‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 130 sur 225 · TROISIÈME SERMON · texte numérisé non relu

TROISIÈME SERMON

HJE

LA PURinCATION DE LA VIERGE.

Poêtquam impleU sutU die$ purgationis ^ut secundum lâ" gem Mogsij inlerunt illum in Jérusalem , ni suiereni eum JDontino,

Le temps de la iMiriOcatloD de Marte étant aooompU feton la loideMobe, Us portAreotreoCantà lérasalem, pour le prétenter an Seigneur. Saint Luc , chap. 2.

Sire, Cétait une figure que ce qui se pratiquait parmi les JuifiB dans la cér^onie de ce jour, où ils présentaient à Dieu le premier-né de chaque famille; et c'est dans la personne de Jésus Girist, présenté par Marie au Père éternel , que cette figure a trouvé Bon entier accomplissement , puisque ce divin Sauveur, selon l'expression de saint Paul , est par excellence le premier-né de toutes les créatures. Mais en ceci, chrétiens, il est arrivé quelque chose de bien singulier, et de bien remarquable pour votre Instruction. Car au lieu que les autres figures, s'accomplissant en Jésus-Christ, ont cessé pour nous, celle-ci non-seulement a subsisté, mais a reçu comme un nouvel accroissement d'obligation qu'elle n'avait pas du temps de Moïse; c'est-à-dire que Dieu veut que dans la loi de grâce, aussi bien et même encore plus que dans la loi abrite, nous nous présentions à lui pour lui être consacrés; et voilà ce que l'Église a prétendu uous déclarer en nous mettant des cierges dans les mains , comme les symboles du sacrifice que nous devons faire de nos personnes au souverain Auteur de notre être. Car si nous l'avons bien compris, telle est la pensée qu'a dû nous inspirer ce mystère. Nous avons reconnu que nos vies, comme cette dre sanctifiée par la bénédiction des prêtres , devaient être employées au^rvice du Dieu que nous adorons, et consumées pour sa gloire. Nous avons hautement protesté que nous appartenions à Dieu , et que nous ne voulions plus être désormais qu'à Dieu : ou si ce n'est pas ainsi que vous l'avez conçu, il est du devoir de mon ministère de vous le faire comprendre, et de vous instruire à fond d'un point aussi important que celui-là. Vierge sainte, c'est vous qui, dans la présentation de votre Fils, nous mettez devant les yeux le grand modèle que nous devons imiter : obtenez-nous encore les grâces nécessaires pour apprendre à profiter de son oxemple , et daignez écouter la prière que nous vous fiûsQns en vous saluant. Ave, Maria.

Peut-être, chrétiens, n'avez-vous jamais feit toute le réflexion qu'il faujt au mystère que célèbre aujourd'hui l'Église; et peut-être, ne vous attachant qu'à l'extérieur de cette cérémonie, ne vous

êtes-vous jamais appliqués à en pénétrer le fond. C'est donc à moi de vous en donner toute l'intelligence nécessaire , et voici sans doute un des sujets les plus importants que j'aie jusqu'à présent traités dans cette chaire, et que j'y puisse traiter : car il s'agit d'étudier le christianisme dans ses premiers éléments , selon le langage de l'apôtre ; il s'agit d*éta« dier Jésus-Christ même, et de l'imiter dans une des plus grandes et des plus saintes actions de sa vie , qui est la présentation. Nous avons paru comme lui dans le temple du Seigneur, et cette fête, qui était la fête des Juifs, est encore plus la nôtre; mais il est question de voir comment nous la solennisons et si nous en avons bien pris l'esprit : de là dépend votreé difîcation et la mienne, et sans cela je ne satisferais qu'imparfaitement à ce que demande ici de moi mon ministère. Comprenez, s'il vous plaît, le dessein de ce discours. Jésus-Christ dans ie temple se présente à Dieu : pourquoi ? pour reconnaître et pour honorer le domaine de Dieu ; car voilà ce qui nous est expressément marqué dans ces paroles de mon texte : Ut sisterent eum Domino; pour Foffrir au Seigneur , c'est-à-dire au souverain Maître de toutes choses. Or, c'est ainsi, mes chers auditeurs, que nous avons dû ou que nous devons nous offrir nous-mêmes; et pour vous expliquer en trois mots toute ma pensée, je trouve que ce suprême domaine de Dieu a trois qualités principales et trois caractères qui le distinguent : c'est un domaine essentiel , c'est un domaine universel , et c'est un domaine étemel. Domaine essentiel , fondé sur la nature même de Dieu ; domaine universel qui, sans exception et sans bornes , s'étend à tout; enfin, domaine étemel, qui n'eut jamais de commencement et qui ne doit jamais avoir de fin. Sur cela je reprends et je dis : domaine essentiel que uous devons reconnaître , comme Jésus-Christ, par une sincère oblation de nous-mêmes; ce sera la première partie : domaine universel que nous devons reconnaître, comme Jésus-Christ, par une entière oblation de nous-mêmes ; ce sera la seconde partie : domaine étemel que nous devons reconnaître, comme Jésus- Christ, par une prompte oblation de nous-mêmes ; ce sera la conclusion. Trois points de morale d'ime conséquence infinie et que je vais développer.

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