POUR LE T£MPS DE L'AYENT
de leut iolui, ajoute ensaite qu*U a révélé sa justice d toutes les nations {Psalm.9r).
y h De umt ceci , coodoons que le Sauveur du monde, en prenant un corps humam et râible, et nous découvrant ainsi les plus hantes perfections de Dieu, nous àouae donc par-là même la plus grande idée de lagloire de Dieu. De sorte qne sans attendre sa passion et la fin de sa vie mortelle, il peut dire à son Père, dès le moment de sasainte incarnation : Mon Père, j'ai déjà commencé l'office pour lequel vous m'aves envoyé, qui est de vous fidre connottre dans le monde. Je n'y entre que pour cela , et je n'en sortirai qu'après avoir consommé cette importante affoire. Car il est d'une nécessité absolue que vous soyei connu des hommes, puisque l'ignorance où ils vivent à Tégardde leur créateur, et du premier de tous les êtres, est un désordre fw^ntiri dans la nature, et la source de tous les autres déscnrdres. C'est pourquoi je viens en ce joar, afin que les hommes, en me contemplant, contemplait dans moi votre gloire, et que la lumière que j'apporte se répande dans toute la terre, et dissipe les ténâ>res oà eUe est ensevelie.
VIL Cependant , après une telle manifestation de la gkôre de Dieu, n'est<jl pas étrange qu'il soit si peu connu dans le monde? Car cequ'on appelle le monde, les sectateurs du monde, les esclaves du monde, ces hommes et ces femmesremplis de l'esprit du mondeconnoissent-ils Dieu? ne font-ils pas profession de l'ignorer^oudu moins de l'oublier? ne viventils pas comme s'il n'y en avoit point? leur grand principe n'est-il pas de l'efiacer autant qu'ils peuvent de leur souvenir, et de n*y penser presque jamais? C'est la plainte que Caisoit le disciple saint Jean, expliquant la génération étemelle et temporelle du Fils de Dieu : Dieu étoit au milieu du monde^ comme le maître et l'arbitre du monde, et le monde n'en avoit nuUe connoissanee (Joar., i). C'est la plainte que Jésus-Christ lui-même fûsoit à son Père : Père saint, le monde ne vous eomunt point (JoAN., 17). Quoi que j'aie fait pour lui annoncer vos grandeurs, son aveuglement a prévalu 9 et il y demoire toujours plongé. Déplorable aveuglement, s'écrie Salvien ; aveuglement qui va jusqu'à mettre Dieu dims notre estime au-dessous de tout! On le perd sans regret, on se tient éloigné de lui sans inquiétude, on lui préfère le moindre avantage, le moindre plaisir, et on ne lui donne la préférence sur rien. Sa grâce et sa haine nous sont également indifférentes : tout cela pourquoi? toujours par la même raison : c'est que le monde ne l'a jamais bien connu. Car si le monde le connoissoit , ce Dieu si miséricordieux, ce Dieu si sage, ce Dieu si pub&ant, ce Dieu si juste et si saint, on ne vivroit pas dans le dérèglement où l'on vit, on ne s'abandonneroit pas à une telle corruption de mœurs, on ne viendroit pas l'outrager au pied de ses autels, on bonorcroit son culte, on respecteroit ses temples, on pratiqueroit sa loi , on redouteroit ses vengeances. Mais parceque le monde affecte de le méconnoitre, il n'y a point d'excès où l'on ne se porte.