‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 20 sur 225 · SUR \A PAIX AVEC LE PROCHAIN · texte numérisé non relu

SUR \A PAIX AVEC LE PROCHAIN

chaque jour, ce sont de nouvelles brèches qu*on fait à la règle: plus d'unammiiéyiplus de concert. Une maison est alors comme un vaisseau abandonné aux vents , et prêt à donner dans tous les ëcueib où il sera emporté.

. V. Avec la paix ce seroit un paradis , et voilà ce que Dieu en vou- Ipit faire pour nous , lorsqu'il nous y a assemblés. 11 vouloit , en nous retirant du tumulte et des embarras du monde , nous foire éprouver la vérité de.ce qu'avoit dit le Prophète : QuU est doux et qu*%l est agr/éabie à des frères ou à des sœurs en Jésus-Ghristy de se voir renfer^ mes dans un même lieUj d'y être parfaitement unis par le lien d'une charité mutuelle {Psalm. 132 ). Mais sans la paix, cette Jérusalem^ ce séjour de la tranquillité et du repos, n*e$t plus qu'un lieu de confu* sion. De là naissent les chagrins, les dégoûts de la vie religieusg. On n'y trouve pas ce qu'on y avoit cherché. On s'écoit proposé d'y passer ses jours dans un saint calme et dans la pratique de la vertu : on s'étoit promis d'y être content, et l'on avoit sujet de l'espérer ; mais comment le sèroii-on parmi des personnes avec qui l'on ne peut compatir, et au milieu d'une guerre domestique, où Yoh n'a presque point de relâche p^r les divers incidents qui se succèdent sans cesse, et ({ui excitent lés querelles et les combats? Ce qu'il y a encore de bien déplorable et de bien pernicieux pour la religion , c'est qu'on intéresse les gens du mondé dans des dissensions, qu'il faudroit au moins cacher aux yeux du public et dérober à sa connoissance. Hais soit par indiscrétion , soit pour se donner une vaine consolation, soii pour se procurer de l'appui et de la protection , on s'eifLplique de sa peine avec des amis, on en l'ait part à des parents, on émeute toute une famille. Le scandale se répand au-dehors , et une communauté tombe dans le décri. Le monde, naiurellement enclin à juger mal, se^rsuade, quoique très injustement et très faussement, qu'il en est de même de toutes les autres maisons religieuses; et voilà par où l'état religieux a beaucoup perdu de son lustre et de son crédit dans une infinité d'esprits , prévenus et trompés^ par certains exemples dont ils ont tiré des conséquences trop générales.

, Vi. L'AP^lr® coDJuroit les premiers chrétiens qu'il n'y eût point èptre eux de schismes ni de partialités. Il en prévoyoit les suites funestes pour le christianisme, et c'est pour cela qu'il s'appliquoit avec tant de soin à en garantir rËglise de Dieu. Il représentoit aux fidèles qu'ils àvoient reçu le n^ème baptême, qu'ils avoient été instruits dans la même foi,. qu'ils seryoient le même Dieu : doù il concluoit qu'ils ne dévoient donc avoir, pour ainsi dire, qu'un même cœur et qu'une même ame. Mais outre ces raisons communes et universelles, il y eu a encore de particulières qui doivent nous lier plus étroitement dans là profession rjeligiei^se. Nous avons fait à Dieu les mêmes vœux, nous nous sommes soumis a la même règle, nous gardons depuis le m^tin jusqiîes au soir les mêmes observances, nous dépendons des mêmes supë-

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