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tir, il les ait livres pour jamais à toutes les rigueurs de sa justice. Quel exemple! et de cet exemple» quelle conséquence dois-je tirer? S*iln'a pas épargné ses anges, puis-je me promettre qu'il m'épargnera? 3. Qae pour une seule désobéissance Dieu ait chassé le premier homme du paradis terrestre ; qu'il lui ait dté tous les privil^es de Fétat d'innocence; qu'il l'ail condamné à la mort, lui et tonte sa postérité; qu'en punition de ce seul péché nous naissions tous enfants de colère, et que, sans autre péché que celui-là, nous soyons, comme enfants de colère, SDJets à toutes les calamités de cette vie, et même exclus du royaume de Dieu. Quel châtiment, quelle vengeance ! Toutefois les jugements de Dieu sont équitables, et l'équité même. 3. Que, pour expier cette désobéissance, il ait fallu que le Fils éternel de Dieu s'incarnftt, s'humiliât, s'anéantit, paroequ'il n'y avoit que les humiliations d'un Dieu qui pussent réparer la gloire de Dieu, et compenser l'injure qui lui avoit été faite par le péché. 4. Que pour un péché qui se commet dans un moment , Dieu ait préparé une éternité de peines, et qu'entre ces peines étemelles et le péché il y ait une juste proportion. Voilà ce que la foi m'enseigne. S'il y a eu jusque dans le christianisme des incrédules qui n'ont pas voulu reconnoltre ces vérités, c'est qu'ils n'ont point assez connu la malice du péché mortel , ni assez compris que ce péché est le souverain mal de Dieu. L'ai-je compris moi-même autant que je le deyois? Si cela étoit, aurois-je été jusques à présent si sensible aux autres maux, et peut-être si indifférent à l'égard de celui-ci? '
Second point. Il ne m'est pas moins nécessaire de savoir et de bien considérer que le péché mortel est le souverain mal de l'homme, paroequ'il privé l'homme de l'amitié de Dieu ; parcequ'il fait un divorce entier entre l'homme et Dieu ; parcequ'il rompt tous les liens qui attachoient l'homme à Dieu; parcequ'en séparant l'homme de Dieu, il lui ôte la vie la plus précieuse, qui est la vie de grâce ; et qu'il lui cause la plus funeste mort , qui est la mort de l'ame. Car c'est pour cela qu'il est appelé mortel. Cette grâce que le Juste possédoit étoit en lui le principe de la vie sumaturdle : du moment donc qu'il la perd cette grâce ,11 est mort devant Dieu et selon Dieu.
De là je ne dois point encore être surpris de deux autres vérités , qfi ne sont pas moins incontestables ni moins terribles : 1. Que le péché mortel dépouille l'ame de tous les.mérites qu'elle pouvoit avoir acquis lorsqu'elle étoit dans l'état de la grâce. Quand j'aurois amassé des trésors immenses de mérites pour le ciel , quand je serois aussi saint que les apôtres ; si je viens à commettre un péché mortel, tout m'est enlevé. Ces mérites pourront revivre , lorsque je rentrerai en grâce avec Dieu. Jusque là ils sont perdus pour moi ; et si je meurs dans cet état , Dieu ne m'en, tiendra jamais compte ; pourquoi ? c'est que je suis aljors son ennemi, et que de la part d'un ennemi il n'agrée
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rien ni n'aocepte rien. 2. Que les actions les pins vertneiises et les pias saintes en elles-mêmes , laites dans Fétat du péché mortel » tie sont d'aucun prix devant Dieu, ni d^aucune valeur pour réternité bienheureuse. Quand * Je passerois toutes les fournées en prière , quand je ferois toutes les pénitences des plus austères anachorètes, quand je pratiquerais toutes les œuvres de la piété et de la charité chrétienne ; tout cela ce sont des œuvres mortes, parceqne je suis moi-même dans un état de mort ; ce sont des œuvres stériles, dont je ne dois attendre nulle récompense. Quelque miséricorde que Dieu puisse ensuite me faire, jamais ces œuvres mortes ne seront du noinbre de celles qu'il couronnera dans la gloire. Sont-ce néanmoins des œuvres tout-Â-foit inutiles? non : car elles me sont an contraire très lîtiles pour sortir de l'état du péché ; très utiles pour me disposer i retourner à Dieu; très utiles pour disposer Dieu à m'accorder la grâce de ma conversion. Mais du reste, tant que le péché mortel n'est pas eFlacé , il est toujours vrai que je ne mérite rien en les pratiquant, et qu'elles ne me donnent auctin droit à l'héritage céleste. Quelle pauvre* té , quelle misère !
N'est-ce pas là que j'en ai été réduit à certains temps de ma vie ^ et peut-être pendant des temps considérables? N'est-ce pas Hi peut-être que j'en suis encore actuellement réduit? Je n'en sais rien : car fut sait t'il est digne (Vamour ou de haine (Ecc/e<., 9 ).'AfFreuse incertitude! C'est un abîme où lesprit se perd, et qu'on ne peut regarder avec les yeux de la foi , sans être saisi d'horreur. Du moins puis-je prendre dans la suite de justes mesures pour me rassurer là-dessus autant
3u'il est possible, et pour m'établir, par nue vie pénitente et agissante» ans une solide et lai nte confiance.
Troisième point. Quelques avantages que j'aie dans Tétat religieux, je n'y trouve point après tout de préservatif infaillible contre le péché mortel. Et comment y en trouverois-je ? Le premier ange et ceux qui l'ont suivi n'en ont point trouvé dans le ciel. Le premier homme, malgré l'innocence où il avoit été créé , s'est perdu dans le paradis terrestre. Judas est devenu un apostat dans la compagnie de Jésus- Christ. La maison où je suis est-elle plus sainte que le sacré collège des apôtres, que le paradis terrestre, que le ciel ? N'a-t-on pas vu arriver dans les communautés les plus régulière^ des chutes tfès scandaleuses? ne le voit-on pas eçcore? Dieu le permet , et il a ses raisons pour le permettre. Que celui qui croit se tenir ferme prenne garde de tomber [l. Cor^j 10).
Il y a même des péchés mortels oii l'on peut être, dans- la religion » plus exposé que dans le monde. Tels sont, par exemple, les péchés qui blessent la charité ; parceque dans la religion les occasions de ces péchés sont d'autant plus Fréquentes, que les objets sont plus présents» On y est plus à couvert de Favarice et d*une certaine amÙtion; maisoa
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y est souvent plus^njet aux inanniires et aux diwions. Or qu'importe par quels péchés on se damne, si Ton est en effet assez malheureux pour se damner?
Ce qu'il y a de plus à observer » c'est que le péché mortd» dans là profession religieuse^ est beaucoup plus grief que dans le monde, paroequ'il suppose alors un état plus saint. Ce qui n'est que simple péché pour un chrétien du siècle est , en bien des matières , sacrilège pour an religieux. Dois-je conclure de là qu'il eût mieux^ valu demeurer dans le monde, que de m'engager dans la religion? Je conduroîs donc aussi qu'i) vaudroit mieux n'être pas chrétien» parceque les péchés d'un chrétien sont plus punissables que ceux d'un païen. A Dieu ne plaise que je raisonne de la sorte! Si la religion a ses dangers, le monde en a bien d'autres, et de plus grands. Hais ce que je conclus, c'est de ne point présumer de mon état; c'est de me défier, non point de mon état, mais de moi-même dans mon eut; c'est, malgré toute la sainteté de moa état, d'opérer, selon Tavis de l'Apôtre, mon salut avec crainte et avec tremblement.
CoiicLusioif. Achevez, mon Dieu, par votre grâce, ce que tous avez commencé par votre miséricorde. Vous m'avez appelé à vous, vous m*avéz retiré du monde pour me garantir du péché : ne permettez pas qu il me poursuive jusque dans votre sanctuaire, et qu'entre tos bras je succombe à ses attaques. Quelle malédiction sur moi, si dans ta terre des Saints jecommetiois f iniquité {Isai., 26), ^t si, parmi uint d'ames justes, je devenois un anathème!
Ah! Seigneur, vous voyez le fond de mon ame, et je ne le Tois pas comme vous. N*y a-t-ii point dans mon cœur quelque poison secret qui l'infecte et qui le corrompt? n*y a-t-il point quelque péché qui m^éloigne de vous et qui vous éloigne de moi? Daignez me le découvrir, 6 mon Dieu ! il n'y a rien pour le détruire à quoi je ne sois résolu. Quand mêine j'aurois eu jusques à présent le bonheur de me défendre de ce fatal ennemi et de me pr^rver de ses mortelles atteintes, j'ai toujours tout à craindre de ma foiblesse : mais , Seigneur, ma vigilance, avec votre secours, y suppléera. Elle me fera sans cesse recourir à vous ; elle me tiendra dans une attention continuelle sur moi-même; elle me rendra circonspect dans toute ma conduite, et clairvoyant sur les moindres dangers , afin de me mettre ainsi phis en assurance contre la transgression jde vos divins commandements.
SECONDE HÉDITATIOl^.
nu PÉCHÉ VÉlflBL.
ffolUe e<mirittare SpirUmH ionetum.
Ne contristçz point le Saint-Bsprit. 'Ah*x Epkét, Ghap. iv.
Prehier poikt. On ne compte communément pour rien le pédië