SOS
qoe toutes les autres pour nous sanctifier. Ainsi elle voudrait que nous pussions la faire continuellement , et que jour et nuit notre bouche fût occupée à dire. Gloire au Père, gloire au Fils, gloire au Saint-Esprit, à Texemple de ce saint solitaire qui , s*étant placé sur une haute colonne, où il demeura plusieurs années, n'avait point d'autre exerdce que celui-là.
Ah ! chrétiens , permettez-moi de prendre ici occasion de TOUS instruire sur un point d'une grande utilité, quoique peut-être vous ne l'estimiez pas tel. Si toutes les fois que vous et moi nous avons prononcé ces vénérables paroles, Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit ; ou celles-ci , Au nom du Père , et du Fils , et du Saint-Esprit, nous Pavions fait avec le même respect et la même affection que ce saint anachorète, combien de mérites aurionsnous acquis devant Dieul si nous étions bien remplis de cette pensée, moi qui vous parle, et vous qui m'écoutez, nous les dirions sans cesse par une solide dévotion, et comptez quel fonds de richesses sphrituelles elles nous produiraient. Car ces courtes paroles renferment les actes les plus méritoires de toute la religion. Mais parce que si nous les disons , c'est sans réflexion et avec une imagination ^arée , pensant à toute autre chose, ou ne pensant à rien, nous avons beau les dire, et confesser ainsi la Trinité, peut-être ne nous ont elles pas procuré un seul degré de grâce. Ce qui doit encore plus nous toucher, c'est qu'en prononçant ces paroles sans attention , nous faisons injure aux trois personnes à qu! elles s'adressent : non-seulement nous ne louons pas ta Trinité, mais nous la déshonorons ; non-seulement nous perdons ce trésor de grâce que nous pouvions acquérir, mais nous amassons contre nous un trésor de colère. Car ces noms de Père, de Fils et de Sain^Esprit sont des noms divins, des noms de gloire et de majesté, des noms terribles à l'enfer, des noms souverainement respectables pour nous , et par conséquent ^fuime doivent jamais passer par notre bouche sans que notre esprit et notre cœur les accompagnent. Que dis-je? ce sont des noms encore plus aimables que redoutables, des noms de salut, et par là même plus dignes de Fattention de nos esprits et des sentiments affectueux de nos cœurs. Appliquez-vous, chrétiens, à ma pensée. Quand nous nous trouverons au lit de la mort , et que le prêtre, dans les derniers moments de notre vie, viendra soutenhr notre âme prête à paraître devant Dieu, et former des vœux pour elle, quel nom emploiera-t-il pour rendre ses vœux plus efficaces? Les noms du Père, et du Fils , et du Saint-Esprit. Prqficiscere , anima chrUHana (Ex Ord. comm. anim,) : Partez, âme chrétienne, dira le ministre de l'Église; partez au ûom dn Père qui vous a créée, au nom du Fils qui
vous a rachetée, au nom du Saint-Esprit qui vous a sanctifiée : noms tout-puissants pour mettre en fuite les légions infernales, pour rendre inutiles, tous leurs efforts, et pour attirer sur nous, dans, ce passage si dangereux , les grâces et les secours du; ciel. Il y a plus encore : car quand ensuite le même; ministre, s'adressant à Dieu, lui recommandera l'âme du mourant, de quelle raison se servira-t-il. pour toucher en sa faveur la divine miséricorde?, Peut-être, mes chers auditeurs, n'y avez- vous jamais fait réflexion, peut-être ne l'avez- vous jamais entendue : mais elle est capable de réveiller toute votre confiance, et de vous inspirer un zèle tout nouveau pour l'honneur del'adorableTrinité. Écoutez-la.' IJcet enim peccaverlt, tamen Patrem et FUium, et Spirilwn Sanctum non negavU, sedcredidU. (Ex Ord. comm, anim.) Ah Seigneur, s'écriera le prêtre du Dieu vivant, il est vrai, c'est pour un pécheur que j'implore votre clémence; U n'a pas été exempt des faiblesses humaines, et le poids de la fragilité l'a fait tomber : mais du reste, vous savez, mon Dieu, que, tout pécheur qu'il est, il a confessé votre auguste Trinité ; qu'il a reconnu le Père, le Fils et le Saint-Esprit : Tamen Patrem , et Filium, et Spiriium Sanctum non negavity sed credidit; vous savez qu'il s'est intéressé à la gloire de ces trois divines personnes, et qu'en vous adorant , 6 souverain auteur du monde! il les a fidèlemeut et religieusement adorées : Et »elum Dei in se hoMt; et Dewn, qui/ecU omnia,fidelUer adoravU. ( Ibid.) Voyez-vous, chrétiens , eomment la confession de la Tffinité, mais une confession respectueuse, une confession religieuse , est un des plus grands siy ets de confiance que la créature puisse avoir en son Créateur? Finissons; et pour dernière leçon, appre* nous encore comment la confession de cette même Trinité est le motif le plus puissant et le plus excellent modèle de la charité chrétienne : c'est la trotsième partie.