‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 176 sur 225 · JÉSUS-CHRIST CRUCIFIÉ DANS L'EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST CRUCIFIÉ DANS L'EUCHARISTIE

croix où vous f Ates attaché , et tout le fiel dont on vous abreuva eutil rien pour vous de si amer ? Mettons ceci dans un nouveau jour, et expliquons-nous.

1 . 11 devient coupable devant Dieu » et par conséquent responsable à Dieu du corps et du sang de Jésus -Christ. Il en devient coupable » dit le Docteur des nations , puisqu'il profane l'un et l'autre » puisqu'il traite indignement l'un et l'autre , puisqu'il ne feit pas de Fun et de Fautre le discernement qu'ils méritent par tant de titres. Et dès qu'il s'en rend coupable , il en est responsable à Dieu , puisque roffense remonte jusques à Dieu même » puisque c'est le corps et le sang du Fils de Dieu , puisque Dieu , jaloux de l'honneur de son Christ » et souverainement équitable, ne peut laisser impunis une profanation et un abus si énormes. Ce sang donc , ce sang qui coula sur la croix pour la justification du pécheur, retombe sur lui pour sa damnation. Ce sang , dont la voix , plus éloquente que celle du sang d* Abel , s'élevoit pour lui vers le ciel et crioit miséricorde , crie vengeance contre lui. Quel changement ! quel renversement ! Qu'il se Timpute à soi-même. C'est toujours le même sang qui devoit être sa rançon ; mais à son égard (je puis le dire , et les Pères l'ont dit avant moi), il en fait le plus contagieux et le plus subtil poison. C'est toujours le même Sauveur qui vouloit le défendre et lui servir d'avocat; mais il en fait son témoin le plus irréprochable et son plus dangereux' accusateur.

3. £n mangeant le corps et buvant le sang de Jésus-Christ , il mange et il boit son propre jugement. Et en effet , ce témoin , cet accusateur que le pécheur regoit au-dedans de lui-même et qu'il suscite contre lui-même , c'est en même temps son juge, mais un juge ennemi , mais un juge irrité , parceque c'est un juge outragé. Il n'est point besoin d'un autre tribunal que la talile du Seigneur ; il ne hni point aller plus loin. C'est là que le crime se commet : il est sans excuse , il est constant et avéré. C'est donc là que le Seigneur, présent en personne , prononce sur l'heure contre le criminel le même anathème qu'il prononça dans une pareille conjoncture contre ce disciple qui le trahissoit : Malheur à cet homme (Matth., 26).^ Malheur, parceque plus le sacrement qu'il viole est saint, plus il se rend coupable; et que plus il est coupable, plus le châtiment qu*on lui prépare sera rigoureux. Ilvaiutroit mieux pour cet homme de n'é ire jamais né (Ibid.). Jugement ratifié dans le ciel à l'instant même qu'il est porté sur la terre.

3. Il tombe dans un affreux abandonnçment de la part de Dieu. De n'avoir pas profité d'une grâce et de l'avoir reçue en vain , c'est assez pour arrêter le cours de certaines grâces que Dieu nous destinoit , et pour l'engager à les retirer : que sera-ce de recevoir l'auteur de la grâce, le principe et la source de toutes les grâces , je ne dis pas inutilement et sans fruit, mais criminpjlemenr, mais sacrilégemeift ? Car B. S. 4!

m jÊsts-cttRist CftndiFiÉ OaNs L'ËuctiAfttsrîË.

il ne s'agit pas seulement ici d'une simple omission, (Tune simple résîi* tance à ia grâce, en ne faisant pas ce que la grâce inspire; mais d*UB sacrilège actuel et formel, mais de l'atteqtat le plus noir» en profanant le divin mystère. Je dis ^e Tattentat le plus noir, parceque c est souvent un attentat médité, prévu, concerté, rait avecoonnoissance et d'un aeos rassis , malgré mille remords , malgré mille reproches intérieurs de Tame qui répu;ni6, qui hésite , qui voit à quel excès elle se laisse emporter et à quoi elle s'expose. Après cela , nous paroltra-t-il étrange qu'elle soit délaissée de Dieu et livrée à elle-même? Ainsi le Ait Judas* quand le Sauveur du monde , au moment qu'il eut communié , lui dit : Ce que vous avez résolu de faire, faites-U au plus tôt ( Joar. , iS). Comme s'il lui eût dit : Je vous ai averti , je voiis ai sollicitîé et pressé ; rien n'a pu vaincre votre obstination : allez donc, etagissez ; périssez, puisque vous voulez périr.

4. De là indifférence mortelle pour les choses de Dieu et pour le salut. Abandonné de Dieu et privé des grâces qui lui éu>ie^t réservées » comment seroit-il touché de quelque chose par rapport i Dieu H aa salut de son ame? Pour acquérir l'habitude d'une vertu , il ne fout quelquefois qu'une seule victoire qu'on a remportée sur sot-mème » qu'une seule violence qu'on s'est faite , qu'un acte héroïque qu on a pratiqué dans l'occasion. Or il en va de même , ou à peu près de même, à l'égard du crime. Il y en a d'une telle nature, qu'il suffit de les commettre une fois pour rompre tou^ les liens oui nous retenoient, et pour s'ouvrir une carrière libre dans les voies de Tiniquiié : on secoue le joug, on ne ménage plus rien. G etoit en effet un joug pour plusieurs que l'obligation d'approcher du sacrement de Jéus-Christ à certains temps de l'année où l'on ne pouvoit guère s'en dispenser ; c'étoit un frein qui gênoit et qui incommodoit. Lu Tue d'une communion prochaine troubloit , inquiétoit , engageoit à prendre quelques mesures pour calmer une conscience encore timide , ou plutôt pour l'assoupir et l'endormir. Mais quand, iatîgué de ces inquiétudes et de ces troubles , on a pris le plus court moyen de s'en affranchir eu communiant avec son pcché , c'est alors que la passion émancipée , pour ainsi parler, et tirée de servitude , se livre à tout s^ns règle et sans nulle considération. Une communion faite indignement affermit oontre la crainte d'une seconde , et en diminue Thorreur. De cette aorte on vit tranquille dans ses désordres; on se sert même de la communion comme d'un voile pour les couvrir et les tenir cachés. Us se bhuItiplient sans obstacles et presque à l'infini. Quel fonds de cormptjoo , où , de jour en jour, on se plonge plus avant et on s'abime I Quelle impénitence commencée dans la vie, pour être, hélas! par le plus redoutable châtiment, consommée à la mort!

Voilà donc, chrétiens Auditeurs, pour vous remettre sous les yeax tout le plan de ce discours, et pour vous en retracer Tidée, voilà l'extrême violence que le pécheur sacrilège fait à Jésus-Chrisl, voilà l'es-

JÈSUS-GimiSt OftUClMÊ DANS L'EUCHARIâTtË. 64S

telitiene dilVSi^ce que f ai marquée entre cette croix matérielle où U moarat par la conjuration des Juift, et cette croix spirituelle où it est attaché par nne oommunion indigne. U accepta l'une d'une volontlS pleine et parfaite, parceqn'il y envisageoit l'honneur de Dieu et Tayaatage de rbomme; maisfl déleste Tautre, il rabborreyparcequ'fl y Yofttout à la fois, et Dieu déshonoré, et l'homme perdu. Dans le fort de sa douleur, aux approches de sa passion, il disoit à son Père, en se résignant : Que votre vobnté soit faite^ et non la mienne (Luc, S2)» qui doit se conformer à la vôtre i m^is c'e$( ce qu'il ne peut dire ici , puisqu'une communion sacrilège ne peut être de la^volonté du PèrCi ni de la volonté du Fils. Il ne liii reste que de renouveler la plainte de son prophète: C est en vain que j'ai travaillé; en vain, ame criminelle, que y ai consumé pour vous toute ma force (Isai., 46). Je vous avois

aaavae par la croix; maia k fruit àe isettia croixt où j'avais ppfiré l'œiivre de votre salut, vous le djétruisez par une autre croix que voue m'avez dressée dans votre cœor. Plainte accompagnée ti'une meq^ce formidable : car, ajoute le prophète, ou Jésus^Christ même dans la personne du prophète, le Seigneur y ce Père tout puissant , me fera justice. S'il tient maintenant ses coups suspendus» il aura son temps pour frapper, et son bras doit s'appesantir sur vous d'autant plus rudement que c'est le sang de son Fils qu'il vengera.

Pensons-y, mes Frères, et tremblons. Les jugements de Dieu sont à craindre pour tous les pécheurs, mats surtout pour les péeheurs sa* criléges. Nous savons & quel désespoir Jviim fut abandonné de INeu, et à quelle fin malheureuse il s abandonna lui-même, après avoir profoné le sacré mystère nouvellement institué. Il est moins ordinaire, j'en conviens, de le profaner d'une vue aussi délibérée; maïs de s'y exposer, mais de se mettre là-dessus dans un danger évident et procbain^ par l'exiréme négligence avec laquelle on se présente à la sainte table, c'estce qui n^arrive que trop fréquemment, et de quoi nous ne pouvons nous préserver avec trop de soin. Quelque bien disprisés que fussent les apdtres, et quoique le Fils de Dieu leur eût lavé les pieds, en signe de cette pureté intérieure de l'ame qu'ils dévoient avoir et qu'ils avoient en eÎFfet, toutefois, lorsque, sur le point de les communier, il leur déclara, ainsi que je l'ai dit, qu'il y avoit un traître parmi eux et un profanateur, ils lurent saisis d'une crainte religieuse. Aucun ne présuma de Im-méme ni de son état; mais ils aSéprièrent tous en général et chacun pour soi : Sertni-cemoi^ Sd^urf "Prenons ce semi- . ment, sans rien perdre néanmoins d'une confiance raisonnable et chrétienne. Nettoyons, lavons, purifions notre cœur; effaçons, autant qu'il dépend de nous, avec le secours du'^ciel, jusques aux moindres taches ; et du reste, malgré toutes nos précautions, défions-nous encote de nous-mêmes, et ne comptons point sur nous-mêmes. Je vais à vous. Seigneur, je vais à votre autel, où vous m'invitez et où vous vouiez vous donner & moi : mais comment y vais-je, et en qudie disposition?

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Voua le voyez mieux que moi» puisque tous me CDnnoisaez mieiix que je ne me counois moi-même. Ah! mon Dieu, n'y a-t-it point dans mon ame quelque venin secret qui la corrompe? suis-je dana votre grâce? Je n'en ai point de certitude; mais du moins ce que je sais, c'est que je souhaite d*y être, c'est que je crois de bonne foi n'avoir rien épargne ni rien omis pour y être. Voilà, Seigneur, tout ce que je pois de ma part; et vous, par votre misëritorde, \ous suppléerez, comme je l'espère, à tout ce qui me manque.

HoiniiiB jouf • — Jéntt-Ghriit TiolorieiiK et triompluuiit dans l'Euebariitie.

SERMON

sua LES PROCESSIONS DU SÀIRT-SACRSirEECT.

Hovéd et owmU domut Israël dMubant aream testamènH DomM i» 'jiMo et M elau" gçre bueeimœ.

DaTld et tODte la maiion dlsrifl oondolsoient ruche da Seigneur an nilien dei crit de joie et au son des trompettes, au V Une du Rois, chap. ti.

Jamais le saint roi d'Israël et l'innombrable multitude du peuple qui l'accompagnoit ne furent remplis d'une joie plus pure, ni ne témoignèrent plus de zèle pour la gloire du Seigneur» que lorsqu'avec l'appareil le plus pompeux, et parmi les acclamations publiques, ils conduisirent l'arche du testament et la placèrent dans la capitale de l'empire. Ce fut pour cette arche, après avoir renversé l'idole de Dagon, après avoir rais en déroute l'armée des Philistins, après avoir attiré sur le pieux Obédédom et sur toute sa famille les bénédictions du ciel, ce fiit, dis-je, pour cette arche victorieuse comme un triomphe. Tout Israël y applaudit, tout l'air retentit de chants d'all^resse, et David ne ménagea rien pour contribuer à la célébrité de cette fête. Selle figure, mes chers Auditeurs, qui, dans une comparaison très naturelle, nous représente ce qui se passe en ces saints jours à F^rd du sacrement de Jésus-Christ, Qu'est-ce que ce sacrement adorable? Dans la pensée des Pères et des interprètes, c'est l'arche de la nouvelle alliance. Et comment l'Église veut-elle surtout que ce sacrement soit honoré dans cette octave qu'elle a établie et qu'elle lui consacre? On le porte publiquement et processionnellement : tout le peuple fidèle s'assemble autour du char oii il est élevé ; le concours est universel , et voilà ce que j'appelle son triomphe. Religieuses processions et augustes cérémonies dont je me suis proposé de vous entretenir; car, après vous avoir fait voir Jésus-Christ outragé dans son sacrement , insulté, persécuté , crucifié, il faut maintenant, pour effacer de si tristes idées, vous le faire considérer victorieux et triomphant. Ainsi les évangélistes, après nous avoir fait le détail des mystères de sa vie souffrante et de toutes les ignominies de sa mort, nous racontent les merveilles de sa résurrection, et peignent à nos yeux la gloire de son ascension au ciel. Quoi qu'il en soit, voici en trois mots le partage de

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ce discours : triomphe de Jësus-Gbrist dans r£ucbarisUe, triomphe le plus glorieux par son ëdat et sa solennité , premier point; triomphe le ^ plus juste et le plus légitimement dû, suivant les intentions de TÉglise et selon les motifs qui l'ont engagée à Tinstituer, second point; triomphe le plus capable d'exciter te zèle des fidèles et de réveiller les sentiments de leur piété, troisième point. Tsi cru le sujet assez im« portant pour mériter une instruction particulière, d'autant plus que c'est une matière qu'on ne vous a jamais peut-être suffisamment développée dans la chaire, et dont il est bon que vous ayez une pleine connoissance.

Premier point. Triomphe le plus glorieux par son éclat et sa so« lennité. C'est une réflexion bien vraie des maîtres de la vie chrétienne et spirituelle, quand ils regardent et qu'ib nous font regarder l'entrée de Jésus^hrist, par la commuiîion, dans une ame, surtout dans nue ame pénitente, comme un triomphe. Cette ame, disent-ils, dégagée des liens du péché dont elle étoit esdave et qui la tyrannisoit, devient pour son libérateur comme une terre conquise. Il en prend possession ; il y établit son empire et l'y affermit. Point d'inclination vidense qu'il ne réprime, point de passion qu'il ne tienne sous le joug. Ses volontés règlent tout, tout obéit à sa loi, toutsuit les mou- Tements de sa grâce; et plus il lui en a coûté d'effbrts pour s'assurer une telle conquête, plus il a de quoi s'en glorifier : de sorte que les efforts mêmes qu'il a faits, que les combats qu'il a livrés, ne servent qu'à relever le prix de sa victoire. Puissiez- vous, adorable maître , régner ainsi dans nons-et sur nous ! puissions-nous vivre toujours sous ime si heureuse domination !

Cependant, Chrétiens^ ce triomphe est tout intérieur, et n'a rien €|Bi frappe les yeux. Dieu seul et l'ame en sont témoins. Or il falloit à Jésus-Christ un triomphe plus «éclatant, il falloit qu'une fois au moins chaque année il y eût un temps où il se produisit au grand jour, il se donnât en spectacle à tout le monde chrétien. Oui, Seigneur^ levé»" voMf voui dii'jef et l arche que vou$ ave» sancdfiie (Psabn* 131), qui est votre sacré corps. Sortez des ténèbres où vous vous tenez renfermé dans vos tabernacles, et montrez-vous. Autrefois vous traîniez après ^rous les quatre, les cinq mille hommes qui vous suivoient et vous bé< nissoient. Ce que vous avez fait dans les jours de votre vie mortelle et paisible vous convient encore mieux dans cette vie bienheureuse et immortelle dont vous jouissez. Et vous, /iUes de Sion, vene» aurdevant de Cipoux etieste (Ca»t»^ 3); nation chérie entre toutes les nations, catholiques zélés, réunissez-vous , et de compagnie venez prendre part à cette pompeuse et dévote solennité. Venez voir, non plus le rai 5a* kmum eemt du diadème (Ibid. ) , mais le Roi des rois , mais le Dieu de l'univers couronné de splendeur et de gloire.

Ce que je dis, c'est ce que l' Ég^ ordonne» et ce qui s'exécute se-

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kn qtt^elte Fa prescrit. De toutes parts on se rend au lieu dësigaë pour la marche ; oa se dispose, ou se range; une nombreuse assem* blée, on» pour mieux dire, une nombreuse eour, se forme de tous Ifes éuts et de toutes les conditions, depuis le plus petit et le plus pau« vre, jttsques au prince, jusques au monarque. A l'aspect delà Divinitd présente, toute dignité disparoit, etcbacuaà Tenvi ne penseàsedisiî»* guer que par ses hommages et ses respects.

Toi tftt le Seigneur f disoit le Prophète; il étoit as$i$ gur un irénB Mevé. De$ séraphins éuneni auttmr du fràne , ti se cQUvrment de leurs ailes; ils répétaient sans cesse et se criaient Cun à l'autre : SmU, sotitf^ saint , le Seigneur , le Dieu des armées; toute la terre est remplie de sa nu^esté {l%Aï.f 6). Ainsi les prêtres , comme ees atlges qui dans fe ciel asrisiettt autour du trône et devant la majesté dn Très-Haut, appnn ehent du sanctuaire, prêts à exeroer leurs fonctioBs. Les rues sont jonchées de fleurs, les maisons paréea et ornées^ les autels dressés sur la route d'espace en espace, pour reecToir le Seigneur, et pour lui servir eu qudque manière de repos. Enfin, le signai est donné; et c'est alors que de son temple part ce Dieu triomphant, et qu'à œas*' mence à seproduirCé

II est au milieu de ses ministres comme grand-prêtre et pontifie souverain ; il est sous le dais comme roi du ciel et de la terre. On lui offre de Tencens» et il le reçoit comme Fils de Dieu et Dieu lui-méaie. Le bruit même des armes se fait entendre, et l'honore comme vain» queur dn mondOi Que de voix s'élèvent pour célébrer son nom et pour l'exalter ! Que de cantiques de louanges I que d'harmonienx concerts I que de bénédictions! que d'adorationsi Tout s'hiunilie, tout se prosterne. Il me semble que je pourrois bien lui appliquer les belies et mystérieuses paroles du Prophète : // a établi sa demeure dsms k soles/, et il y paroH mvee la même grâce qu*un époux qui sortûe sa thambre nuptiaU. Il a pris son essor comme ungéantpour famrmrsàbomrsef et sur son passageil répand le feu de tous côtés et lesragmmdeaatk* mière {Psabn. 18).

Ah! Chrétiens, que dis-je! et quel autre état tout opposé, quelle autre vue vient me frapper Tesprii! quel parallèle! Que cette marche est différente de celle qu'il fitdans la ville de Jérusalem la veille de sa passion! Là, il futlivréentre les maios des impies, et traîné avec violence de tribunal en tribunal, comme un criminel : ici il est dans lias mains des ministres du Dieu vivant , qui le eondwsent avec réVéFenee d'autel en autel, et l'y placent comme le Saint par excelknoe et le principe de toute sainteté. Là , poursuivi d'une popnlaoe animée» abandonné aux plus indignes traitements d'une insolente et brutale soldatesque, il fut exposé aox injures les pins atroces, aux imprécntions, aux blasphèmes, à toilt œ qn inspire la haine et uite aveugle fïireur : ici, révéré jusques à radoraiion,fédiéln2hé avec enprassenMnt, invoqué avec une oonfianoe chrétienno, il n entend , et poor lM*ailme

JÉSUS^URIST TRtOMPHAMT, ne. 647

et pour ceux qui le réclament, que des souhaits, que des vœux, que d*humbles actions de grâces et de ferventes supplications. Là, envoyé à Hérode, il comparut devant toute sa cour, et il y fut méprisé, moqué, traité de fou ; de là renvoyé honteusement, il comparut pour une seconde fois devant Pilate et son conseil, et il y fut accusé, jugé, condamné; ici, dans les plus superbes cours comme dans les campagne^ et les bourgades, dans les ordres les plus élevés par la supériorité du rang et par l'autorité comme dans les dernières conditions, partout on s'acquitte envers lui du même devoir de religion, et l'on publie également ses grandeurs.

tl est vrai qu'il y eut ud jour où les Juifs eux-mêmes lui déférèrent les honneurs du triomphe. )ls le reconnurent pour fils de David, ils lé proclamèrent roi d'Israël, ils coururent en foule Faccueillir avec des branches d'olivier et des palmes à la main, ils se dépouillèrent de leurs vêlements elles étendirent sous ses pieds. Quelle inspiration les saisit toutà-coup, quel subit mouvement les emporta? c'est cecjue je n*examine point. Slais, du reste, ce ne fut Gi qu'un triomphe particulier, et renfermé dans la seule capitale de la Judée ; ce ne fut qu'un triomphe passager, à quoi biéniAt succéda toute la confusion et toute l'infamie de la croix. C'est dans votre sacrement. Seigneur, que votre triomphe est Universel et perpétuel. Derorient à l'occident, chez toutes les nations éclairées dela&ii, où cette sainte solennité n'est-elle pas en usage? oii chaque année ne se renouvelle-t-elle pas, et depuis son institutioii où ne subsiste-t-elle pas? Soutenons-la, chrétiens Auditeurs, autant que BOUS y pouvons concourir, et reprochons-nous notre indifférence ou notre extrême délicatesse quand nous négligeons d'y assister. On est si curieux dé vains spectacles, on donne si volontiers sa présence à des cérémonies mondâmes, on ambitionne d'y avoir place et d'y être remarqué; ayons du moins à l'égard de celle-ci la même assiduité et la même ardeur. Entre tous les motifs qui nous y engagent, la raison de rédificatiou et de l'exemple peut nous suffire.

Second point. Triomphe le plus- juste et le plus légitimement dfl, se^ Ion les vues et les intentions de l'Église en Tinstiiuant. Que se proposé l'Église dans cette cérémonie? que prétend-elle? 1. Reconnoltre fetcellent don que Jésus-Christ nous a fait de s(m corps et de son prë*^ cieux sang ; 2. répandre les bénédictions célestes et les gracfes que Jésus^hrist porte avec soi, et sanctifier spécialement tons les lieux où il pass^ et qu'il honore de sa présence ; 3. confondre l'incrédulité déi hérétiques, ennemis du sacrement de Jésus-Christ; et même, ce qui n'est pas sans exemple, faire naftre daqs leurs esprits des réfiexbns qui les touchent, qui leur dessillent les yeux, et leur découvrent enffin la vérité; 4. réveiller et affermir la foi des fidèles, souvent endormie, et par-là même ou chancelante , ou moins vive et moins agissante. Je me borne là, et je demande s'il est rien dé plus raisoluiable que ces

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inteotÎQns de TÉglise , et rien de plus conforme à l'esprit de Dieu. Exposons-les par ordre» et appliquez- vous.

1 . Reconnolire l'exceilent don que Jésus-Christ nous a fait de son corps et de son précieux sang. Que ce soit le don le plus excellent, on n'en peut avoir le moindre doute , puisque c'est le corps et le sang d'un Dieu; don d'autant plus estimable qu'il est pleinement gratuit, et que rien , de notre part , ne nous l'a pu mériter. Or une partie de la reconnoissance est de publier le bien qu'on a reçu, d'en marquer une haute idée , et de remployer à la gloire du bieniiaitenr. Yoilî pourquoi l'Église , redevable à Jésus-Christ d'un sacrement où sont contenues toutes les richesses de la miséricorde, et où réside corporellement la plénitude de la divinité même, ne veut pas que ce soit un trésor caché. Sensible à l'amour et à l'infinie libéralité du divin époux qui l'en a gratifiée, elle veut lui en faire honneur; et pour cela, bien loin de l'enfouir, elle le montre dans les places publiques et le présente à la vue de tout le peuple, comme si elle nousadressoit ces paroles du Prophète royal : Venez^ et voye% combien le Seigneur a faii pour moi de grandes choses {PscUm. 65). Ce n'est pas seulement pour moi, ajoute-t-elle, qu'il les a faites, mais pour chacun de vous en particulier. D'où elle conclut avec le même prophète : Allons donc^ réjomssons^nous dans le Seigneur, et faisons retentir de toutes parts des chants d'allégresse, HumiUons-nous devant notre Dieu, adorons-te : car c*est le grand Dieu, et nous sommes son peuple et les brebis de son troupeau (Psalm. 9i)»

% Répandre les bénédictions célestes et les grâces que Jésus-Christ porte avec soi. Dans les entrées des princes, ils dispensent fdus abondamment leurs dons ; il est de la majesté et de la grandeur royale que les peuples se ressentent de leur présence, et que b mémoire de ces jours sdennels se perpétue, non seulement par la pompe et la magnificence qu'ils y étalent, mais par les largesses qu'ils accordent. Je sais que pour opérer ses merveilles et pour exercer sa toute puissante Tertu, la présence de Jésus-Christ n'est point absolument nécessaire. Ce qu'il feisoit autrefois, il le peut encore. Absent comme présent , il voyoit le fDud des cœurs, il gagnoit dosâmes, il chassoit des démons, il rendoit la santé aux malades, il ressuscitoit les morts; et quand il dit à ce centenier qui lui demandoit ta guérison de son serviteur, Tvrax chez vouSf et je le guérirai (Hatth., 8), cet homme, plein de fai, lui fit une réponse aussi vraie qu'elle étoit humble : Seigneur, je ne suis pas éigne que vous entriez dans ma maison, et il n'en est pas besoin. Pro* noncesiune parole f c'est assez, mon serviteur sera ^ti^rt. Tout cela. Chrétiens, est incontestable: mais d'ailleurs je puis ajouter que cette présence de Jésus-Christ, surtout dans une cérémonie qui se rappore tout à lui, l'engage spécialement à se communiquer, à ouvrir tous les trésors, et à les foire couler avec moins de réserve. Il descendoit de la montagne où il s'étoit retiré pour prier ; il s'arrêta dans la plaine.

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et là, de toute la Judée, une grande multitude le vint trouver , peuples, scribes, pharisiens, docteurs; chacun s'empressoit autour de lui : pourquoi, remarque rëvangéliste? Porceçu'ti sortoii de lui une vertu miraculeuie et bienfaisante ^vc., 6). Cette vertu est toujours la même; la source en est intarissable, et c'est dans les saintes visites du Seigneur qu*il s'en fait une effusion tonte nouvelle. II n'attend pas pour cela que nous allions à lui; mais il vient lui-même à nous, mais il parott au milieu de nous, et, nous tendant les bras , il ne cesse point de nous dire : Pui$ez avec joie dans les sources de votre Sauveur (Isai. , 21 ) •

3. Confondre l'incrëdulitë des hérétiques. Ils ont tant déclamé contre le sacrement de l'autel; ils se sont tant efforcés d'en affaiblir la créance, et ont tant blasphémé cet adorable mystère, que FÉglise, après avoir employé pour les convaincre les plus solides raisonnements, a cru devoir encore opposer à leurs clameurs le magnifique appareil de cette fête. C'est un témoignage qui se présente aux yeux, et qui des yeux se communique à l'esprit, et peut faire impression sur leurs cœurs. Car le dessein de l'Église n'est pas de les confondre précisément pour les confondre, mais de les engager à rentrer en euxmêmes, à revenir des préjugés dont ils se sont laissé préoccuper. Il me semble qu'elle leur dit à peu près, comme une mère toujours affectionnée et tendre, ce que saint Paul écrivoit aux Corinthiens : Je ne cherche point à vous insulter, niais je vous avertis comme mes en' fonts bien aimés {i. Cor. ^4); car vous l'êtes en vertu de votre baptême. SI ce concours, celte foule d'adorateurs, cette pompe vous cause de la. confusion, je me r^ouis, non de votre confusion^ mais du bon effet qu'elle peut avoir en contribuant à votre retour et à votre pénitence (3. Car.f 7). Tels sont, dis-je, les souhaits de l'Église; et plus d'une fois ses espérances là^dessus ont été remplies. A ce triomphe de Jesua-Clrist dout ils ont été témoins, à ce spectacle si religieux, des esprits rebelles et indociles ont été touchés; le charme qui lesaveugloit et qui les retenoit est tombé. Foudroyés, non point au-dehors ni avec ëdat commesaint Paul, mais intérieurement et dans le fond del'ame» ils ont répondu comme lui à la voix qui les appeloit : Seigneur^ que voulez'vous que je fasse (Act.^ 9)? Je suis à vous. La victoire a été aussi complète qu'elle étoit subite; ils se sont déclarés, ilsse sont joints à la multitude, et, sans différer, se sont mis eux-mêmes à la suite de ce Dieu vainqueur. Ce sont là de ces coups de grâce et de ces miracles dont nous ne pouvons présumer, mais qui sont toujours dans la main deDiett. Son bras n'est point raccourci. N'entreprenons point de pénétrer ce secret de prédestination : contentons-nous d'adorer et d'espéren

4. Réveiller et affermir la foi des fidèles. Ils sont fidèles, ils croient; mais du reste , comme la charité se refroidit avec le temps , de même la foi s'affoiblit et devient languissante : elle n'est pas tout-à-fait éteinte , elle subsiste dans le fond ; mais elle n'a pas ce degré de fer-

6S0 JÉSU&GHRIST TRIOMPHANT, etc.

metë « de vivacité , qui fait agir et qui porte à la pratique. Aind) pour me renfermer dans mon sujet, parceque plufiieurs n*pnt» à Tëgard du sacrement de Jésus-Oirist, qu une foi foible et vague, de là viennent tant d'irre'vérences qui ae commettent devant les autels, et cette tiédeur avec laquelle on assiste au sacrffice, ou Ton approcjie de la sainte table. Mais est-il rien de plus propre à Teiciter, à la fortifier, cette foi lente et comme assoupie , que la célébrité de ces saints jours ? Qu'esi-ce que cette auguste cérémonie où se rassemble tout le corps des fidèles? c'est une nouvelle profession de foi que fait l'Église ; profession authentique et publique , profession commune et par-là mAme plus efficace. Cet exemple mutuel qu on se donne les uns aux autres, ce consentement universel , cette unanimité forme une conviction qui, dans un moment , levé toutes les difficultés et résout tous les doutes. On voit et on croit, non pas contre la parole du Fils de Dieu, qui nous dit : Bienheureux ceux qui n ont point vu et qui ont cru (Joan., 20); mais en ce sens qne ce qu'on voit dispose à croire d'une foi plus vive et plus ferme que jamais ce qu'on ne voit pas. Concluons et disons que ce n'est donc pas sans de puissants tnoiik que TÉglise a ordonné ce triomphe dont elle honore Jésus-Christ; qu'en cela ses vues ont été les plus raisonnables, et que plus ses intentions sont droites , sages et saintes , plus nous devons nous y conformer et les seconder.

Troisième point. Triomphe le plus capable d'allumer le zèle des fidèles, et de renouveler lès sentiments de leur piété. Trois sentiments que cette solennité doit inspirer aux âmes fidèles envers le sacrement de Jésus-Christ : vénération , dévotion , consolation.

1. Vénération. Partout où est présente la sacrée personne de Jésus-Christ , il mérite également nos respects , puisqu'il est partout également Dieu. A prendre donc la chose absohiment et en ellemême, il n'est pas moins digne de notre culte dans un lieu ni dans un temps, que oans un autre , mais il faut d'ailleurs convenir qu'B y a toutefois certaines conjonctures oti l'on est plus vivement touché, et qui tiennent dans une plus grande attention et un plus respectueux silence. Quand on est spectateur d'un appareil pompeux et magnifique ; quand on voit tout un peuple humilié et prosterné , ou qu'on est témoin des mouvements, des saints empressements d'une multitude qui ne pense qu'à témoigner son zèle et à rendre ses hommages; quand on n'entend autour de soi que des acclamations , que des éloges» que des chants de piété , tout sert à recueillir Tame , et porte à bire un retour sui* soi-même, à s'humilier et à se prosterner soi-même.

En effet, c'est alors que se retracent dans Tesprit, plus fortement que jamais , ces hautes idées qu^on a conçues du sacrement que TEgllse hdnôfe : de ta présence retire d'un Homme-Dieu dans ce sacrement , de toute la majesté de Dieu renfermée dans ce sacrement , de

JÉsus-GHRisrr TRiouPUAiri> Kw. est

toiile kl paifisanee de Ueu aûse ea œuvre du» ce sacremeat , de toiia. les trésors de ta grâce de Diea réaais dans ee sacremciit, de ce sacre» ment înoompréheasible ^ iaefhibfe, l'abrégé des merTcilies da Seigaenr. Oocupé de toal cela , rempli d'admiratk» à la vue de toat aela, on Toadrok en quelque maaière s'abîmer et s'anéantir. Qae toute la terre vous adore» Seigneur, 8*éerie-t-an ; et que tout le oiel ne TÎeat-il ici se joindre à la terre pour exalter voure saint nom et vo« 1rs adorable mystère I Carqa'est-H» que les adorations d'ua homne conme moi? Du moins» moa Dieu, yqus voyez mon deaîr, et vousri^ gréeres) vous supptéerea à ma foiblesseï et vous aures égard» na^ poim tant k ae que js fais» qu'à ee que je vaadrois faire. Ainsi pense- ^00 f quand c'est un esprit de religion qui conduit à cette cérémouieé Mais si c'est un esprit de ouriosilé» un esprit d'amusement» le même esprit qui mèn^ eu théâtre et à des spectacles tout profenes» il n'esl fm stu*prenant alofs qu'oa iksse d'une si auguste solennité un passai temps inutile , où l'on neeliercke qu'à repaiire ses yeux» qu'à voir et à éitB vd. De là même ce tumulte et^oette confusion» ces allées et ees venues » ees immodesties dent eetreléte est troublée : nulle réflexiaa^ Bttlle retenue^ On promène de tous côtés ses regards » sans tes tour-» iHsr peatrétra une fais vers Jésns-Cbrist. Tandis que ses ministres prient i baute voix» afin que tous les assistants s'unissent à eux, du Bains d'esprit et deeœur» on s'entretient de bagatelles; on converse, 0aagît> OB se eamporte eÉ tout avec autant de liberté et aussi pan de «îhsoiiapeitioii qae û n'était une partie da. plaisir et tm diveriissauMit

ii DévaiiMi. De ee sentiment de respect et de vénération qu'inspire la eéréamiia dn oe jouri naissent des sentiments da dévotian» iSenti«' ments pronpis et anbita, vifs ei ardents. Le oœar tant»à*coap s'émeut» s'enflamme, devient tout de feu. Soit amour plus tendre» soit reoonooissance plus affectueuse » soit confiauce plus intime» tout le remue» et quelquefois le transporte comme hors de lui-même. G'es>t la grâce intérieure qui produit ces sentiments; mais il n'est pas moins vrai que certain extérieur de religion» qu'on aperçoit de toutes parts autour de soi» ne contribue pas peu à les former* Car je parle d'une dévotion sensible ; je veux dire, d'une dévotion qui se répand jusque sur les sens, après que les sens ont eux-mêmes servi à l'exciter. Je ne sais quelle onciion coule duns l'ame» et de l'ame rejaillit en quelque sorte jusque sur le corps» selon celte parole du Prophète : ilf on cœur et ma chmr ont tressailli j et se sont réjouis dans le Dieu vivant {Psalm. 8d).

3. Consolation. De quel transport de joie Madeleioe fut-elle saisie, quand elle vit son aimable maître ressuscité? Elle courut à lui , elle se jeta à ses pieds» et sans'tarder un moment elle alla, selon l'ordre qu'elle en reçut, porter aux apôtres une sr beureu>e nouvelle. Tel est le sentiment de consolation dont est pénétrée une ame qui aime

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Jésus-Christ y et qui le voit dans réclat de la gloîre et dans la splendeur. Elle le suit» non point comme une esclave attachée à son char, mais comme une épouse qui, par une fidélité inviolable, prend part à tous les états de son époux, je veux dire à ses humiliations et à son élévation ; à ses humiliations qu'elle a pleurées , et à son élévation dont elle ne peut assez le féliciter, ni se féliciter assez elle-même. Elle les a pleurées amèrement , ces humiliations de son Sauveur, toutes les fois qu'elle en a rappelé le souvenir; ellea çémi de tant d'outrages qui lui ont été iaits ; mais maintenant que l'Église les répare, h consotation qu'elle goûte est d'autant plus douce, que ses larmes ont été plus abondantes et ses gémissements plus amers. Chaque pas qu'elle iait , à la suite de son bien-aimë , est une réparation de tout ce qui a pu lui échapper à elle-même de moins circonspect envers le sacrement du Seigneur, et de moins^ digne de la présence d'un Dieiji. Elle aie reproche une distraction la plus légère, un regard, une parole ; il n'y a rien sur cela de petit pour elle.

Quoi qu'il en soit, mes chers Auditeurs, nous voici à la fin d'une octave où je vous ai représenté "la vie de Jésus-Christ dans la très sainte Eucharistie. Profitons de ce sacrement pour vivre nous-méiùes d'une vie chrétienne et toute pure ; car voilà le fruit que nous en devons retirer; il nous soutiendra jusques à la mort. A cette dernière heure, ce sera notre grande ressource : non point précisément pour prolonger sur la terre et dans cette vallée de larmes des jours sujets i tant de vicissitudes et tant.de. misères, mais pour nous garantir des surprises de reoDemi , qui redouble alors contre nous ses attaques; mais pour nous adoucir les rigueurs d'une séparation toujours contraire aux sens et à la nature ; enfin , poiur nous servir de viatique et nous faire passer à une vie éternelle et bienheureuse. Ainsi soit-iL

FIN DE l'essai D'AVEIfT.

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