SOIN DU SALUT. . 44S
foi, a fait conBottre que cette voie, tout épineuse qu*eUe est , devient d'autant plus douce qu'on y cherche moins de douceurs, et qu'on s'aa* sujeitit avec moins de ména{7ements et moins de réserve à ses austérités les plas mortifiantes. Comment cela $efait-il?c'est aux âmes qui réprouvent à nous en instruire, ou plutôt c'est un de ces secrets dont saint Paul disoit qu'il n'est permis à nul homme de les expliquer. Hais, tout impénétrable qu'est ce mystère , il n'en est pas moins réel ni moins véritable. Car» de quelque manière que ce puisse être , et en quelque sens que nous puissions l'entendre, il faut que la parole de Jésus-Christ s'accomplisse : c'est une parole divine; et par conséquent infaiDible. Or cet adorable maître nous a dit que son joug est doux et son fiardeau léger; et en nous invitant à le prendre, il nous a promis que nous y trouverons la paix. Ces termes de joug et de fardeau mar^ quent de la difficulté et de ia pesanteur ; mais avec toute sa pesanteur» ce fardeau devient l^er, et ce joug devient doux, dès que c*est le joug et Je fardeau du Seigneur : pourquoi? parceque la grâce y répand toute son onction, et qu'il n'est rien de si pesant ou de si amer dont cette onction céleste n'adoucisse l'amertume, et qu'elle ne fasse porter avec une sainte allégresse.
On en est surpris, et, pour ainsi dire, on ne se comprend pas soimême, tant on Se trouve différent de soi-même. Au premier aspect de la voie étroite du salut, tous les sens s'étoient révoltés, et i peine se persuadoit-on qu'on y pût feire quelques pas ; mais du moment qu'on y est entré avec une ferme confiance, les épines, si j'ose user de ces figures, se changent en fleurs, et les chemins les plus raboteux s'aplanissent : Ah! Seigneur^ s'écrioit un grand saint, voies nCavez heitreutemeni trompé. En m'enrôlant dans votre milice, je m'attendois, sekm les principes de votre Évangile, à des assauts et à une guerre où je craignois que ma foiblesse ne succombât. Je me figurois une vie triste, pénible, ennuyeuse, sans repos, sans goût ; et jamais mon cœur ne fut plus content, ni mon esprit plus calme et plus libre. Combien d'autres ont rendu le même témoignage? mais le mal est qu'on ne les en croit pas, et qu'on ne veut pas se convaincre par une épreuve personnelle et par son propre sentiment.
SOOf DU SÀI.CT, ET l'eXTRÉKE NiGLIGBEVCg AVEC LAQUELUB ON T