‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 174 sur 225 · JËSUS-CHRIST OUTRAGÉ DANS L'EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

JËSUS-CHRIST OUTRAGÉ DANS L'EUCHARISTIE

prodber de telles abomioations? Est-ce à ces désertears de la foi, que l*hërésie a susdtés contre le sacrement de nos autels? est-ce à ces fifidèles prétendus, qui, dans la pratique et par la plus moustrueuse oontradJction, démentant leur foi, déshonorent le sacrement qu'ils font profession d'adorer? C'est aux uns et aux autres : ennemis de l'Église, enfonts de l'Église, hérétiques, catholiques, tous ont outragé le Seigneur dans ses tabernacles. Outrages éclatants et pleins de violence de la part des uns, ennemis dédarés de l'Église : premier point* Outrages, quoique moins violents, plus sensibles encore et plus piquants de la part des autres , indignes enfants de l'Église : secoud point.

Voilà, mes Frères, ce que j'ai à vous mettre devant les yeux. Ce sont des horreurs que je devrois, ce semble, s'il éloit possible, tenir cachées sous le vmle, et dérober à votre connoissance; mais d'ailleurs il ne sera pas inutile de vous en retracer le souvenir : pourquoi? non point précisément pour exciter dans vos cœurs une juste indignation, non point pour déplorer seulement avec vous des profanations qui méritent toutes nos larmes, mais afin que vous compreniez toute la charité d'un Dieu, laquelle ne put être éteinte par la vue anticipée qu'il eut de tant de désordres, en se donnant à nous dans l'institution du sacrement de son corps; mais afin que vous admiriez son invincible patience à souffrir tout cela et à le dissimuler, sans en tirer une vengeance aussi prompte qu*il le pouvoit et que la justice le demandoit ; mais afin que vous preniez la généreuse résolution du Prophète royal, lorsque, voyant le Dieu d'Israël offensé par un peuple rebeUe, il s'é< crioit, dans un saint transport de zèle : Ah! Seigneur, puis-je être témoin des injures que vous recevez, et ne les pas ressentir jusqqes au f(mddeÏ9aùe1 DamCardeur duretêeniimentquimedévore^ elles me danennent comme persormelleê^ et elles retombent sur moi (Psatm. 68). Si je n'ai pu les arrêter, du moins je veux, autant qu'il est en mon pouvoir, les réparer; et c'est le dessein que je forme. Je me promets de votre piété. Chrétiens, que ce sera là pour vous-mêmes le fruit de ce discours.

PiuDOER POINT. Outrages éclatants et pleins de violence de hi part des hérétiques, ennemis déclarés de rËjgflise. Nous prêchons JésuS' Christ (1. Car.^ i), écrivoit saint Paul aux chrétiens de Corinthe : cet oint du Seigneur, ce Christ, est la force même de Dieu et la sagesse de IHeu pour les vrais fidèles qui ont cru et qui croient en lui : mais pour les Juifs c'a été un sujet de scandale , et il a paru aux Gentils une fo^ lie. Paroles que j'applique en particulier au grand mystère du corps et du sang de Jésus-Christ présents sous les espèces du pain et du vin.

Nous prêchons cet ineffable mystère, nous en démontrons l'incon* testable vérité, et les âmes dodles à la foi nous écoutent, se soumettent, reoonuiMssent dans ce sacrement leur Sauveur et leur Dieu : mais

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qu'en ont'pensë des hommes incrëdoles et présomptueux, que fe âé* mon de l'hérosie a infectés de son souffle empoisonné? qu'en ont-ils d't? Le sacrement le plus redoutable, et devant qui les puissances mômes du ciel tremblent ets^umilient, a été pour eux un objet de dérision, c*a été une folie. Comment ^jrtout en ont parlé les Wiclef, les Calvin, les OEcolampade, tant d'autres suppôts de Tenfer et ministres du mensonge? Us ont,, pour m^exprimer avec le Prophète , ils ont ai* guisé leurs langues comme celle du serpent, et de leurs bouches empestées ils ont lancé le pins subtil venin deTaspic. Oserai-je rapporter ici leurs blasphèmes? leurs livres en sont remplis. Car, pour contenter l'aigreur dont ils étoient animés, il ne leur suffisoit pas de pàr« 1er; il (alloit que la plume,, teinte dans le fiel le plus amer, pférât à la lang^ue son ministère; ii falloit que ha main traçât sur le papier tout ce que le cœur avott conçu de plus outrageant et déplus insultant.

De là tant d'ouvrages qu'ils ont répandus par tome la terre, et qu'ils ont laissés à la postérité, pour être des monuments durables et publics contre les hommages que nous rendons a' Jésus-Christ dans son sanctuaire. C^est là, c'est dans ces ouvrages, écrits avec totne fa malignité et tonte l'impiété que leur inspiroit l'esprit dWeur, c'est là, dîs-je, qu'ils se sont spécialement élevés contre le plus salutaire et le plus grand sacrifice, qui est celui die la messe. Ont-ils rien- omis pour le décrier, pour l'avilir, pour l'anéantir et Tabolir? Et quels ter* mes y oDt-ils employés? sous quelles idées Tont-iU représenté? Ne descendons point à un détail d'expressions qui ne peuvent convenir à la dignité de la chaire, et (]ui ne serviroient qu'à blesser les oreilles pieuses et à révolter les esprits.

Cependant l'Église a-t-elle abandonné son divin Époux, traité dé la sorte et livré à de telles insultes? Dépositaire dii plus riche trésor. Ta* t-elle laissé enlever sans se mettre en devoir de lé dëltendre? Bile s'est opposée comme un mur d'airain à des rebelles et à dé^ audacieux que nuilfi considération, nul égaitl ne retenoit. Elle les a firappés de ses anaibèmes; mais, déterminés à tout événement, ils ont également méprisé les anathèmeset rÉglise; elle les a retranchés de* sa communion, elle les a séparés, et ils se sont séparés eux-mêmes. Si bien que, par un renversement le plus injurieux au Fils de Dieu et le plus coQiraire à ses desseins, le sacrement qu'il avoit institué pour être le sacré lien d'une paix, d'une charité, d'une union mutùelfe et perpétuelle entre ses disciples, est devenu l'occasion des plus scandaleuses divisions et des guerres les plus sanglantes^.

Où me conduit mon sujet? à quelles fureurs?" Que d'effrayantes peintures j'aurois avons faire, si le temps vfie le permettoit! Vous verriez familles contre. familles, villes contre villes, provinces <x)ntre provinces, le feu de la sédition allumé de toutes papts, et les royaumes, les empires sur le penchant de h ur mine ; vous verriez les temples pillés, souillés, change en des places d'armes, ou habités pur de vils animaux

, JÉSU&GIltUSfr OUTRAGÉ l^âHS L'EDCHMUSTIE. 6H '

et tair lêÉfiAt Item de retraite; vôos ^reniez des troapes de eaieIKtai ^ aoacper k Smffkmr dans sa mnte naison , et porter eur luileurs mains pamddes. Quand le» soldats emoyës des Juifs vinreM Tiove^r tir dans ie }ardîii et le prcndi^ : Vatu vene% àmoi^ kmr dit4l, emnnu à ^tmmalfkkewr, armés de blàimu et dèpèet (Matth^ iK). AhISeî-i , g^neor, qtti FieAt alors inttgfiié, qne dans le omrs des siècles il y m** rok «acore des tenines à cfoi vous ponrrin faite le néoie repnaohe? Qui reAcp6nsét<}iie,'daMTa(veiiir, il y aurort d'antres tenps^ de mal** . iMÉremlempSy w vos «tabeinaules seromit bridés et ea6mô^» où Mia aartek seroioBi rettrersëa^ où vatreteorps adorable seroit *iré éea vases aatrëscfai le veaferment^et jeté sur le fumier, iMiJië.aii& piedSvUvré aux fiaîMSies? dds teinpsoà le sang de ?os prétm»<6nlMJiiedii Baenee* iDcet 4ont ila dt<MMit les maistres, couleroit devaet ¥os yem^* ou41# seroieDt poimavris » laanneiitëB, imawlés ooaAe^es léeiiaass? Or do les 'a TQS^ ocBiietnps; tome l'Églbe «i a géoii^ teat tepcnpfe fidèle «a ; a dtë dbns'le iraiiUe et ]à confiieiott^ Les partis se soat loraséi, ]m. selûsniesoDtiMiiBpartniîlé; b robe du SaoTear, «fo'épargoèprat lassaldats méoitoen lecroeifitot, cette robe à été décliirée; le tronpeait . s'est dispersé : et quelle espérance y a-t-il de le raieeiifbler soes le Diérae pasteur et à la même table? Que dis- je? le bras du Seigneur . D^eat poiat rabcoum ? cette réanion, qui ue^yat éirefiQBBrre<qisedo Trèa^Hadt, aeasfa Taydns heaneasaaienveoaiiiieBcëe» Les servîlears! ém Pèrede liamitte ramènteat'des troiipcis entières èc en lyaifdigiffai la /saite du feado^ Je noaibre des eoovifâs se aiakipëe i 'k lafcie aler JdsB»^Ginrlst ; H erekde joarenjear., et le ppëaani etfwe lea qaelqae; UMaièrete seweair do passe, ou du ^aaMBS nous «u eaûsoie.'

iQu'éarit4i dodb néceasaipe « me direi-'volis , de le eappelçMr, œ tatoUf*. leBÎr si«dieux;<etponrqaQÎ te retiacer par dhrâ images pkift fWfafclaa. de acàndàiiser qaed'édilîer? Pouraptot? Il h fisrileit pear efievmâp^) fini peat^étre esMoee dkaDoehnle >de taDt«defMN>sél|ttes aaawUanMiib eécxKDooBoUiës à (l'Égiiae. Car la gnaade réffeaien qa^oaci fdèaft Mn taHicsiaf 'C'est de «e deaantieràeastaiémes s'il eaiàrcrdîipeqaeilfMnii pèvea, en se portant 'à des excès dm^t on 'ne ^utneptendiejie.l'éaîa aaus Othiâi' ; fussent aoaduiis par il'esprst'detvérMu L'Évaegiiéide.^ aes^Ihnst est un Évangile de paix.llaoéS'formeiir]ebdtetaa^»et non point aux révoltes; jl nous apprend à souffrir .4a j|iiHt^<eii;iiaai point à la &<awar. lies a^tnes ne réal^peiat préohÀà laitAle4es(armées ; fis ae rent pbint anaooaé Je^r et fe éaa è la maie ; fis pe>r'€fM pomt-dtabli an'^ieiaat laates les.loisde Véqdilé:,:de4acblk*ilé^^:|sU aeeiété» :et'aiéaieidarbofnanîté.iaglaive.deot.âls oatrasétélpitaafc glaive taatspiritiiel : «'ëtéit le ^ive die. ia >diaine paRole^ el^nea'peiBt çe'^iai^mseëiMeteiiterfQinaÉear(|ai:tilem.qoitiav^ - t»

. Tonti^eei^'iBèÉtrès ohedi Slrères.,Boaf^4lériiege acquis à dif^MSr 6bfiBtet:à son ÉgKae ; 'toet^eedi yeiie dis , àeafpaor vmif eoafoodni» àMHs fMair^veai îastiOiMu i:n jraoaaMiaaIat Ikapnit da «pass^pfetsle

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rebélfion dont yos pères se laissèrent transporter» et ne reeonnoiseant point dans ces caractères l'esprit de Dieu , vous condures sans peine qu'ils ne marchoient pas dans les voies du SeifpMur ; que Tesprit de ténèbres les avengloit et les égaroit, qu'il leur avoit fiudnë les yeux» et qu'une ignorance criminelle, puisqa'die ëtoit volontaire, les eoipè» choit de oonnottre le Dieu qu'ils outrageoient et la dignité du sacre* ment qu'ils rejetoient. Vous rendrez au del mille actions de grâces , et mille fois vous le bénirez de vous avoir découvert un mystère qui leur Ait caché, et qui l'est encore à tant d'autres, dont les plus poissants motiCs n'ont pu vaincre jusqnes à présent l'obstinaUon ; vous ne penserez désormais qu'à dédommager l'Église de Jésus*Ghrist de toutes les douleurs que vous lui avek iait ressentir, et Jésu8*Christ lui* mâme de tous les honneurs que vous lui avez trop long-^temps refusés. Enfin , comme le Fib de Dieu disoit que des étrangers viendraient de Forient à Tocddent , et que , par préûrence aux eniants du rayanme, ik seroient assis dans le banquet oâeste avec Abraham, Isaac et Jacob, vous vous efforcerez, entre les vrais adorateurs dehJa très sainte En* charistie, et è la table où elle se distribue, d'être au nombre des plus zélés et des plus fervents. . »-

Second pcunt. Outrages, quoique moins violents, pins sensibles toutefois, et en quelque manière plus piquants, delà part des catholiquest ioNlfgnes enfants de TÉglise. C'est une pbinle bien commune, et que vous avez cent fois entendue, que celle de David , lorsque, ses pra* près amis l'ayant délaissé, et s'étant même tournés contre lui, il s'a* dressoit à l'un d'eux et lui foiscMt ce reprodie : 5t c'âoti mi eimsmt qui m'eût attaqué et qm m'eàt chargé de moiàticltoiu, ia ckote me paréUtoU maint' iurprenanie^ et}* en teroii maint touché :miùt vaut^ nmaneemoi dfiespHtetdeeeeur; vaut, te confident démon «me,etpour qui je n'avois rien de secret ; vout , a»ee qui je vivait, je m'entretenois, je mangeai» { Ptaim. S4), que vous m'ayez oublié et méconnu , que vous m'ayes insulté et déshonoré , voilà ce qui ne m'est pa&suppoitabie, voilà pour nioi le trait le plus vif, et ce qui doit me blesser plus sensibiement. Reproché que les interprètes appliquent à Jésus-Christ , par rapport à ce perfide disciple qui le trahit et le vendit aux Juifs, après avoir fok avec lui la cène.

Or ce reproche, mes chers Auditeurs, ne vous regarde-l*il pas vous* tfiémes , et ne peut-il pas bien vous convenir ? Je purle à vous que PÉglise a formés , qu'elle a élevés , qu'elle n nourris du lait de la pbm saine doctrine; à vous qui ia reconnoissez pour mère, el qui , sm^vés dv naufrage où tant d'autres ont péri, avez heureusement ooaservé le don de la foi; à vous, catholiques de nom, catholiques de profession, qui, par l'engagement le plus étroit et le pAus inviobUe attaiAement , deviez être pour 'Jésos^'Christ ce ifu'étDinnt les apdtnes pour ce divin maître, quand il leur dit en les félicitam : Vout itat demearétemprètda

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MOî> el i;ottff nCa»e% été fidèles dan$ lei épreitves queyaieuà «ofOemr (Luc» 22) ; encore une fois « c'est à tous que je parie. Vous ne pouvez ignorer quelle est la saintieté et la dignité de ces temples que la piété de nos |:^es a construits et consacrés à Dieu. Lieux saints, parceque Dieu y qui d'ailleurs remplit tout l'univers , en a lait spécialement sa maison » et que c'est là' qu'il doit recetoir notre encens et notre culte; mab lieux doublement et plus particulièrement saints , parceque c'iest le sanctuaire destiné à l'adorable Eucharistie , et qu'elle y est tout ensemble, et comme sacrement, et comme sacrifice : comme Mitcrement , oil PHomme-Dieu est présent en personne , et nous donne sa cbair à manger ; oomme sacrifice, où ce même Dieu-Homme est immolé pour nous, ainsi qu'il le fut sur la croix, et devient notre hostie et notre rédemption. '

Quand donc bous entrons dans le temple, où allons-nous? et tant que nous y restons , où sommes-nous? Nous allons nous présenter i Jésus-Christ, nous sommes devant Jésus-€hrist, près de Jésus-Christ, sons les yeux de Jesus-Christ. De son autel il nous voit , il oonncrft tontes nos pehsées, il démêle tous nos sentiments, il entend tontes nos paroles, il est témoin de toutes nos démarches, et il exige de tout cela le juste tribut; c'est-à-dire qu'il exige que toutes nos pensées se por* tent vers lui, que tous nos sentiments n'aient pour objet que lui, que toutes nos paroles ne soient , ou que des demandes , ou que des actions de glaces, ou que des louanges qui s'adressent à lui; que toutes nos démarches, tous nos exercices ne tendent qu'à l'honorer et à nous humilier devant lui. Partout ailleurs il consent que,«san8 rien penser , ni rien désirer , ni rien dire , ni rien faire qui soit contre la raison et la religion, du reste nous nous occupions des choses humâmes, selon qu^l convient i notre état; mais dans le lieu saint, et au pied de l'autel où il a établi son trêne , il est du respect et de l'honneur qu'il attend de nous que nous bannissions de notre esprit toutes les affirirea, tous les soins, toutes les vues <iu siècle , et que rien de profone ii'in^ terrbtope ratteAtion que noiks devons à sou auguste sacrement. Amsi Jacob , après avoir vu seulement en songe le Seigneur, et cette échelle mystérieuse où les auges montoient et descendoient. Que ce Dieu egÈ terrible ! s'écria-t-il tout éperdu et sais» de crainte ; e'e$t la porte du àet , c'est ta defmewre de Dieu (Gene$.; 2S). Ce n'est ni en song(e , ni en figure , que nous voyons le sacrement de Jéso»-Christ : rien de plus réel que sa pr^ence, et de là jugeons à quoi elle nous engage, et ce qu'die doit nous inspirer.

Toilà , mes Frères, ce que nous savons assez dam une stérile et sèche spéculation; mais comment y répond la pratique? Le dirai^jCf et iiaiut-il que Je révèle ce qui fait l'opprobre bien plus des fidèles on pfMtendus fidèles, que du sacré mystère qu'ils outragent? Mais en vain ^^OQdfols-je déguiser ce qui n'est que trop connu , ce qui se produit «0 plus grand jour, ce qui scandalise le peuple de Dieu , ce qui avilit

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ÎMtt assemblées et nos cërémoiiies les plas religieuse», oe qui cbangs le temple du Dieu vivani et la oKiisaii do Se^aeur eo des places pu-' UîKfttes et des rendez-vous où Ion se vient distraire » se dissiper ^ couler ie temps , et le pferdre en d'inutiles amusements.

Là ) quels sujets appliquent l'esprit^ et de quelles idées, dn queUen imaginations se repati»il ! Pensées frivoles^ pensées vagues et sans arrêt 4 égareoMnis oentinuels» mille réflexions confuses , unlle ratsoB* nements, eu pluiàt mille rêveries. Là, quels sentiments ferme le oœnr? souvent lei plus vains^ léis plus mondains, et méoie les plus oorrampus et les plus sensuels : tantôt envie de paraître et de se mentrer, envie de se distingner et d'attirer sur soi les rcigards ; envie de plaire , ei pour cela les ajustements, les parures immodestes » les airs étudiés » les retours perpétuels sut* la personne ; tantôt complaisances aecrè» tes , désira erimineU , incKnmions naisnantes 1 selon que les yeux se proodènent avec moiufr de retenue» ou qu'ils se fixent sur ce qui Isa frappe plus fortement, et qui peut allumer le f«tt de la passion. Là , qieUe est la niatièredes entretiens? en laUae les dlhistres de l'JÊglîse s'acquitter de leur^ fonetiens ; on les laisse parler à Dieu* chanter les louanges dé Dieu , célébrer les offices divin:» , consacrer le corps de Jéaus-Chriét» l'offrir en saerifiee, soit pour eux-mêmes, soit pour toua les assistante; mais ces mêmes assistantSi que font-ils? Us li^t ensemble d'oisives conversations , tiennent même les discours les plus dis6i>- 1ns, s'attroupent quelqtiefois oomuie dani un cercle » et mêlent leurs voix à celles des prêtres» non pour prier> mais pour serfouir et pour plaisanter. Là, de quelle manière agit-on« et comment se comportent* on ? Quelles eontenanqes négligées et peu séantes ! queb, mouvements de la tété pour observer tout ce qui se passe autourde soi, et jamais ce qui se passe k l'autel et devant soi ! Daigne-t«on fléqMr quelques momenie îe genou , -on se lève bientôt , on s'assied ^ on se tourne de touekscôtéSf selon que le eqxice riaspire 011 que la omMBoditi le deiftande.

Je dis «« qui pnrûtt t mais que seroiVice si je venois Aperœr le nar? Que eeroît-ce si, donnant à cette morale toute son étendue^ je irenoî^ i déoenvrir ces œuvres d'iniqtiitéiy ces œuvres de ténèbres^ qui ne. dérobent à la vue de& hommes, mais qui ne peuvent échapper i lu vue de Dieu? Car vous voyez tout, Seigoeur; vos yeux , 9>^^'SVBi la eootparaison de votre Apôire, sont plus pénétrants que le. glaive le mieux uElité. Et <}u'aperçDivent4la , ô Dieu de pureté ^ et la pureté même? Je n'oserois y penser : oomaaent oserois<je m'^n .expliquer? Tirené le rideau eur toutes ces abominations, et déplorons rjrffreuae^éçadenee, nen pas de l'Église de Jésus-Christ, puisqu'elle est ioujpsiHi la même^ toujours pure et sans tache, mais des eit£Îii|Ufle l'Êglisli» lue frères et lel cDhéritiers de Jésuii-Gbrist. Voilà donc ce èher troqpeww «oilà ees disciples qu'il s'étoit réservés» et dont il voukût fiaùn.atjoiet se gloire ., «a oouronee {Gaudiwn vmtmei corona suc^j. 11 se propoeoîi

JÉSÙS-tfthtet OUtRAéÉ DANS L'ËlXiHAÎHStlB, esd

d'en être spéeMeflBMit honoré : sont-oe là les mar^aes d'honneur qu'il devoit attendre? Il est vrai , l'on ne va pas toujours jusqu'à lui refuser certains témoignages duo respect apparent» et à ne pas avoir certains égards. Il y a quelques dehors à quoi ne permettent guère de manquer, ou un reste de foi , ou plus souvent une considération tout hunuiivo. On se tient devant l'autel et en présence du sacrement, la tète nue ; on s'incline à certains temps , on se prosterne même : mais qu'est-ce que c^ délmonstratibns extérieures? N'est-ce pas un jete?De soâr-oe pas des insultes, plutôt que des actes de religion ?

Quoi qnll en soit, je finis par où j*ai commencé, en marquan't lé fi^ujit que nous dcvoYis retirer de Ce discours, i . Apprenons quels éP^ fbrt^ il eri dut c oûter à ramoni' ife Jésus-Chrr^t pour fiotts , quand H tpuTut demeurel* avec les hommes, et qu'il nous laissa le sacré dépôt de son corps. Il voyoit ù quels outrages il s^exposoit dans la suite déii siècles, et tout l'avenir lui étoit présétit ; mais Tarnour d'un Dieu sur-^ monte fous le^ obstacied, et l'audace, hl msÉlignité, l'impiété, l'énorme in{}raritude des hommes , ne ptmvoit aller à tels excès, que ce diviii amour ne se portât encore plus loin, et qu'il en reçût quelque atteinte. 2. Ce qui n'est pas moibs di{;ne de notre étonnement, et ce qtif né peut être l'effot que d'une infinie miséricorde, c'est qu'on Dieu tant de fbis et si oiiri*ageusement insulté n*àit pas éclaté sur Theore , qu'il ail suspendu ses feudres, qu'il ail tsàt en quelque sdtte violence à sa justice, laquelle né ciessolt point de lui crier : Levei'tom^ Seigneur, eï prenez eh main votre catae (P'satm. tS). I^eis Samaritains n'avt^ient pii§ votilu donner chè2 etfx entrée à Jésils^^tirist, et, pout* œ- seul refhs , ses disciples lui demandèrent dé l^îre tbibber h feu du del et de Induire en cendfre tbnte une ville'. Qu'eussent-ils dit s'ils Peussent vu ifu milieu de toutes les ignominies où je vous l'ai dépeint? Cet a{<» mable Sauveur n'àx)uu point le juste re^iitiment dei: diaciples; il li'écouta et n'é(^1ité tous tèâ jours que cette douceur inaltérable , que cet esprit de h loi de grâce qti1l est venu annoneeh au uionde; S. Concevons mr Nouveau ièle pour PhoUdeer de la maison de DIete éi dû sâcremeût de Jésus-Christ. Au souvenir de taiit d'irf*ëvëi;encëé passées , faisods-lui toute h réparation qui dépend de bons: S'il né dous est pas possi&lë de Ibi rendre toute la gloire ({u'irmérfte et qui Ibfa été t^fïe^ du moins glorifions-le autant que nous le pout^nsi Ab ! Sef[;nedr, qde touf^ les peuples vous révèrent : et que ne tient-ilà moi de condmt*eà'vospîeds toutceqd^i! yatd^hommes sut* la terre, pour vous h\ré hommage et veuâ honorer'! Ce ne sont là qUe des souteffg |)eu efficaces^ mai«r sincères, mate dû cœui'; et an défont dePerecU^ âon, qtii'ii'eât! pa^ toujours en noii-e pouvoir, vouk.v^ns cobtente^^ Sei{^eur, dtf deàlr, ét*fôu8 l'àcïîéptez. '

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