ , un double précepte nous oblige à l'adorer: l'un, selon le terme de l'école , précepte négatif , etUutrè, suivant le même langage y précepte positif : l*un qui consiste à ne rien faire contre Thonneiir et le culte dû à ce sacrement , l'autre , qui exige de nous envers ce sacrement tous les devoirs d'une adoration , non seulement extérieure çt apparente » mais véritable et intérieure. Car» sans le cœur, tçut 1$ reste n'est de nul prix au jugement de Dieu. Le Seigneur doit être adoré en esprit et en vérité (Joan.» it), et ce sont de tels adorateurs qu'il cherche , parceque ce sont îà ceux qui l'honorent. Est-ce ainsi que nous Tadoroqs? Nous paroissons devant lui/piais pensons-nous à lui? Lors même que nous sommes ^ ses pieds , et qu'«au-dehors nous lui donnons quelques marques de respect et de religion , où est notre esprit ? où se porte-til et oi)i s'arré(e-t-il? Cependant il nous volt , ce Dieu scrutateur des cœurs ; mais de auel œil voit-il les vaines idées qui nous amusent, et les frivoles imagmation^ qui nous dissipent?
' â. Ifumiliatiun volontaire où Jésus-Christ se réduit pour nous dans le sacrement de l'autel : second motif qui doit nous exciter plus fortement et spécialement à \\ adorer. Saint Paul, parlant des anéantissements du Fils de Dieu dans l'incarnation , dit: // $e$t anéanti^ frènant la forme d^ esclave (Philip,, 3). De là qu'est-il arrivé? c'est, poursuit le saint apôtre , que Dieu ta élevée et Uû a donné un nom audessus de tout nom (lbid.)« Pourquoi cela? Afin^ conclut le même Dpcteur des nations, qu*au nom de Jésus, tout ce qu'il y a dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, fléchisse le genou^ et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans ta gbire de IHeu le Père (tbid.). Paroles remarquables, paroles qui conviennentadmirablement au point que je traite. Â considérer Jésus-Clirist humilié' dans le saint ipystère , al)2\issé, comme anéanti , le libertin se révolte , et , selon la prudence de la chair qui l'aveugle , ce sacrement , tout grand qu'il est, lui semble méprisable. Mais , sagesse humaine , que tes lumières sont trompeuses , et que tes raisonnements sont faux ! Parcequ'il e^t descendu ' de sa gloire , cç Verbe de Dieu , et qu'il s'est d'abord anéanti en se faisant homme , c'est pour cela que Dieu Ta exalté » pour cela qu'il a voulu que tout pliât sous son nom , et qu'on Tadorât dans toute l'étendue de l'univers. Et parcequ'il s'anéantit tout de nouveau dans le sacrement de son corps qu'il nous a laissé , et dont il loi a plu de nous gratifier, c'est pour cela même que l'ame fldèle , piquée d'une sainte émulation, sent tou^ son zèle s'allumer, et qu'elle tàche^ allant quli luT est pos<tible, de compenser par ses plus humbles ado^ rations les agissements de son Sauveur.
^ID^aAitant pliis\iveme^t touchée et pliis animée dç zèle, qpe ce sont
des àbtisseineQtt yolpiiUîres , et où de lui-m^tne il «e réàmi pour nous. D«vid disoit : Z^<uii h Seigneur g^i m'a chqui, et qui m*a éta." M che(fk iW9, jieupU^yt n(hwnïlkr(Ufje me fefw petite efjnius petit çu^ je ne foi encore été; je me mépri$eri^i moi-même , et ce sera là toute mq ghirei (2. Reg. , Ç). Le smX roi p^rloii de la sorte à la VUQ d« l'arche , et telle , à plus forte raisoa , doit être ia disROSjtipQ d'une a^pie t^pip des hamiliattoDS d'«n ]>i$u pour elle. Vpjis vous abaisses jtisqq^ i moi 9 Seigoeur, et pour ipoi ; et moi , que ne puis-je» devàut vqi^s ç^ pqur Yous, m'abloier jusques aii centre, de (a t^re \ que ne puis-jf appeler touie» les nations çn votre pcf^nce» e^vou^ offrir ^vec n^e^ boiQV^^eÇ) ceux d<| inonde entier l Ç^r de |oi|t ce qui d^pefid de n^pi , qaedoiis-je ogne.ure ppur relevfT et pour vous rpndre une glqir^ dont vous u'obscurci&s^ l'éclat qu'agq de vous dçoominoder à ma foii>le$sfU et de me faciliter Taccè^ auprès de vous?
C'est deusee m^me sentiment que tantd^o^es pieuses et dévoues, par l'inspiratiop de l'esprit de Dieu • et du con^eptemeat des pasteurfl de l'ÉgUsç , se sont associées pour l'adoration perpétuelle du \r^^ saîut-s^crement. £|!es ont mesura sur les humiliations d® Jésqs-Chri^l leurs adorations. Gomme donc et le jpur et \^ nuit il demeure |gujcurs dans |e môme anéantissement, elles ii'oqt ps youlu (^h il y eùX vu moment, et de la puit et du jour» ou on d^ lui fit ttommagey et pji l'PQ ne lui rciPdlt une partie (\e l'honneur qu'elles §ayeut lyi apperter nie. Pfi tout cfici jugez, feuimes moqdçtineSt avec qMelle siffr^u^ i|idÔcmKX[ vpus Y^e«dau) nos (expies, npp pas hqçofer «q Ûieq {j|itwMt nw VQQS doQQçr'ep spectacle, m^js attire^ s^^ vpus }ç§ fiei g^irqs , et vpus fiiire vpir pftr^^es comfpe des Ùolf^s ; giajf » ;i jf! tqs§ fiire , YPtis faire eQçenser yous-pi^mes et adorer.
fecoMu POINT. L'4tat de Msus*Chri&t dans le s^preineut de l'^qtel est encore , par un heureux retour, celui qui donne à nos adprq[(jops plus de ipérîie* Car« ep adpraQt Ji^j^us-Gtirist dans l'Eupbsiriistie, i . i\pns
adorons œ quep^qus pe vp.ypns pi^i % nous adprpus mén^p contrfi pf que noMs yoyops.
i . 9ÏQUÇ adproqs cp que nous ne voyons pas. Que les. ^ngp ^t toutç^ les ^me^ qip jouissent de U béatitude dans le c\el adorent Ip Seigpei^f J^U^ ; <IUO , suiyaqt la vision qu'en ept s^in( J^an , et qu'il rapppi:(^ au ch^ître ppiqqième de spu Apocalypse, ils disent et redise nt iqce$f S9m(peQt à liaiite yoix : Uest digne, cetAgnec^a qui a étjimmoléf dexçr 6«?Sk tepuiwawcc, ia(fja;imli, k sagesse, ^ force, l'honnir, ^, 'glo\rç ^ Ifi f^im^^M, Ypitî d^ quoi je ne çpis pqint surorjjç. Ils le yqteiit 4»«S les spleftdçuï^ dçs S^ipte, 0 rev^tif d'un éclsn rIi^s gr^p^l çpccirp qB'd nç wrm ^m ?RÔires §flrle Tlî^bçr. Quç çpêçQie Içs ip^g^, H^ égard ^ la p^qyfetp dft l'ét^fele. pq \\ çtqi^ né , et de Ip crècjie qij^ Im 9^rm dfi feeispaïi , s; ^jifipt pip^er»^ ^ m% VW^O^^rS"!» mt(w Vf^\: PSKfitt teRIÇ l«-^p , ç)tq«e , fifips ^ pj^njg PîXftterieu;^ (^u fls
e04 JÉSUS-CHRIST ADORÉ DANS L'£UCEIARIST1Ë.
lai offrirent , ils l'aient reconnu pour leur roi el adoré comme leur Dieu , cela non plus ne m'étonne point. Du moins Toyoïent-ils son humanité sainte , et pouvoient-ils dans ses yeux , dans tous les traits de son tisage , ainsi que l'observe saint Jérôme , découvrir quelque chose de divin et au-dessus de l'homme. Mais comme le Sauveur du monde a dit : Bienheureux ceux qui n'ont potitf vu et qui ont cm (JoAN., 20], je dis de même, et conformément à cet oracle : Bienhen* reux ceux qui ne voient point, mais qui néanmoins se soumettent, et qui adorent avec la même humilité et la même affection de cœur que s'ils voyoient. Pourquoi bienheureux? parceque dans leurs adorations ils ont le mérite de la foi la plus pure et de la religion la plus parfaite.
Or voilà ce que nous faisons à l'égard de l'Eucharistie : nous adorons sans voir et sans demander à voir. Je ne dis pas que nous adorons sans connoltre : c'est un des reproches que le Fils de Dieu £t à la Samaritaine : Vous adorez ce que voué ne eonnoistez pas (Joan ., 4); mais nous , ce que nous adorons , nous le conûoissons. £t en effiet , ce que nous adorons , nous savons que c'est Jésus-Christ; non point Jésus-Christ passible et mortel comme autrefois , mais Jésus-Christ ressuscité et vivant , mais Jésus-Christ impassible et immortel : nous le savons , nous le connoissons , et nous n'allons pas plus loin. Tout le reste n'est que ténèbres pour nous , et nous n'entreprenons point de les éclaircir. Au milieu de ces ténèbres , tout épaisses qu'elles sont , nous agissons , nous nous assemblons auprès du Seigneur, nous répandons à ses pieds nos âmes encore plus que nos corps, nous nous tenons dans un silence respectueux , la tête penchée , les mains jointes, et en posture de suppliants. Pour cela , quel empire faut-il prendre sur sa propre raison ! et pour la captiver de la sorte et la fixer, quelles victoires n'y a-t*il pas à remporter sur soi-même ! Est-ce sans fruit , et de tels sacrifices ne sont-ils dans l'estime de Dieu de nulle valeur? '
2. Nous adorons même contré ce que nous voyons : car que voyonsnous? toutes les apparences du pain et toutes les apparences du vin : rien de plus. Sont-ce de fausses apparences ? Il est vrai que nous pouvons être quelquefois trompés par de vaines illusions, qui présentent à nos yeux certaines images et certains dehors où il n'y a rien de réel; mais ici ce sont de vrais accidents que nous voyons , ce sont réelle ment les espèces du pain et les espèces du vin ; dies sont telles qu'elles ont toujours été , et il ne s'y est fait aucun changement. De là que nous dictent nos sens ? que c'est donc du pain , que c'est du vin , et point autre chose. Or là-dessus , éclairés d'une lumière divine, nous les démentons tous et nous les contredisons. Qu'ils parlent , nous ne les écoutons point; qu'ils se récrient, nous les forçons de se taire. Selon leur rapport , ce qu'ils aperçoivent n'est que du pain et n'est que du vin; et, selon la vive etînfaillible persuasion oil nous sommes, C6 9'c8t ni du pain ni dii vin^ puis le Dieu que le cid Miore et que
JÉSUS«HRIST PRÉSENtÊ A DIEU» »c. 608
nous devons adorer. Il est dit d'Abrabam qa*t/ etpéra contre tespé^ risneemhne,{Rom.^ 4)» c'est-à-dire qu'il espéra lors même que, sainatut Tordre naturel , il perdoit, ee semble , tout sujet d'espérer ; et voilà comment nous adorons , lors même que ce qui frappe nos sens ne nous représente nul objet digne de notre culte : que dis-je I lors même que ce qui nous frappe la vue ne nous représente que des objets à qui f par eux-mêmes » aucun culte ne peut être dû. L'espà^nce d'Abraham lui fut imputée à justice; et n'est-ce pas ainsi que vous daignez» Seigneur, recevoir notre encens en odeur de tuavité (Exod.^ 29)? Si vous ne vous découvrez pas sensiblement à nos yeux, c'est de votre part un trait de miséricorde. Moins nous vous voyons » plus nos adorations vous deviennent agréables et nous deviennent méritoires. Rien n'en interrompra le cours ; mais ce sera en cette vie notre plus commnn exerdoe , jusqu'à ce que nous puissions parvenir à cette autre vie oh nous vous verrons fece à £ice , et nous jouirons de votre gloire pendant tous les siècles des siècles.
TBOisiin uxtu '-- Jésof^hriit préwnlé à Dieu dam rEochailitié.
SERMON
sua lE 8ACRIFIGB DE LA KBSSE.
Il a été ollert , pirceqiie liii-iii£me fa tooIu. IsAb , chap* un.
C'est ainsi que parloit le prophète, dans une vue anticipée dé Jé- Jésus-Christ offert à son Père comme la victime du salut des hommes. Ce Sauveur du monde , selon que le témoigne l'apôtre saint Paul , se présenta d'abord lui*même en entrant dans le monde. Quelques jours après sa naissance, il fut encore présenté par Marie sa mère, qui le porta au temple , le mit dans les mains de Siméon , et fit hommage à Dieu de cet Enfimt-Dieu, lequel devoit un jour, par sa mort , réparer la gloire de Dieu, il arriva , ce jour; cette mort , la plus ignominieuse et la plus cruelle, fut concertée par les intrigues et la haine des Juifs ; cette hostie pure et sans tache reçut le dernier coup s^ la croix, et fut immolée àThonneur de la divine majesté. Tout cela, parcequ'il avoit été résolu de la sorte dans le conseil de la sagesse étemelle, et que le Fils du Très-Haut y avoit volontairement et librement consenti. Mais ce n'étoit point assez pour ce Dieu médiateur. Tout ressuscité et tout vivant qu'il est, il ne cesse point d'être victime ,^t c'est en cette qualité de victime qu'il veut être offert, ou qu'il s'offre lui-même par les mains de ses ministres, dans le sacrifice de nos autels. Sacrifice le plus excellent et au-dessus de tou^ les sacrifices, puisqu'il est d*un prix infini; sacrifice unique, et où se rapportoient tous les sacrifices de l'ancienne loi , comme les figures, à la vérité qu'elles représentent; sacrifice tout à la fois eucharistique, propitiatoire , impétratoire. En trois mots , qui comprennent tout le fond de
(Hft JteUS-tCrtt^IdT PhÉSÈWtÉ A toîfiW, Êtfc
ce dîMitIra , sacrifice db lonànge , skcrificfe dé prîc^tftilidfl » ikcrliA d'impëtratioii. Sacrifice de louange pour honorer Diet); pfètiàet p5MtS ^crifice de piDpîiiatHMi poui' effiicer les ptxAiH et aptiHer h eolèreiè Dfeu , second point ; «acrific^ d'intpëtratiofi pour obtenir lea grâces de Dieii, troisième point. De tout ceei notts érpprendrons dans quel ei^ prit nons y devons assister, qoelle attention notts y devons âj^poiP^ ter, quels avantages enfin et quels fruits nons isà pbwaAkê et nons ei devons retirer.
PftBiiifen tK^frr. Sacrifiée de biiekYige fltjSf^ IstfAtftét Wéù. Ntms offrons It Dlbu le sacrifice de nos Sbteh ; 4 . pbni* i'^ho^rer «t le ((torilleteoifime sodVeràin Seigtieni* ; S; ponr Thotiorei* ^t le t^emerdél* MUittîfe bienfaitènr.
I. Poor bottbrer Ken timme Sônvet^ih SèigiiMlK e*eit M MMb Vtie qoe Marte i dans te temple de Jërnsslëm; èeloft qtle^ l'ai dëfft remarqué , après s'être purifiée , prësehta Jésns-Ghrist. Elle àVÊiitià à la loi, laquelle ordonnoit que tout premif^r-né sei;oijÇ, présenté à Dieu : pourquoi? afid de rélever le suprême domaine deDieu, afin de reconnottre solennellement qqe tont vient de Dieu , par conséquent que tout est à lui , et que la gloire de tout lui doit être rendue. Or voilà ce que nous !ïki§ôns en sacrifiaht le corps et le sang du Sauveur ; car c'est un vrai sacrifice qui s'accomplh dans nos teoples : l'autel, le prêtre, la victime, l'dbhtioh, ISI C()n§6lfihiâtfo6 , rtfih n'y manque* Voilai dis-je, ce que nous faisons, ou plutôt ce que fidt le prêtre plus inimédiatement et plus parbitement eu notre nom. Il offire» et quoi? c'est Jésus-Christ même; il offre» et à qui? au Dieu tout poissant et immortel ; Il offre, et pourquoi ? pour rendre à la souveraine majesté un honneur sou vemin : car de tous les bonoeurs , le plus grand esi càm du sacrifice » et par cette raison mém^ il ne peut être dû qu'à Dieu;
Il y a plus : mais parceque le sacrifice ne cpnsiste pas seulement dans l'oblation, et qu'il- consiste encore dans la consommation Où la victune est détruite , le même ministre , après avoir présenté l'hostie et' f avoir consacrée » la consomme ; ui bien , oserai«je le dire? que^ selon son iffe ^çramenld, Jésns^Christ meurt à ce moment, et est détruit lui-même. Pourquoi détruit de la sorte? Ah I mes Frères, poor faire , bien moins par les paroles que par la pratique , cette grande protestation à son Père : Dieu du ciel et de la terre ^ Seigneur, vous êtes l'être des êtres , et devant vous tout autre être diaparOlt et n'est rien. Protestation toujours glorieuse à Dieu , de quelque paft qu'elle vienne : qu'est-ce donc qnand elle est fieiite aux dépens d'un Dieu et par un Dieu? De là quelle leçon pour nous I quelle règle pour ter dignement au sacrifice de l'autel! On nous trace là-dessus de méthodes : elles sont bonnes , et je n'ai garde de les eondamnerv pourvu qu'elles soient conformes aux intentions de l'Église. Mais de toutes les méthodes , void sans contredit une des plus solides : d'as-
JÊSUS-CHRist PhÉsfeNtÉ A DIEU, etc. 00^
rister au sacrifice en esprit de sacrifice, dé fidtis ^ entretenir des pluft hautes idées de la grandeur dé Dieu et des pluÀ bas sentiillfents dfe notre foiblésse ; de nous unir au prêtre qui sacrifie , d'offtir avec Itli la même victime , de dotis offrir nous-mêmes avec Sësus-Ghrist : tôtft ^la dans un vrai dissir db glorifie)- ce premier être , doAt nous déjpéndons essentielletaiekit ; et qui seul est la fin dé toutes choses, cbmtne 11 fen est le principe.
i. Pour hondt-er et t-émerciëi* Dieu comnië bienfaiteur. L'itifidft bbnté de Dieu se répondant Sur kious par tâht de bieufaits j 11 étdc Jbste qu'il j eût dans la religion nii sâcriflbe délierions de grÉcès. Ot tel est le sacrifice de uos autels. Le prêtre ndtis lë fltlt bien entendre» lorsqu'au ikiilieu des saitits inysiftrei^ , avant que de consacrer lé cdrdk et le sang de Jésbs-Cbrist , il nous averdt expressëmefat de t-eudre grâces an Seigueur notre Dieu. Car il est , 6 Mû Dieu, cottthiu&-trit^ ^^ de la droite justice et de rëquitë la mieux fondée, que partout et'^mjir^. tout temps on vous remercie, oU tous Idne, dn vous bédisse éfa me^ mdir^ de tds ddiis. Sacrifice qui , dans sa Valeur, égale aU moink et iiiSme sUrpaste con^munëment tout ce que nous avons i-ieçu du pu recevoir de la llbéralîté diviUe; Celui tjui vlA pas épàr^ Mon tVk , tAaïk qui l*a ttvré jioûr ftoUÈ , Hé no\à a-M pOs Wut domi Avét bA Ufy^,, 8)t C'étoit le raisonnemeut de l'ApOtre, et, ^uhaut cetië fègle, j^édikh / Nous sodlmes ^edevUbIes à Dieu de tout , puisque nous teUdits tout dé lui , H est vrai; mais de tni préseuter son Fils , u*est-cë p9$ lui reudré tout? et que peut-il âU-delà demandé)* dé iloU'ë fëcdnudl^saucé?
Pensée capable d'occopel* utilemeiit et saiutëmeUt une aine dàùi toute Ui fculte du sicHBce dû elle è^t prëseuté. Elle repasse dans soii «mVênir les MéUfaits de Dieu t elle hè lés pëët Cbnlpter, parccfqu'ib sont sans hdtubre ; maii elfe en est cotUtne tbUte remplie au-dedaus d'ette^mAne, et comme tout investie au-dehdré. Insolvable de sou foùds, eUë Sent sa pauvreté et sa misère; elle la reconnblt et s>tt humilié. Que ftrai-je donc, ditreile avec lé Roi-propbètè : Qut dbmi^oije Au ^jfttëuf pour tout te ^'« m'a donné (PloMi. 115)? Mais là*désèns elle Ue démeure pas long-temps inceftaiue; elle a aëvant elle ime ressource protUpte et là plus abondautè : c'est la piifcieute ticlime immolée sur Tautel. Elle prend le calice dti salut, selon l'e^presaiou dn même ptophète, et, pleine de cotiflance eu lë présentant, elle se croit adprès de Dieu quitte de tout dn cdté de là hecofattoissàAée. Bé quels sentiments , au t^ste , accbmpagne-t-ëlle cette df* f^Audie, de quelle gratitude et de quel 2èle poul* la gloire d*uu Dièn û libéral envers eUe et si bon?
Sbcond pouit. Sacrifice de propitialioh poui* effoéer lés pêdiés et apaiser la odère deJNëu. Il l'apaise, soit à l'égard des vivants, soit même à l'égard des morts.
1 * Sacrifice de propitiatiou pour les vivâuis. Nous hé ddutbuà ftoMt
608 JÉSUS-CHRIST PRÉSENTÉ A DIEU, ne.
que le sacrifice de la croix n'ait été un sacrifice de propitiation , ch le Sauveur des hommes a versé son sang, et est mort pour efboer ks péchés du monde , et pour apaiser son Père » justement irrité contre nous. Or le sacrifice de l'autel est le même que celui de la croix : c'est la même hostie » le même corps et le même sang de l'Homme- Bieu y et , par une suite nécessaire , c'est la même efficace et la même vertu ; avec cette différence néanmoins, qae le sacrifice de la croix fut un sacrifice sanglant» au lieu que celui-ci est non sanglant. Ainsi le décide en termes formels le saint concile de Trente , nous donnant à connoltre et nous enseignant que Jésus*Chriat n'a pas voulu que aon sacrifice se terminât à la croix , mais qu'étant prêtre dans toute l'éternité , et prêtre selon l'ordre de Melchisedech , il s'est proposé deux choses : l'une, que le même sacrifice se perpétueroit dans l'Église jusqu'à la consommation des siècles, et Fautre, qu'il s'aocompUroit sons **^ \les espèces du pain et du vin , comme c'étoit du pain et du vin que \ • Melchisedech a voit offert au Seigneur.
Doctrine appuyée sur cette parole, du Fils de Bien que rapporte saint Paul dans sa première Épître aux Corinthiens : Toiaes ies fois que vot^s mangerez de ce pain et que vom boirez de ce calice ^ voue an* noneerçz la mort du Sàgneur (1 . Cor.^ 4 i). Qu'est-ce à dire, vous annoncerez ? Ce n'est pas seulement à dire. Vous rappellerez la mémoire de cette mort ; mais. Vous la renouvellerez , et le mérite vous en sera appliqué. C'est donc dans le sacrifice de l'autel , comme sur hi croix, que Jésus-Christ est une victime de propitiation pour nés péchés ; et * cela posé, il seroit bien étrange qu'on éloignât les pécheurs d'un sacrifice institué pour eux et pour leur réconciliation. Soyons-y tons assidus; mais vous surtout, venez-y, pécheurs, et ne craignez poàtt. De partidper à ce sacrifice par la communion dans un état de péché, * c'est ce qae l'Église vous défend sous les plus grièves peines ; mais d*y prendre part en y assistant, en le présentant» c'est dans votre péché même l'avantage inestimable qui vous reste , et qu'il vous im* porte infiniment de ne pas perdre. Venez, dis-je, à cette piscine où le ministre du Seigneur, pour votre guérison, donne le mouvement, non point à une eau salutaire, mais à un sang tout divin. Venez-y dans la même disposition que le publicain allant au temi^e et y priant. C'étoit un pécheur ; mais , dans la vue de toutes ses iniquités, il s'humilioit , il se confondoit , il se tenoit les yeux baissés » il se frappoit la poitrine ; il disoit à Dieu : Seigneur, soyez-moi propice, à moi qui suis un pécheur. Voilà votre modèle. Il s'en retourna justifié ; et qui sait si vous-mêmes vous ne serez pas comme lui touchés d'une grâce tonte nouvelle, et si, par la force de votre contrition, d'ennemis que vous étiez, vous ne vous retirerez pas amis de Dieu ?
â. Sacrifice de propitiation même pour Içs morts. La preuve aor ce point la plus convaincante , c'est la pratique Tlé l'Église. Dans tons les temps die a toujours offert le sacrifice pour les morts , et de
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siëde en siècle nous produisons là-dessus les témoignages les plus sensibles et les plus irréprochables. À remonter même jusques au temps de l'ancienne loi , nous avons l'exemple du fameux Judas Madiabée, et des sacrifices qu'il ordonna pour ceux du peuple qui, dans un sanglant combat, avoient été tués. L'Église n'est pas moins attentive encore que la Synagogue aux besoins de ses enflants jusques après leur mort ; et le sacrifice qu'elle offre pour eux est bien d'un antre prix que toutes les yiciimes qu'on immoloit dans le temple de Jérusalem^ Elle le sait , et elle sait de pins qu'elle a des voies sûres ponr leur hire part du riche trésor dont elle est dépositaire. C'est donc pour cela qu'autant de fois que ses ministres célèbrent les saints mystères, elle veut qu'ils fassent nue mention particulière des morts, disant à Dieu : Souvenez-vims, Seigneur, de ceux et de eelUf qm n(m$ ont pré'' eédéi au tombeau y et qui reposent dan$ le sommeil de la paix (Cau. Miss.). Voilà à quoi je reconnois une mère charitable. Et que n'entrez-vous dans ces sentiments de compassion et de charité, voua que l'hérésie endurcit sur l'état de tant d'ames que vous pourriez nider, et à qui vous refusez votre secours ! Que la miséricorde ne vous rendelle plus dociles, et ne vous fait-elle prêter plus aisément l'oreille à une vérité que tant de voix vous annoncent , et où vos frères se trouvent si intéressés ! Ne seroit-ce pas assez du seul doute pour vous déterminer en leur faveur? et par quelle aveugle prévention aimezvous mieux leur manquer, que de déposer vos erreurs?
Mais que di»je ? et d'ailleurs, tout fidèles que vous êtes dans It créance, n'est-ce pas à vous-mêmes, mes chers Auditeurs » que |e puis adresser le même reproche? Catholiques dans la foi et par la foi, l'êfes-vous également dans les œuvres et par les œuvres? et, sans m'é*carter de mon sujet, vous savez quel est l'efficace du sacrifice de nos autels pour le soulagement des morts et pour leur délivrance; vous en êtes instruits : mais en avez-vous plus de zèle à les secourir? Quel usage faites-vous d'un moyen qui vous est si facile et si présent? L'injustice de votre part va encore plus loin : et combien de fois arrive-til que ce qu'eux-mêmes, dans leurs dernières volontés, ils ont prescrit sur cela par une sage prévoyance et pour le repos de leurs âmes, demeure sans exécution? Pourquoi? par un oubli criminel, par une négligence affectée, par une monstrueuse insensibilité. Hélas! des pères, des mères, des parents ordonnent; des eofauts, des héritiers s'engagent et leur promettent; mais dès que la mort les a enlevés et qu'on ne les voit plus , ordres , engagements , promesses , tout s'évanouit.
Troisième point. Sacrifice d'impétration pour obtenir les grâces de Dieu. Deux sortes de grâces que nous obtenons par ce sacrifice : 1 . grâces spirituelles ; 2. grâces même temporelles.
1. Grâces spirituelles. Tout ce que l'Église demande à Dieu , c'est
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par les mérites de Jésus-Christ qu'elle le demande et qu^elIeTobtieiit. <76$t pourquoi elle finit ainsi toutes ses prières : Parnçtre Seigneur JésM'Chnst votre Fils, qui vit et règne avec vont dans les siècles des siècles. Or eb peut-elle mieux, où peat-die plus efficacement eiQployer les mérilies et la médiation de Jésus<}hrist^ que dans lé sacrifice de Tautel, où Jésns-Chrisr en personne est la victime , et où' elle offre le eorps et le vrai sang de ce puissant médiateur? Datfs les jours de sa vie mortelle ^ dit saint Paul, il fut exaucé pour la révérence qià Im était ttae {Hebr^S). Efsi-îi moins digne dans 'son sacrement de qp même égard pour sa divinité? et qsan'd » en qualité ^e saci'illcateur ^ 4e sacrifiée tout ensemble « if s'intéresse pour nous et qif il prie , estil rien que nons i^ayons droit de nous promettre , ^t rien qui nous puisse être refusé, surtout si les grâces que pous demandons par so^p tttremise sont plus selon les tues et f esprit de Dieu? Car tt y en a de différentes espèces ; et celles qui regardent Tame , son avancement son âatut , appelées pour cela grâces spirituelles, sont incomparable^ Bîlent au-dessus des autres.
^ Aussi <est^<e particulièrement pour ces sortes de grâces cpe fÉglise présente |e sacrifice. Elle ne Poffire jamais, qu'elle ne demande pour je troupeau' fidèle, et spécialement pour tous ceux qui assistent à cet acte de religion , ou'ifs soient admis au nombre dpà éluset préserva de la damnation eternefle; qu'ils entrent un jour dans la société Aefi Saints , et que Dieu , dès ce monde, les comble de toutes les bénédic^ tions célestes; que, par une conduite toujours innpcentjje et pure, ils évitent tout ce qui jpoorrott les séparer idfe lui, et qu'une fidélité inviola trie Vasques au dernier soupir de la vie, les attache sans retidie â ses commandements. Mais parceque ces demandes sont générales \ et que, si&ivant les diverses occurrences , nous avons plus de besoin ^ tantôt tfùne grâce et tantôt de l'autre , l'Église' encore , dans le cours du sacrifice, a autant de prières propres pour demander , tantôt une toi vive, laùtôt un ardent amour de Dieu , tantôt la charité envers te prochain, ourhumilitédans les sentiments, ou la patience dans les peines, ou la force contre les tentations; quelquefois f extirpation de^ vices et des habitudes criminelles, d'autres fois Pextinction des schismes et des hérésies : chaque chose en détail , selon qu'elle lest plu? nécessaire dans les conjonctures présentes. Quelle matière à nos réflexions, dans ces moments précieux où un Dieu sTimmolepour liousl quefie occasion favorable pour lui exposer chacun les misçres et les besoins de notre ame! Nous les éprouvons tous les jours, ùousnous en plaignons amèrement : nous nous plaignons, dîs-je, du penchant de notre cœur qui nous entraîne, de la tyrannie de nos passions qui nous domment, (}e^ilIu^ious du n^onde qi^i noi^ epchament» de |io$ sécheresses^ ,^e notre indifférence pour Dieu et pour tout pe qui regarde son service , de l'instabilité de nos résolutions , du peu de progrès que çpus faisons. C'est un bien de ressentir dos maux ; et ce
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seroit le dernier malheur de ne les pas connoftre et de n'en élre pas l6ijchës. Mais si noas les ressentons et si nous les déplorons sincèrement, que toe courons-nous doue au remède? que ne profitons-nous d'un temps oi nous pouvous avec plus de fruit réclamer Tassistance «Btiîié/et ^e é^as^istons-nous i Tautel, tandis qu^on y exerce tou^ Migedertoirk rédempUan (Offlc. £irc/.)? N'est-ce pas là que se dispensent plus libéralement les grâces du salut, et n'est-ce pas h ceux qui les demandent alors avec plus de reôneillëment , plus d'attention^ y^ltis de' ferveur et de zèle, qu'elles sont accordées avec moins de ré* ièrvet • •• •
S. Grâces même temporelles. Elles peuvent être l'objet de nos prières , et Dieu ue uots défend point de les demander. Bans là loi ëe M(fis6, il y avoit des boMies pacifiques, soit pour reconnoltre les bienfaits de Dieu déjà reçus , soit pour en obtenir de nouveaux ; et ces bienfaits n'éloient communément , dans cette loi de servitude , que des avantages bnmalns. David obtint par des sacrifices que son empire fût délivré de la peste qui h ijiésoloit ; Onias obtint de même la santé d*Héliodore, et ainsi de bien d'autres dont il est parlé dans las liiiiU livres. Or, suivant la pensée de saint Chrysostome et dé saint Augustin, le sacrifice de la toi nouvelle contient éminemment et réunit en soi toutes les propriété» ^ 9iaciep|i( «j9cr)^ce9 ; par (oooaé* quentil m'y a poùHàdoyiev que Dieu me Fagràt , iors même qu'il lui est offert pour des biens temporels, dès qu'ils ne sont point contraires auidesselNS de sa providence. Stfiiit Chrysostome explique du sacrifice de Cautei Ces paroles de l'Apôtre à son disciple Tlmothée : Aye^ ioin , je v<nu en cùnjufe , qvLM faite des iupplications, des vœux^ dm demandée pmLr ieitM et jtouf îùutet les persmnes d*un haut rang, afin que nous vivions, eu» et nous^ dans la tranquillité et la paix (i. Timoih,^ â); Quand nous sacrifions à Dieu, et que, sans effusion de sang, nous lui présentons la victime, dit saint Cyrille de Jérusalem, BOUS prions pour la prospérité des «nperaurs, pour lé succès de leurs armes , pour la goérison deê malades , pour la consolation des affligés , pour quelque sujet que ce soit de même nature, où nous voulons attirer sur nous te secours et la protection du ciel.
Ce n'est donc point traiter indignement les sacrés mystères, ni les profaner, que d'employer les mérites de Jésus'-Christ même à obtenir de telles grâces. Et n'est-ce pas ce que fait l'Église, et cequ'elje a fait dans tous les temps? Elle olfre le sacrifice pour les fruits de la terre et la fertilité des campagnes, pourfheureuse issue d'une entreprise et le gain d'un proieès , pour le soutien d'une famille , pour la conservatioD ou le rétablissement de sa santé , et le reste; en quoi nous ne pouvons assez admirer la condescendance toute paternelle et l'immense charité de notre Dieu. Il se prête, s'il m'est permis d'user de ce terme, et il veille à tous nos intérêts. Mais est-ce à lui que nou9 ayons recours? Dans toutes lea afiuires qui nous surviennent, les pa«