POUE LA TROLLS DE LA BKTRAITS
Dueam êomim sMudlmêm, ef toquar adeonjnt.
JeU oondoinldanslâ soUtnder etlàjeloliiiriienl an oonr. OSÉi,Gliap. n.
Premier point. C'est Dieu qui m'appelle à cette retraite, c'est lui qui m*en a inspiré le dessein ; et la résolution que j'ai prise de m'éloi- ^er pour quelque temps de tout commerce , et de me tenir dana h solitude, n'a pa être qu'un effet de sa grâce. Je dois donc suivre le mouvement de cette grâce , et en foire tout l'usage que Dieu veut que j'en fasse pour ma conversion. *
Cest une grâce de prédilection par rapport à moi : car Dieu ne la fait pas à tout le monde. Combien de mondains et de mondaines vivent dans le désordre du péché , et dans un profond oubli de Dieu , sans penser jamais à rentrer sérieusement en eux-mêmes ? ce qui seroit néanmoins le souverain remède de leurs maux , et peut-être l'nnique ressource de leur salut. Dieu use envers moi d'une miséricorde toute spédale. Avec quelle attention et quel soin dois-je ménager une grâce si précieuse?
Cest peut-être la dernière retraite de ma vie ,- que je vais commencer. Si je le savois, quel zèle , quelle ferveur y apporterois-je? Combien en ai-je foit d'inutiles , et qui n'ont produit en moi aucun changement? Hais il fout que celle-ci répare les défouts de tontes les autres^ et qu'elle achève dans mon ame l'œuvre de Dieu. Enfin , c'est Dieu lui-même qui m'y conduit , et qui veut m*y servir de guide. Jésus- Christ , qui étoit le Saint des saints , fût conduit par l'Esprit de Dieu dans le désert : voilà le modèle que je dois me proposer dans ma retraite, si je veux que ce soit pour moi une retraite salutaire, une retraite dont le succès réponde au besoin que j'en ai, et à ce que Dieu attend de moi. La faire par coutume, la faire paroeque c'est dans mon état un devoir commun dont je ne puis me dispenser, c'est ce qui m'est arrivé plus d'une fois , et de là vient que j'en ai si peu profité. Il fout que j'y entre par le même esprit et dans le même esprit que Jésus<]!hrist y entra.
Sbcomd ponrr. Dieu, qui veut me sanctifier^ m'appelle à la solitude intérieure encore plus qu'à la solitude extérieure. Car l'extérieure B. 5. 4S
em MÉDITATION
sans ^intérieure n^est de uni effet. Amsi je dois , t>eiidaiit <M Sdliits jours, me séparer absolument, d'esprit et de cœur, de tout ce ff^ poarroit me distraire et me détourner de Dieu. J,é dois me cpraport«r comme s'il n'y avoit dans I9 monde que Dieu et moi; en sorie que je n'ooeape uniquement de lui, et que je puisse ni*éorier avee TÉpoufe du Cantique : Mon bienriùmé en à mot, et jouit à bd (Cattitc.,S9« Loin de moi toute autre pensée, quelque bonne qu elle ^t d'ailleurs, et quelque apparence de bien que je crusse y apercevoir. Ce bien , qui me partageroit, cesseroit pour moi d*étre bien .
Dieu veut être seul avec moi , pàrcequ'il vetft me parler au cœur; et par conséquent il faut que mon cœur soit vida dtt monde ; non pas
ronne , et qui se trouve même dans la religion ; de ce petit monde qui est en moi, et qui iait partie de moi-même $ de ce petit monde, qiii sont mes passions, mes inquiétudes, mes curiosités, mes attacha^. Tant que mon cœur sera plein de ce petit monde, ni Dieu ne me parlera point , ni je ne serai point dans la disposition de Fécouler.
Malheur ^ moi si je portois ce petit monde jusque dans le sanctuaire de la solitude ; c'est-i-dire , si j'entrois dans la retraité avec un esprit dissipé ou un cœur immortifié! Or il ne faut pour cela qu'un vain désir, qu'un chagrin, qu'une aversion, quune jalousie secrète, qu'une amitié trop humaine. Malheur à moî, si par-là je me rendois incapable des communications et des entretiens que je dois avoir avec mon divin Époux ! car dès-là , quelque édifiante que me parût ma retraite, je n'y trouverois pas Dieu , parceque Dieu ne m'y trouveroft pas dans ce parfait recueillement où doit être une amè qui veut converser avec lui. Puisqu'il se dispose A me parler, et à me parler an * dois de '"^ ^"^ • • ■ * *'
)avid, .
chera ; ou , comme Samuel, Parle» , Seigneur^ pareeque nton ame eu attentive à vous écouter (1. Reg.^ 3). Je dois, à feiemple de Marie, » sainte mère, recueillir et conserver dans mon cœur toutes les paroles par où il me fera entendre intérieurement ses volontés.
Troisième point. La fin de ma retraite ne doit pas être de goûter le repos de la solitude. Ce repos est saint ; mais ce n'est pas assez , et il y a un avantage plus solide qu'il y faut chercher. Il m'est permis de dire, dans le même sentiment que le Prophète royal : Qui me donnera des aiUi comme celles de la colombe, afin que je prenne mon vo/, et que je me repose dans le stin de Dieu {PS. 54)? Mais il ne m'est pas permis de borner là mes vues et mes désirs. Je dois envisager dans ce repos quelque chose de, meilleur et de plus nécessaire que ce rejfK>s
POUR LA VttLLE DEXA ftEttlAITE. 6S9f
y. là 96 dé ma i^êtrrite m doit pas nta {diis éti^ iff eDdfrtdyef ^lii^ de leiU]|ta à Koraison / d'y Adré plus de édntiliiltiioiis , plus de lee^ tures , plus d'austérités. Tout cela , ce sont d'excellents noyens , dont je puis et dont je dois meiervi^ ; iDiid ce A*est pas la fin que je me dois proposer. Mon erreur a souvent été de confondre en ceci les moyens avec la fin » et de nl'imagine^ qtiè j'atois fait une bonne retraite, parceque je m'étiNS ré^liàt^eaient acquitté de ces exercices. Mais la fin de ma retraite doit être de réformer ma vie; de me bi^ connottre moi-même , et les desseinsi de Dieu sur moi ; de idÀxiavrir une bonne fois le fond de mes dispositions » de mes imperfections , de mes inauyaises habitudes ; dé régler toute ma conduite , toutes mes actions , ibus inés devoirs ; de me irenoiiveler dans Tesprit de ma vocation; en un inot, de me changer , et de devenir, coAmedit saitft Paul^ une nouvelle créature en JéêU9'Ckrist{^, Cor.^S). Car si la retraité
3ue j'entreprends n'aboutit fi , et si j'en sors sans avoir rien corrigé e mei défunts ordinaires ^ en vain y aurois-je eu tous les sentiments de la dévotion la plus affectueuse^ ce ne seroit qu'une illusion pure. Il s'agit de me convertir, et non de raisonner ni de contemple)*. Cependant cette fin, conçue de la sorte, est encore trop générale et tfop vague. Il fout» afin qu'elle soit plus efficace, qu'elle soit déterminai à quelque chose de plus marqué ; et c'est à moi d'examiner, devant Dieu , quelle doit être pour moi la fin particulière de cette retraite i par exemple, de me réformer dans l'observation de mei réglés; dé me réformer en ce quirc^rdèla charité, Thumilité, la mortification i mnsi du reste.
Conclusion. Éclairez-moi , mon l)ieu » dans le choix que je dois fiiire de cette fin , et donnez*moi tous les secours nécessaires pour f parvenir. Puisque c'est vous qui m'attirez dans là solitude, foitea-moi connottre la berfection où vous m'appelez , et les voies que j*ai 1 prendre pour y arriver. Ne permettez pas que cettç retraite , qui a été pour tant de pécheurs un moyen de conversion , devienne pour moi , si je n'en reiirois aucun fruit, un sujet de condamnation.
Que voulez-vous que je fasse, ô mon Dieu? car c'est à vous de nié prescrire à quoi je dois spécialement travailler durant ces jours de retraite, qui sont des jours de salut; et c'est à moi, quoi qu'il m'ai coûte, de retrancher tous te& obstacles qui pourroient m'empéchet d'accomplir vos ordres et de seconder vos adorables desseins , quaAd je les aurai connus. Il me semble , Seigneur, que mon cœur y est dis^ posé , et qu'en commençant cette retraite , je pourrai avec une huiiible confiance me rendre devant vous le même témoignage que votre prophète : Ucn eceur est prêtf mon Dieu^ mon cœur est prêt ( Ps, 36}. * Mais peut-être que je me flattCi et qu'il y a encore dans mon cœur de se* crets replis d'amour-propre et d'attachement à moi-même. Aidez-moi , Seigneur, à les développer. Achevez de préparer ce cœur qui veut