‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 112 sur 225 · SUR LA TRÊS-SAEVTE TRINITE · texte numérisé non relu

SUR LA TRÊS-SAEVTE TRINITE

théologiens : il n^mporte, c'est à cela qu'il fiaut s'attacher avant tout le reste; et pourquoi? Ah! chrétiens t en voici la raison : parce que la foi des trois personnes divines est le fondement de toute notre espérance , la source de tous nos mérites , le principe de toute sainteté, et, pour m'expliquer dans les termes du concile de Trente , le commencement et la racine de toute la justification des hommes : InUium et radix toUui jusf^ficationis nostrm. (CancU. TridetU.) Peut -on être sauvé sans la fol? Non. Mais quelle est la foi essentielle et nécessaire? Celle de la Trinité. Tous les autres mystères de la créance catholique, hors Fincarnation du Verbe, n'ont pas le même avantage. Je pourrais absolument les ignorer et me sauver : pour celui qui comprend un Dieu en trois personnes, si je l'ignore , je n'ai rien à attendre de Dieu ; et si je le crois, j'en espère tout. J'avoue, et je l'ai dit, que ce premier acte de religion par lequel nous confessons que trois ne taat qu'un , est le plus grand effort de la foi : mais c'est pour cela même que Dieu en a fait dépendre tout notre bonheur. U voyait bien la violence qu'il y aurait à se faire pour assujettir nos esprits à ce mystère : et voilà pourquoi il a arrêté, dans le conseil de sa sagesse, que la foi de ce mystère serait le principe de tous nos mérites devant lui , et de notre étemelle prédestination.

El en cela, dit saint Chrysostôme, Dieu nous a traités avec la même bonté dont il usa autrefois envers son serviteur Abraham. Ce patriarche, vous le savez , s'était mis en devoir de sacrifier son propre fils, malgré les répugnances que la nature formait dans son cœur. Il était prêt à frapper le coup; mais Dieu en fut touché, et ne voulut pas avoir moins de libéralité pour Abraham , qu'Abraham n'avait eu pour lui de fidélité. Quia fecisti hanc rem, et non pepercUti unigenito tuo propter me, tàuUîplIcabo semen tuum {Gefies.j 32) : Parce que tu as fait cela, lui dit le Seigneur, et que tu n'as pas épargné ton fils unique pour moi, je multiplierai ta postérité , je te comblerai de bénédictions , je te forai le plus riche et le plus puissant de la terre; •t cette obéissance que tu m'as rendue sera suivie de toute sorte de prospérités. Cest ainsi que Dieu dit aujourd'hui à un chrétien : Parce que tu as cru un mystère si fort au-dessus de toi et de toutes les idées humaln«s, Quia fecisti hanc rem, et que tu as sacrifié ton unique, [c'est-à-dire ton esprit et ta raison, et non pepercUti unigtmito tuo, c'est pour cela que je te remplirai de grâces , que je multiplierai le mérite de tes actions , que je t'adopterai parmi mes enfants, que je t'enrichirai de vertus, que je te sanctifierai et que je te glorifierai. Car cette foi que tu as profossée est le petit grain de l'Évangile,

tous les fruits de gloire que tu dois recueillir dans, l'éternité. Et voilà, chrétiens , pourquoi la formule de foi que nous' prononçons en confessant la Trinité, et qui est conçue en ces termes. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, est si sainte, si auguste, si vénér^le dans notre religion. Voilà pourquoi , selon l'institution de Jésus-Christ , elle entre dans presque tous les sacrements de la loi de grâce. Car si nous sommes régénérés dans le baptême, c'est au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit; si nous sommes fortifiés par la grâce de la confirmation , c'est au nom du Père , et du Fils, et du Saint-Esprit; si nos péchés nous sont remis par la pénitence , c'est au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; si nous sommes consacrés par le caractère de l'ordre , c'est au nom du Père, et du FUs, et du Saint-Esprit ; si nous recevons la bénédictien des prêtres, des pasteurs, des prélats , c'est^tû nom du Père, et du Fils, et du Saiut<J^spMt : pour nous apprendre, dit saint Augu^tfû , que dans le christianisme il n^ a point de grâce, point de salut, point de justification que par la foi de la Trinité.

De là vient aussi que, suivant la sainte et religieuse coutume, nous mettons à la tête de toutes nos actions cette profession de foi; n'entreprenant rien, n'exécutant rien, que nous n'ayons auparavant marqué sur nous le signe de la croix, avec ces paroles : Au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit ; reconnaissant que le mérite de notre action dépend de là, et que sans cette foi tout ce que nous allons faire serait inutile, rejeté de DiM et perdu pour leeiel. Pratiqueqiif noua est venue des apôtres» dont la tradition est constante, que les fidèles ont toujours gardée, et que nos nérétiques n'ont pu condamner sans faire paraître qu'ils étaient déterminés à condamner tout. Car enfin , qu'y a-t-il de plus conforme à l'esprit chrétien , que ce saint exercice d'invoquer la Trinité, et de nous Imprimer nous* mêmes sur le front le signe de notre salut au commencement de chaque action? cela néanmoins leur déplaît, et un des articles de leur prétendue réforme a été d'en abolir l'usage : mais c'est pour cela même que l'Église a témoigné encore plus de zèle à le retenir et à robserver. Cest pour cela qu'elle commence ses divins offices par la foi du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; que toutes les prières qu'elle adresse à Dieu par forme de demande , expriment toqjomn ces trois divines personnes ; qu'elle ne chante pas un psaume, une hymne, un cantique, sans les conclure par là; que plus de cent fois le jour elle nous oblige, nous qui sommes les ministres de ses autels, à répéter ce sacré verset. Gloire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit, parce qu'elle sait bien que nous ne pouvons rien dire à Dieu de plus agréable

lequel ayant pris racine dans ton cœur, poussera ses ni qui soit plus propre à lui gagner le cœur, et que branches jusqu'à la hauteur du ciel, et produira ' cette prière seule a plus de vertu et jOurirerorce

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