‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 115 sur 225 · SUR LA TBÈS-SAINTE TRINITÉ · texte numérisé non relu

SUR LA TBÈS-SAINTE TRINITÉ

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Je dii qae la créance de la Trinité doit être le liea de notre charité mutuelle ; c*est saint Paul qui nous renseigne. Car, di^il , c*est la foi de ce mystère qui nous unit tous dans un même corps de religion. £ooutez-le, chrétiens, parler lui-même, ce docteur des nations. Ah ! mes £rères , disait*il aux Éphésiens, je TOUS conjure, moi qui suis captif pour Jésus- Oirist : Obsecro vos, ego vincius in Domino {Ephes., 4); et de quoi? de vous aimer les uns les autres, de tous supporter les uns les autres : Supportantes invicem in charUate. (Ibid.) Ayez du zèle pour conserVer parmi tous cette unité cTesprit qui est le principe de la Téritable paix : SotUciU ser* vare unitatem spiritus in vinculo pacis. (Ibid.) Et quel motif leur en donnait-il? sur quoi fondait- il cette obligation? Le Toici. Car, enfin, mes frères, ajoute Tapôtre, tous n'avez tous qu'un même Dieu , TOUS n'avez tous qu'une même foi, vous n'avez tons qu'un même baptême ; vous ne faites tous qu'un même corps, qui est l'Église : n'cat-il donc pas juste que TOUS ayez tous le même esprit? Umon corpus etunus spùitus, unus Dominus , unajides, tmum baptisma. (Ibid.) Cest-à-dire, quelle indignité, que nous unissant tous , comme nous faisons , pour honorer le même Dieu, nous ne soyons pas unis sur tout le reste! dans ce même Dieu,, dans ce même Seigneur, nous reconnaissons un Père dont nous sommes tous les enfants, un Fils dont nous sommes tous les frères, un Saint-Esprit dont nous sommes tous animés : Unta Domlnus. Or, quel monstre, qu'étant tous enfants d'un même père, nous TÎTions ensemble comme des étrangers; qu'étant tous frères du même Fils de Dieu , on ne Toie parmi nous nulle marque de fraternité ; que Toulant tous aToir le même Saint-Esprit , nous fassions paraître des sentiments si opposés? Mais ce que j'admire, poursuiTait saint Paul, selon la paraphrase de saint Chrysostôme , expliquant ce passage, c'est que, ayant bien pu nous accorder tous sur un point aussi difficile que la foi de ces trois adorables personnes , Père, Fils et Saint-Esprit, nous contestions tous les jours sur des bagatelles qui font le sujet de nos inimitiés. S'il y aTait quelque chose où nous dussions aToir de la peine à couTenir, et où l'on pût craindre que les esprits ne fussent divisés , c'était la créance d'un Dieu en trois personnes. Cependant noua le croyons , nous en disons tous la même profession, noos renonçons à tous les doutes et à toutes les difficultés qUe notre esprit pourrait former ; et cela, disons-nous, pour ne pas troubler l'unité de la foi , Una fiées. Hé! chrétiens , n'est-il donc pas étrange que nous rompions celle de la diarité sur des sujets de nulle conséquence , et que nous entre* tenions des animosités et des haines qui détruisent absolument ime des Tcrtus fondamentales du christianisme?

Tel était le raisonnement de l'apôtre saint Paul , pour couTaincre les Éphésiens : Vnus Dominus', ima>ldies; raisonnement qu'il fait encore tant Taloir dans une autre de ses épttres , où , s'adressent aux chrétiens de Corinthe, il leur dit : Qu'est-ce que j'entends, mes frères? on me rapporte qu'il y a des cabales parmi tous, qu'il y a des schismes et des factions ; l'un tient le parti de Paul, l'autre d'Apolio, cehii-d de Pierre : mais quoi? est-ce an nom de Pierre, est-ce au nom d'Apolio, est-ce au nom de Paul que tous aTcz été baptisés? Numquidin no^ nOnePauHbaptisuOiestisfii.Cor., l.)Jereniercie Dieu de ce que je n'ai baptisé personne chez tous, de peur qu'on ne dise que tous êtes baptisés en mon nom : Grattas ago Déo, qmd neminem pesinsm baptitavi, ne<pdsdicatquodinnomlinemeobc^ tizaii estis. (Ibid.) Cestau nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit que tous stcz reçu le bapttae, tous dans la même forme, tous STec le même caractère, tous par Teffioace et la Tsrto de la même Trinité. Or, cela éttfot , tous stcz tous un engagement indispensable à TiTre dans le même esprit; et tous oubliez ce que tous êtes, quand tous laissez naître parmi TOUS des discordes. Remarquez-Tous, chrétiens, comment saint Paul fondait le dcToUrde la charité sur la foi de la Trinité? Unafides, unnan baptisma. En effet, s'il y a un motif qui doiTC nous engager à nous aimer fraternellement, c'est cette unité de créance et de foi. Comme la différence de religion a toujours été, pour ainsi dire , le glaive de division parmi les hommes, jusqu'à rompre Mrtièrement les liens les plus invielaWas de la nature , aussi de tout temps a-t-on considéré l'um'té de religion comme le plus sacré nœud de Famitié. Il n'est pas jusqu'à nos hér^ques qui ne le pensent de la sorte. Dès là qu'ils font secte, et qu'ils composent une Église prétendue , ils commencent à s'entr'aider. Vous en êtes témoins, mes chersauditeurs,etT0us saTezcomment ils sont unis ensemble, comment ils prennent les intérêts les uns des autres, comment ils se prêtent secours dans leurs besoins , comment leurs pauTres sont assistés, comment ils visitent leurs malades. Qui Élit cela ? ce n'est pas l'unité de la foi, puisque hors de l'Église ils ne peuTcnt SToir la foi ; quoi donc? l'unité d'erreur, l'unité de mensonge, Funité de schisme. Ce petit troupeau où ils sont tous ramassés, Toilà ce qui les lie , Toilà ce qui arrête toutes leurs querelles, Toîlà ce qui termine tous leurs différends, Toilà pourquoi ils s'appellent frères et se comportent en frères. Quelle honte, que Tunité de la foi où nous tItous fasse moins sur nous, que ne fait sur eux l'unité d'une fausse réforme I U en Ta néanmoins ainsi : ils s'unissent, et nous nous diTisons; ilsse rendent des offices de frères, et nous nous traitons souTcnt en ennemis; ils le Toient , ils>'aii étonnent, ils en sont scandalisés; ils nousistèpro-

SUR lA TRÈS-SAINTE TRINITÉ.

fjlM9Dt mime. Or, à qui est*ce de &ire cesser ce repioehe, qu'à nouMnémes? et il cessera dès quela charité entrera dans nos cœurs; cartoutes ces haines, toutesces enyies , tous ces désirs de yengeance , tous ces mépris que nous faisons du prochain, tontes ces paroles aigres et piquantes qui nous échappent, tout cela s'éTanonirait bientôt, si nous avions la vraie charité. La foi d*un Dieu en trois personnes en doit être le motif, et j'ajoute qu*elle nous en présente encore le plus parCait modèle.

Quand je vous ai dit, mes frères, en d'autres discours, que le Fils de Dieu nous avait obligés à nous aimer les uns les autrescomme il nous a aimés, Mandatum îuwum do vobis, ta diligatis invicem, siad dUexi vos ( Joàn . , 13 ) , vous ne croyiez pas que la charité pût être portée plus haut. Cet amour d'un Dieu sacrifié pour le salut des hommes vous paraissait le dernier terme où Tamour du prochain pût s'élever. Mais voici quelque chose encore de plus grand : car il faut nous aimer comme les trois personnes de la Trinité s'aiment; comme le Père aime le Fils, comme le Fils aime le Père, comme le Père et le Fils s'aiment dans le Saint-Esprit. Tel est l'exemplaire qui nous est aujourd'hui proposé : Inspice etjac iécundum exemplar* {Exod., 35.) Et par qui nous est-il proposé? Par Jésus-Christ même, l'oracle et la sagesse de Dieu. PeUer sancte, disait-il, parlant à son Père, servait in nomine tuo qwis dedisU mihi, ut siiU unwn sUnU et nos (JoÀN. ,17); Mon Père , je vous offre tous mes élus , tons mes fidèles , tous ceux que vous m'avez donnés à instruire : conservez-les par votre grâce, afin qu'ils soient un comme vous et moi. Que veut-il dire, et comment arriverons-nous à cette perfection ? Le Père et le Fils ne font qu'un même Dieu dans la Trinité; le Fils est consubstantiel au Père, le Père est la même substance que le Fils ; quelle charité nous peut unir de la sorte? Ah! répond saintAugustin , ce que le Sauveur du monde a voulu nous faire entendre , c'est que nous devons être par-, faitement unis de«œur et de volonté; que nous devons être par grâce et par imitation , ceque les trois divines personnes sont par nécessité de leur être; que, comme il n'y a rien qui ne soit commun entre elles, aussi la charité du christianisme doit nous faire renoncer à tous nos intérêts propres; que de même que le Fils de Dieu, disait à son Père, Pater, omnia mea tua sunt^ et tua mea sunt (Id.); Tout ce qui est à moi est à vous, et tout ce qui est à vous est à moi ; de même il faut que nous soyons prêts à dire à nos frères : Ces biens que Dieu m'a donnés sont pour vous aussi bien que pour moi; et ces misères que vous souffrez sont les miennes aussi bien que les vôtres. Que serait-ce que le christianisme, si cette ebarité y régnait? que sermt-ce que tant de lamilleSfSilespèreset les enfants, si les maîtres et

les domestiques , si le mari et la femme , si les frères et les sœurs gardaient entre eux ce parfait accord ? Au lieu de ces troubles qui y mettent la confusion , au lieu de ces procès qui les désolent, au lieu de ces états scandaleux qui les décrient, elles se. soutiendraient, et dans un repos inaltérable, elles goûteraient toutes les douceurs d'une paix chrétienne. Alors, plein de consolation, j'aurais de quoijVous féliciter, et je m'écrierais avec le prophète : Quam bonumetquamjucundum haMare/raires inanum!

(Psalm. 1840 Quel bonheur pour ces chrétiens, quel bonheur pour ces maisons , de vivre dans une concorde qui y entretient le calme, et qui y fait fleurir la piété!

Mais que voyons-nous ? Tout le contraire , et c'est ce que nous ne pouvons assez déplorer. Point d'union dans le christianisme, et même entre ceux que les lois de la nature les plus inviolables et les plus sacrées devraient tenir étroitement liés les uns aux autres; je veux dire, point d'union : entre qui? souvent entre des proches, souvent entre des frères et des sœurs, souvent entre des pères et des enfants. Je dis plus : Point d'union, souvent entre des ministres de Jésus-Christ, qui, par état néanmoins et par profession, doivent être des ministres de paix; souvent entre des personnes consacrées au Dieu de la paix par les vœux les plus solennels, portant le même habit et vivant sous la même règle. Voilà ce que nous voyons : et pourquoi? parce que nous ne savons pas, ou plutôt, parce que nous ne voukms pas nous former sur le grand modèle que la foi nous met devant les yeux. Prenez garde : dans l'adorable Trinité, point de sentiments oppo* ses ; ce que veut une personne divine, les autres le veulent; mais parmi nous, ce sont des contradictions éternelles; soit bizarrerie d'humeur, soit malignité de naturel soit hauteur d'esprit et fausse gloire qu'on se fait de ne céder jamais, quel que puisse être le principe du mal, on a ses idées particulières, et l'on veut qu'elles prévalent à tout; on a ses caprices, et l'on veut qu'ils soient suivis en tout. Et parce que nous ne trouvons pas toujours des gens assez dociles pour s'asservir à nos caprices et à nos idées; parce que chacun, au contraire, prétend dominer, se faire écouter, l'emporter; da là les contestations et les disputes, de là les guerres qui commencent par l'esprit et qui finissent par le cœur, de là les aigreurs et une maligne détermination à se butter toujours les uns contre les autres. Cest assez qu'un td ait parlé de telle manière, pour engager un tel à tenir un langage tout différent; c'est assez que celui-ci estime telle chose, pour porter celui-là à la condamner : comme si l'on n'avait point d'autre rè^Ie ou pour penser, ou pour agir, qu'une aveugle obstination à ne s'accommoder au gré de personne, et à ne convenir avec personne.

Dans Fadorable Trinité, point d'intérêts séparés; mais parmi nous mille intérêts qui nous divisent. On ne pense qu*à soi-même, on n'a égard qu'à soimême, on rapporte tout à soi-même. Et comme cet mtérêt propre, auquel on est résolu de ne rien refuser, ne peut souvent s'accorder avec l'intérêt du prochain, il n'y a point d'injustice et de violence à quoi l'on ne se porte , pour écarter ou pour détruire tout ce qui pourrait £adre obstacle et arrêter les desseins qu'on a formés. De là les mauvais tours» les trahisons, les faux rapports, les médisances, les calomnies, les chicanes, les procès, toutes les vexations qu'inspire la cupidité et qui ruinent la charité. C'est sur quoi Tapôtre s'expliquait encore avec tant d'éloquence et tant de zèle en parlant aux Corinthiens. Il avait appris qu'ils s'appelaient les uns les autces devant les tribunaux de la justice pour terminer leurs différends; et là-dessus que leur disait-il? Ah 1 mes frères, que ne souffrez-vous plutêt l'injure qu'on vous fait? Quare wm magie i»juriam accipUisf (1. Cor,, 6.) Que ne souffrez-vous plutôt le dommage que vous recevez? Quare nom magis fraudem patiminif Mais bien loin, poursuivait le saint apôtre, d'être ainsi disposés à pardonner et à souffrir, vous vous outragez mutuellement, et vous travaillez à vous entre-détruire : Sed vos ivjwriam fadtU et fraudatU, (Ibid.) Ce qui le touchait davantage, et ce qu'il leur reprochait plus vivement, c'est que des frères, que des chrétiens, se traitassent de la sorte : Et hoc fratribus. (Ibid.) Comme s'il leur eût dit : Que des païens aient ensemble des démêlés, je n'en suis point surpris; ils ont des dieux qui leur en donnent l'exemple : mais nous qui, dans le Dieu que nous adorons, avons le modèle de la plus parfaite unité, d'une unité constante , d'une unité indivisible , d'une unité éternelle, qu'on nous voie former entre nous des partis, des intrigues, des cabales; que pour les moindres intérêts, et pour de viles prétentions dont nous ne voulons rien relâcher, on voie des fidèles s'élever contre des fidèles , parler contre des fidèles , agir contre des fidèles, et Iuk fratribiu, c'est ce qui m'étonne, et ce qui ne s'accorde pas avec le caractère de leqr religion.

Appliquons-nous à nous-mêmes ces reprodies, chrétiens auditeurs; car ils ne nous conviennent que trop : et en quels termes se fût exprimé saint Paul, s'il eût été témoin de notre conduite, je veux dire, de nosanimosités, de nos envies, de nos ressentiments, de nos vengeances, de tant d'éclats scandaleux, qui font le sujet des entretiens du monde, que le monde lui-même est le premier à condanmer ? C'est à vous, 6 Dieu de la charité et de la paix! c'est à vous à maintenir parmi nous l'une et l'autre, ou plutôt à les y rétablir ; car elles ne sont que trop altérées. Père tout-puissant! vous avez formé nos

SUB LE TRÈS^AINT SACREMENT

cœurs, et vous êtes toujours maître de les toorner comme il vous plaît! Fils égal à votre Père, et éternel comme lui , mais fait chair pour nous , vous nous avez rassemblés sous une même loi, et c'est une loi d'amour! Esprit saint, vous êtes l'amour substantiel du Père et du Fils, et c'est par vous que la charité est répandue dans les âmes! Trinité souverainement adorable et aimable, c'est de votre sein que nous sommes tous sortis, et c'est dans votre sein que vous voulez tous nous rappeler! Unissez-nous sur la terre, comme nous devons l'être dans l'éternité bienheureuse, où nous conduise, etc.

SUR

LE TRÈS-SAmT SÀCREMfflfT.

Caro mea vere ett eibuê.

Ma chair est vraiment une viande. Sàirt Jean, chap. s.

Cest ainsi que le Sauveur du monde faisait en deux mots l'éloge de son corps adorable; et c'est, chrétiens, de cette chair toute sainte et toute divine que j'ai moi-même à vous entretenir. Ce n'est point de la personne de Jésus-Christ; ce n'est ni de sa divinité, ni de son âme, mais de sa chair : Caro mea. Et pour en venir d'abord au point que j'ai entrepris de traiter, remarquez, s'il vous plaît, avec moi, que, dans les paroles d«mon texte, le Fils de Dieu, voulant recommander son corps aux Juifs, ne leur dit pas que c'est le temple du Saint-Esprit, que c'est le sanctuaire de Dieu, que c'est le chefd'ceuvre.des mains et de la toute-puissance du Seigneur, mais que c'est une nourriture et une viande : Caro mea vere est cibus. Cependant, cet état de viande et d'aliment n'est-il pas le plus imparfait? U est vrai , mes chers auditeurs, si nous l'entendons de cette viande commune qui sert à réparer les forces et à soutenir la vie naturelle de nos corps; mais une viande sacramentelle , one viande qui , toute matérielle qu'elle est, a la vertu de nous conférer la grâce, de nous donner une vie surnaturelle et toute spirituelle, de nous purifier, de nous sanctifier, c'est ce qui nous la doit rendre infinimttit précieuse , et ce qui en fait l'excellence. Vierge. sainte, c'est dans vos chastes entrailles que ce sacré corps fut conçu; votre chair innocente et pure a été la chair de Jésus-Christ, et la chair de Jésus-Christ a été la vôtre : c'est par l'opération de l'Esprit céleste que cet ineffable mystère s'est accompli , et c'est auprès de ce divin époux que j'implore votre assistance, en vous disant : Ave, Maria.

Le dessein que je me propose dans cg^^lMburs vous surprendra peut^tre, chrétiens'; mais j'ose

SUR LE TRÈS-Si

dire que, d tous routez tous appliquer à le bien eomiH^iidre, il tous paraîtra très-convenable au mystère de ce Jour, et qu'il remplira parfeitement ridée que tous avez de cette £§t6. Je veux vous montrer que c'est aujourdliul par excellence la fôte du corps de Jésus-Christ : Festum corparis ChrUH. Car c'est le titre qu'elle porte, et sous lequel elle a été instituée; et mon dessein est de vous justifier ce titre , en vous faisant voir que le corps de Jésus- Christ ne pouvait être plus honoré qu'il l'est par le mystère de la divine eucharistie : c'est là ma proposition générale. Il faut seulement la réduire à quelques points particuliers, et la partager. Or, pour cela , je considère le corps de Jésus-Christ en deux manières; ou plutôt, je trouve que Jésus-Christ a, tout à la fois, et un corps naturel , et un corps mystique. Son corps naturel, c'est sa propre diair, cette chair dont tt s'est revêtu pour nous; et son corps mystique, c'est rÉgKse, q«'il s'est unie et incorporée selon la doctrhie de saint Paul. Je dis donc que c'est aujourd'hui la grande fête de l'un et de Pautre : pourquoi ? parce que d'est aujourd'hui lout ensemble le triomphe de la chair de Jésus- Christ, et le triomphe de rÉglise de Jésus-Christ. Le Sauveur du monde ne pouvait faire plus d'honneur à sa chair que de l'établir, comme il a feit, en sacrement, et en sacrement le plus auguste de notre religion , qui est l'eucharistie. Et j'ajoute que ce même Sauveur du monde ne pouvait faire plus dlionneur à son Église, qu'en lui laissant sa chair établie de la sorte, et comme érigée en saereraentr Ainsi l'Église et la chair de Jésus-Christ sont^les honorées Téciproquement l'une par l'autre. Car la gloire du corps de Jésus-Christ , c'est d'avoir été donné à l'Église dans le, saint sacrement de l'autel : vous le verrez dans la première partie. Et la gloire de l'Église, c'est d'avoir reçu et de posséder le corps de Jésus-Christ dans ce sacrement : ce sera la seconde partie. Quoique ce %oit là un éloge plutôt qu'une histruction , nous pourrons néanmoins en tirer de solides conséquences pour l'édification de nos âmes. Commençons.

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