‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 69 sur 225 · LA FOI VICTORIEUSE DU MONDE · texte numérisé non relu

LA FOI VICTORIEUSE DU MONDE

voIontairemeDt dépouillés de tout cela? A ces richesses dont le monde est si avide , et où il fait presque consister tout 9on bonheur, parcequ'il y trouve de quoi satisfaire tomes ses oonwntîses , ils ont préféré une pauvreté qui leur accordoit à peine le nécessaire, ou pour la nourriture , ou pour le vêtement » ou pour la demeure. A cet éclat et à ces honneurs dont le monde est si jaloux , et dont il cherche à repattre si agréablement son orgueil , ils ont préféré l'obscurité de la retraite, si opposée à Fambiiion naturelle, et se sont condamnés à vivre inconnus et dans l'oubli. A tqutes les délicatesses et toutes les commodités du monde , ils ont préféré la pénitence du clôture et les plus dures pratiques de la mortification religieuse , aussi ennemis d'eux-mêmes et de leur chair, qu'on en est communément esclave et idolitre. Qui leur a inspiré ce renoncement , ce détachement , et qui les a soutenus dans un genre de vie si contraire au penchant de la nature et à l'esprit du monde? c'est la fai dont ils étoient remplis, et dont ils suivoient les divines impressions. En vain^e monde étaloit-il devant eux ses pompes les plus brillantes , et en vain pour les attirer leur fsisoit-il voir une carrière semée de fleurs : la foi dissipoit tous ces prestiges , et rieà ne les touchoit que le grand sentiment de l'Apôtre: Pour moif.Dieu me garde de me glorifier jamaU en aucuike autre chose que dam la croix de notre Seigneur Jéeui-Oiristr por qui là monde m' cet crucifié et je suis crucifié au monde {Çalat,, 6) !

lil. Outre ses erreurs et ses. douceurs, le monde a encore ses rigueurs. Ce sont ces persécutions qu'il suscite à la vertu , et où elle a besoin d'une force supérieure. Car l'Apôtre a bien eu raison de dire que ceux qui veulent vivre saintement selon Jésus-Christ doivent s'attendre à de rudes combats. On a des railleries à essuyer, et mille respects humains à surmonter. On refroidit un ami et on l'indispose , en refusant d'entrer dans ses intrigues , et de s'engager dans ses entreprises criniinelles. On devient un objet de contradiction pour toute une famille, pour toute une société , pour tout un pays, paroequ'on veut y établir la règle, y maintenir l'ordre, y rendre Ja justice : ainsi de tant d'autres sujets. Voilà ce qui fsiit.uh des plus grands dangers du monde, et ce qui cause dans la vie humaine tant de désordres.

Car il est difficile de tenir ferme en de pareilles rencontres , et nous voyons aussi qu'on y succombe tous les jours et presque malgré soi. Un homme gémit de l'esclavage où il est , et un fonds d'équité, de droiture, de conscience , qu'il a dans l'ame, lui fait désirer cent fois de secouer le joug et de s'affranchir d une telle tyrannie ; mais le courage |ui manque , et quand il en faut venir à Texécution , toutes ses r Solutions l'abandonnent. Or qui peut le déterminer, L'affermir, le mettre à toute épreuve? c'est la rel gion. Avec les armes dé la foi, il pare à tous les coups , il résiste à toutes les attaques , il est invincible. Il n'y a ni amitié qu'il ne rompe , ni société dont il ne s'éloigne ,

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