DE LA PERTE DU TEMPS
que cest le prix de Péleroitë. Selon que j'aurai bien ou mal usé du temps que Dieu me donne dans la vie, je serai après la mort , ou récompensé, ou condamné : car chacun recevra suivafU ce qu'il aura fait dam le temps (S. Cor.^ 5). Si bien que tout mon àalut dépend du temps ; et comme Dieu,- en nous créant et nous mettant sur la terre» nous impose à tous une obligation étroite de travailler à notre salat^ il nous fait par-là même à tous un commandement absolu de profiler du temps que nous avons ^ et de le passer utilement.
Ce n'est pas seulement pour nous, mais epcore plus pour lui-même et pour sa gloire , que Dieu nous a donné le temps. Il veut que nons remployions à le servir et à le glorifier, et que ce soit même là notre première vue dans l'emploi que nous en faisons. Ainsi, ne le pas rendre à Dieu par un saint usage, et le dérober à son service, c'est tomber à l'égard de Dieu dans le même désordre qu'un serviteur qui refiiseroit son temps à son maître. Snis-je en effet moins coupable , quand je laisse vainement couler un temps que je dois à Dieu, et que je me dois à moi-même ; et puis-je me tenir en assurance, paroeqoe dans tout le reste ma vie parolt assez unie, et qu'il ne m'échappe aucune faute grossière? Sans autre mal, la seule perte du temps n'estelle pas un grand mal?
D'autant plus grand , que le temps une fois perdu ne revient plus. Où sont pour moi tant d'années d^a passées? Chaque jour, chaque heure , chaque moment pouvoit avoir son mérite, et me rapporter an centuple ; mais que m'en reste-il , et quel fonds ai-je amassé ? Où seront à la mort les années que Dieu voudra bien dans la suite m'acoorder ? Si ce sont des années aussi stériles que les autres, qu*aurai-je dans les mains, et qu*emporterai-jo avec moi? Je les regretterai; mais tous mes regrets les rappelleront-ils? Je comprendrai toute la grandeur, et du gain que je pouvois faire , et de la perte que j'aurai fsite ; j'en gémirai : mais, malgré mes gémissements , il en fuiidra toujoun revenir à ce point essentiel et à cette triste réflexion , que ces amms auront été, et qu'elles ne seront plus; que ce gain étoit en mon pouvoir, et qu'il n'y sera plus; que j'auroia pu me garantir de cette pêne, et que je ne le pourrai plus. 0 que ne suis-je assez heureux pour bienconoevoirdès aujourd'hui combien, dans un sujet aussi important que celui-là, ces deux paroles sont affreuses et désolantes : Je pouvois et je ne puis plus! J'aurai recours à Dieu ; je lui protesterai mille fois que s'il lui plaisoit encore de me donner quelque temps, j'en vondrois ménager jusqu'à la moindre partie. Belles résolutions! Mais Dien les écotttera-t-il? Ah! qu'il vaudroit bien mieux les prendre dès mamtenant, lorsqu'elles me peuvent être salutaires, et que j'ai le temps de les mettre en pratique !
Segonb point. On peut perdre le temps dans l'état religieox, ^»mpiie on le perd dans le moncfe ^ et cpomunâoent même les peraon*