DEUXIÈME PARTIE
Il y a, chrétiens , dans notre religion, une chose bien particulière, et que vous n'avez peut-être jamais remarquée. Quand on nous instruit au christianisme, et qu'on nous donne les premiers éléments de la foi , par où commence-t-on ? Par ce qu'il y a de plus relevé et de plus difficile à croire , qui est le mystère de la Trinité. Dans les sciences humaines , on enseigne d'abord les choses les plus communes et les plus aisées , et puis on élève peu à peu l'esprit aux plus obscures et aux plus sublimes. Mais quand il s'agit de la science d'un chrétien, la première leçon , c'est le précis de toutes les obscurités qui s*y rencontrent ; il faut, pour ainsi dire , que la foi fasse son apprentissage par son chef-d'œuvre, savoir, par la confession d'un Dieu en trois personnes. Vous voulez apprendre à un enfant les principes de la doctrine chrétienne : c'est un enfont, il ne sait pas encore raisonner, à peine a-t-il l'usage de la parole ; cependant que lui dites-vous? Trois personnes et un seul Dieu , voilà l'instruction que vous lui faites. Mais c'est llnstruction la moins proportionnée à son esprit, mais c'est celle dont il est le moins capable, mais c'est celle par où finissent les plus savants