‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 179 sur 225 · PREMIER JOUR · texte numérisé non relu

PREMIER JOUR

PREMIÈRE MÉDITATION

DE LA FIN D^ l'hOMMB.

iVWiMfi fae fMi, Domine, finem mewn, !' Sd^Miir^WlM-iiioieooiiottreiiuiSiLPiatilMXiifui.

Premier point. Pourquoi Dieu m*a-t-il créé? pour le connottre, pour l'aimer, pour le glorifier en cette vie, et pour le posséder en l'autre : voilà ma fin. Je ne suis point dans le monde pour y établir une fortune temporelle ; je n'y suis point pour y acquérir de la réputation et de Testime; je n'y suis point pour y vivre agréablement et à mon aise ; tout cela n'est point ma fin , ni ne le peut être. J'y suis pour y chercher Dieu , pour y servir Dieu, pour y accomplir les volontés de Dieu.£nce(a, dit le SaîgefConsUte Chomme^ et tout Chomme {EccL^ 12).

Grande vérité , sur laquelle roulent toutes les autres vérités I Cest néanmoins cette vérité que je n'ai pas connue jusqu'à présent, ou du moins que je n'ai jamais bien approfondie. Tellement que j'ai vécu comme si je ne la connoissois pas. Car au lieu que j'étois créé pour Dieu , par un abus énorme de ma raison , je n'ai vécu que pour moimême , je n'ai pensé qu'à moi-même , je n'ai été occupé que de moimême , j'ai rapporté tout à moi-même ; en un mot , je me suis regardé comme si j'eusse été moi-même ma fin. Ne suis-je pas obfigé d'ed convenir? Tel est donc l'afireux aveuglement dans lequel j'ai passé ma vie, ou la mâllenre partie de ma vie. Si j'avois bien connu ma fin , et n je l'avois toujours eue devant les yeux , toute ma vie anroit été sainte. D'oii sont venus mes égarements , mes relâchements, mes dérèglements? de ce que j'ai oublié cette fin ; de ce qu# mille fois, et dans des occasions essentielles , j'ai négligé de (aire cette réflexion si salutaire : Quelle est ma fin ? de ce que dans des affaire^ capitales , où la sagesse chrétienne me devoit conduire, je n'ai pas envisagé ma fin« C'est là ce qui m'a perdu.

Non seulement Dieu est la fin de ma création et de mon être en général, mais de toutes mes actions en particulier : car il n*y en a pas une qui , par la raison que j'ai été créé pour Dieu , ne doive aussi être pour Dieu* Saint Paul n'en a pas excepté les actions même les plus Indifférentes et les plus basses. Soit que vous mangiez , dit-il , soit que vous buviez f faites tout pour Dieu (1. Cor., 10). Que s'ensuit-il de là? que tout ce que j'ai fait dans ma vie pour une autre fin que pour Dieu» sans parler du désordre et du péché qui s*y rencontroit , n'a été pour moi devant Dieu de nul mérite. Quand j'aurois fait les actions les plus édataiites , quand j'aurois fait des mirades, Dieu n'en ayant point été

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