‹ Œuvres de Bourdaloue (volume 5)Chapitre 94 sur 225 · PRÉCEPTE DE LA PRIÈRE · texte numérisé non relu

PRÉCEPTE DE LA PRIÈRE

du secours, et an prompt secoure» et nn secours puissant » et nn secours continuel, qui est Je secoure de Dieu et de sa grâce. Mais ce secours f par oii Tobtiendrons-nous? par la prière. C'est ainsi que le Fi's de Dieu nous Ta déclaré , et qu'il s'en est expliqué dans les termes les plus formels : 5t vous demandez quelque chose à mon Père ^ et que vous le demandiez enmon nom^ il vous le donnera (Joan., 14). Ce qui nous fait entendre , par une r^le toute contraire » que si nous ne demandons pas, Dieu ne nous donnera pas. Or, si Pieu ne jm)us donne pas, nous manquerons de sec6ure; si nous manquons de secours, nous ne nous souiiendrons pas , nous succomberons; si nous succombons, nous périrons, et nous périrons par notre fonte, puisqu'il ne tenoit qu'à &OUS de prier, et par con&équent de ne pas périr. Dieu donc, qui ne veut pas qu'aucun périsse, et qui, par la loi delà charité que nous ne pouvons sans crime nous refuser à nous-mêmes, nous ordonne de n'émettre aucun moyen nécessaire pour éviter notre perte, veut que nous ayons recours à la prière , et nous en fait un précepte.

Précepte qui nous marque deux choses les plus dignes de notre étonneroent: l'une de la part de Dieu , l'autre de la part de l'homme. Quelle providence daqs Dieu, quelle bonté, quel eiLcès de miséricorde et de libéralité nous fait voir ce commandement! Tout ce que nous pouvons attendre des maîtres de la terre, et en quoi consiste auprès d'eux notre plus haute faveur, c'est que, par une affection particulière et qui ne s'étend qu'à un petit nombre de favoris, ils soient disposés à écouter nos demandes et à nous les accorder. Maiis ils s'en tiennent là-, et ils ne nous font point une obligation étroite de leur demander quoi que ce soit : ils nous laissent là-dessus dans une liberté entière. Vous, mon Dieu, père tout puissant et tout bon , vous ne vous contentez pasd'une telle disposition de votre cœur à notre égard. C'est trop peu pour vous, et vous ne nous dites pas seulement : Demandez^ et vous recevrez (Joan., 16); mais vous nous ordonnez de demander, mais vous nous faites un devoir de demander, mais vous nous reprochez comme un crime, et im crime capital, de pas demander. Hé ! que vous importent, Seigneur, tous les vosux que nous for^ roons et que nous vous adressons? Que dis-je, 6 mon Dieu! voua nous aimez , et cela suffit. Votre amoiu* veut se satisfaire ; il veut s'exercer, etque nous nous mettions en état d'attirer sur nous vos dons, et d'en profiter. Point d'antre intérêt qui vous touche que le ndtre.

D'ailledinsy ce que nous découvre dans l'homme ce même précepte de la prière , n'est pas moins siirprenant. C'est l'aveuglement le plus prodigieux, et la plus mortelle insensibilité pour nous-mêmes. Quoi I nous avons continuellement besoin du secours de Dieu ; sans cette assistance et ce secours d'eu haut nous ne pouvons rien ; qu'il vienne un moment à nous manquer, nous sommes perdus : et cependant, pour exciter i^otre zèle et notre vigilance à Timplorer ce secours du det

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