TROISIÈME PARTIE
Quelque diversité d'événements qu'il y ait ^bns le cours de la vie des bommes , c'est une vérité in^ dubitaMe ^ que tout oontrU^ue au bien de ceux qui dàWBtéL Dieu; et nous savons, disait l'apôtre , que cela même est une marque du choix que Dieu a fait de leurs personnes en les prédestinant pour être saints : Scimtts quonàani cUUgeniibus Dewn omnia cooperaniêir in bonwn>, iis qui secundum propaitum vo€€Ui êunt sancti, (Rom., 8.) Or, voilà, mes chers auditeurs, ce qu'ont éprouvé ces bienheureux dont nous honorons la mémoire; tout a contribué à leur avancement et à leur saiuf étemel. Car le monde, par un merveilleux effet de la grâce de Jésus-Christ , a visiblement contribué à leur sanctification ; et ce qu'ils étaient sékm le monde, j'entends leur condition, sans être en soi différente de celle
des païens, par l'usage qu'ilé en ont fait, n'a pas laisté de servir à les rendre de peir&fts chrétien^; pourquoi ?appliquex^vous à eette^^cellente morale de saint Paul : purce qu'il est constant que les saints ont trouvé dans leur coatHtkiù dé poissante mttîft pour s'axiàtw et s'aaltfei' à là |>tatique de lenrrel^iQii;pflroequi1lest vrtd^e leur eondJtioa leUrafMnin fbsf moyens de glorifier Dieu, dont ihiotttaïadnHraUementproAtsrii l'avatt^agedeleur rdigiou; parce qu'un de leui»^remiers BiiAm a été de bien ménager les croix et les peroei inJBtépiaràbkJii de leur condltiOB poui^ en Mrs la matière de leoir patience , et des sacrifices qu'ils ont eu'le ïonhcnr d'offrir à Dieu dans Tesprit de leur rëllgfoh : pensées touchantes que je ne fais que vous proposée, et à çioi je réduis la dernière idée quefàî prétendu vous donner de la science des saints.
Ces prédestinés et ces éhis de Dieu ont trouvé dans le monde même et dans leur condition, quoique mondaine, de puissants motifsi pour s*exciter à la pratique de leur religion : c'est-à-dire, ce qui leur condition les obligeait à feire pour le monde, leur a appris, mais vivement et sensiblement, ce qu'ils devaient à Dieu , leur a £Bât porter avec jofè et avec douceur le joug de Dieu, leur a fait aimer fendrement la loi de Dieu, leur a fait eaàMSëéi généreusement ce qui leur a paru de phis sévère dans l'accomplissement des ordres de Dieu , leur a ftit sentir et goâter délicieusement le bonheu^qu'H y a d'être à Dieu. En fallait-y davantage à ces saints de! la terre ? car c'est ainsi que les appelle l'Écriture : SanetU 9ut in terra suntejus. (Ps. iZ.) EnefiTet^ dit saint Augustin , ils ont été les saints de la terre avant que d'être les citoyensdu ciel. Arrêtons-nous encore à ceux qui , après avoir passé dans le monde par les mêmes états que vous , doivent être les modèles de votre conduite. Leur en fallait-il, dis^e, davantage pour leer inspirer tout le tiHe qu'ils ont eu dans le service de Dieu , que la réflexion qu% faisaient sur la manière dont on sert les grands dé la terre, et dont ils les servaient eux-mêmes? On s'étonne qu'il y ait eu des saints à la cour, et moi je prétends que c'est la cour même, où, par Por^ dre de Dieu , ils se trouvaient attachés , qui les fa!« sait saints. Oui, la coui^ les formait à la religion ; la cour, qui pour tant d'autres a été et est si souvent une école d'impiété , par un don singulier de Dieu, apprenait à ceut-ci le christianisme et les élevait à la sainteté. Comment cela? rien de plus naturel ni de plus simple. Attachés à la cour par leur condition, ils avaient honte de n'avoir pas pour Dieu une obéissance aussi prompte et une fidélité aussi inviolable que celle dont ils se piquaient à l'égard de leur prince, et cette comparaison les portait à tout entreprendre; ils se reprochaient avec douleur d'être moins vifs et moins empressés pour
POUR LA FÉÎTE DE TOUS LES SAWTS
le Dieu de leur salut que pour le mattre de qui dépendait leur fortune temporelle; et, à force de se le reprocher, ils parvenaient enfin à pouvoir se rendre le témoignage favorable que leur consdence sur ce point exigeait d*eux, et où consistait pour eux le capital et Tessentiel de la religion. Je veux dire, ils parvenaient enfin à avoir pour Dieu cet amour de préférence si nécessaire au salut, et néanmoins si rare à la cour; mais Dieu qui les avait choisis Youlait que la cour niéme le leur enseignât, et leur en fournît un motif auquel ni leur raison ni leur foi ne pussent résister; et quel était ce motif? je le répète : l'application sans relâche avec laquelle ils fusaient leur cour à un homme mortel , la disposition sans réserve à n'épargner rien pour lui plaire , le parfait dévouement à ses intérêts , la soumission aveugle à ses volontés , Tinfatigable assiduité auprès de sa personne, Tattention à mériter ses bonnes grâces, Tambition d'être à lui, la crainte d'être oubliés de lui , beaucoup plus d'en êtve disgraciés et réprouvés, tout cela c'^t pour les saints autant de leçons du culte suprême et de l'amour souverain qu'ils devaient à Dieu ; et ces leçons bien étudiées, bien méditées , bien appliquées , faisaient sur eux des impressions qui les sanctifiaient. De même on est surpris qu'il y ait eu des hommes, qui, dans la profession des armes , soient arrivés à la sainteté ; et moi je dis que rien ne pouvait mieux les disposer à la sainteté que la profession des armes. Comment les Maurice, les Sébastien, lesEustache, l'y ont-ils trouvée ? Ils devenaient sans peine les martyrs de Jésus-Christ et de leur religion, en se souvenant combien de fois ils avaient été les martyrs de leur condition , lorsque tant de fois dans les combats ils s'étaient exposés à la mort, pour ne rien faire d'indigne de leur naissance , et qui intéressât leur honneur. Ainsi leur condition leur enseignaitelle, les engageait-elle, les forçait-elle malgré eux, non-seulement à avoir de la religion, mais à pratiquer tout l'héroïque de la religion. Car pour avoir ime parfaite religion , il faut savoir parfaitement obéir ; il faut savoir se sacrifier, il faut savoir se renoncer. Or, c'est ce qu'on ignore partout ailleurs, mais ce qu'un mondain brave dans la guerre ne pourra Jamais dire à Dieu qu'il ait ignoré. Il est donc certain que sa condition kii apprend malgré lui la sdence des saints; et ceci , par proportion , convient à tous les états qui partagent la société des hommes , puisque diaque condition , quand on en sait user comme les saints, a une grâce particur lière pour coopérer, par de semblables motîâ, à la sainteté de ceux que Dieu , selon les vues de sa sagesse, y a destinés.
Ce n'e^ pas tout : indépendamment des motifs, j'ai dit que les saints ont trouvé dans leur condition des moyens de glorifier Dieu j dont ils ont su avan-
tageusement se prévaloir pour acquérir tout \t rite de leur religion ; et je n'en veux point d'autre preuve que l'histoire de leur vie. Combien y en a-t- 11 dont la sainteté n'a été si éminente ni si éclatante , que parce qu'ils ont eu dans leur condition des oo^ casions de ûûre pour Dieu de grandes choses? Ils avaient dans le monde de la qualité (ne quittons point ce qui vous est propre , et qu'il n'y ait rien de vague dans cette morale) ; ils avaient dans le monde de la qualité, delà dignité, de l'autorité; comme élus de Dieu , ils ont fait servir tout cela à la piété, à la charité, à l'humilité. Si saint Louis n'eût été roi, aurait-il fait pour Dieu ce qu'il a tait; aurait* il réprimé l'impiété, aurait-il puni le blasphème, aurait-il dompté l'hérésie, aurait-il établi tant de saintes lois ? La rovauté donnait de la force à son zèle,^et son zèle pour Dieu n'avait du succès que parce que la royauté en était le soutien. S'il n'eât été roi , aurait-il laissé à la postérité tant de somptueux monuments de sa tendresse paternelle envers les pauvres ; en aurait-il rempli la France , et y verrions-nous tant de maisons consacrées par lui à la charité publique? sa charité ne subsistait que sur le fonds de sa magnificence royale; et il n'a été le père des pauvres que parce qu'en qualité de roi il a en le pouvoir de l'être ; en un mot, le mérite de ce monarque, et ce que j'appelle en lui la science des saints , c'est qu'il a profité de sa condition pour être le héros de sa religion. Or /il n'y a point de condition dans le monde qui , selon la mesure et l'étendue du pouvoir qu'elle nous donne , n'ait par rapport à Dieu le même avantage; etsi je suis, comme k» saints, fidèle à la grâce et aux desseins de Dieu sur moi, sans être ce qu'a été saint Louis, je trouverai dans ma condition de quoi sans cesse honorer Dieu par ma condition même ; je ne ferai pas des actions d'un si grand éclat que saint Louis ; mais en faisant tout le bien dont je suis capable, je glorifierai Dieu par mon obscurité, comme saint Louis Ta glorifié par son élévation ; car élévation et obscurité , à qui sait et veut s'en servir , ce sont également , quoique différemment , des sujets de san<^fication : dans la médiocrité de mon état , je n'aurai pas les importantes occasions qu'a eues saint Louis , pour me signaler comme lui par une piété héroïque ; mais en pratiquant les vertus communes de mon état, sans être héroïquement saint, je pourrai l'être solidement; sans l'être avec édat aux yeux des hommes, je pourrai l'être avec mérite devant Dieu et dans l'idée de Dieu ; or c'est uniquement ce que les saints ont cherché, et à quoi ils ont rapporté cette science qu'ils avaient n^ue d'en haut : Dédit HHêderUiam sa$ictorum.{Sap,, 10.)
Enfin les saints ont trouvé des croix dans leur condition , et ils en ont fait la matière de leur patience, de leur résignation de tous les saerificei
POUR LA FÊTE DE TOUS LES SAINIS
quUls ont offerts à Dieu dans Tesprit de leur religion : encore une fois, suivant ce principe, faut-il 8*étonner quil y ait en des saints à la cour, et ne fautil pas s*étonner plutôt qu'il y en ait eu et qu'il y en ait si peu ? La condition de ceux qui vivent à la cou r , et que leur devoir y retient , étant, de leur propre aveu , celle où les mortifications sont plus fréquentes et plus inévitables, celle où il y a plus de dégoûts et de chagrins à essuyer, celle où l'on est plus obligé à prendre sur soi et à se contraindre, devrait-il y en avoir une dans le monde plus propre à foire des saints? Trouver tout cela dans sa condition , et n'être pas saint, et ne penser à rien moins qu'à l'être, n'est-ce pas le comble de la malédiction ? j'en appelle à vous-mêmes, mes chers auditeurs, et je suis sûr que , malgré votre peu de foi , vous en convenez. Quoi qu'il ensuit, voilà le secret adorable que l'esprit de Dieu a révélé à ces glorieux prédestinés , qui se sont sanctifiés à la cour. Des mortifications et des chagrins que leur attirait leur condition , ils se sont fait un état de pénitence , non pas , comme les mondains , d'une pénitence forcée , mais d'une pénitence volontaire Y méritoire, sanctificatoire ; les revers de fortune et les disgrâces qu*ils ont eu à soutenir , leur ont inspiré , non pas d'inutiles et de vains dégoûts, mais un généreux et sincère détachement du monde ; les injustices mêmes du monde ont été pour eux un exercice de ce parfait christianisme qui les obligeait de mourir à eux-mêmes; voilà ce que la science des saints leur a appris; au lieu que les enfants du siècle font de tout cela le sujet de leurs plaintes et de leurs murmures, les justes et les amis de Dieu s'en sont fait des sujets de consolation et d'actions de grâces, parce qu'ils savaient bien que c'était là le partage des élus , et que la voie la plus certaine de leur prédestination était de passer par les souffrances, et d'en être réputés dignes. Comme il n'y a point de justes dans la gloire que Dieu n'ait voulu y conduire par là , aussi n'y en a-t-il point qui dans leur condition n'aient trouvé des peines et des afflictions ; et c'est, dit saint Paul , ce qui a le plus contribué à leur sainteté. Contemplons-les donc aujourd'hui comme nos modèles. Quoi qu'il nous arrive de ficheux et de chagrinant dans notre état , disonsnous à nous-mêmes : Qu'ont fait les saints lorsqu'ils se sont vus traités comme moi ? s'en sont-ils pris à la Providence ? leur courage en a-t-ii'été abattu, lear foi en a-t-elle paru ébranlée, et ne se sont-ils pas, au contraire, estimés heureux d'être éprouvés sur la terre , afin d'être éternellement glorifiés dais le ciel.'
Telle est pour nous tous , mes chers auditeurs , la science des saints. Mais c'est à vous, sire, de posséder éminemment cette divine science : car la science des saints , pour un roi , doit bien être d'une autre étendue, et même d'une autre perfection que
■OOBDALOVE. — T. U
pour le commun des hommes. Comme les rois sont les images de Dieu , un roi , pour être saintement roi , doit être , à l'exemple de Dieu , non-seulement saint, mais grand et magnifique jusque dans la sainteté : Magnifiais in sanctUate. ( Exod., 11. ) Il suffit aux autres d'être humbles dans la sainteté, d'être patients, d'être fervents, d'être constants dans la sainteté ; mais il faut à un roi de la grandeur dans la sainteté même, puisque avec une sainteté vulgaire et commune il est impossible qu'il satisfasse aux importants devoirs dont il est chargé comme roi. En effet, si, selon l'évangile de ce jour, une partie de la science des saints est d'être pacifique, la science d'un saint roi, et d'un roi chrétien, doit être, dit saint Augustin, de mettre sa gloire à don^ ner la paix ; doit être d'employer sa puissance et dn n'épargner rien pour établir, pour affermir, pour faire fleurir et régner la paix. Aussi est-ce particulièrement aux princes et aux rois de ce caractère qu'il estditaujourd'hui : Beatipacifici! (Matth.,5.) Or , suivant cette règle, sire, si jamais prince sur la terre a eu droit de prétendre au mérite de cette béatitude, on ne peut douter que ce ne soit Votre Majesté : car elle vient de donner la paix à toute l'Europe , de la manière la plus chrétienne dont jamais monarque chrétien l'ait donnée et l'ait pu donner; je veux dire, au milieu de ses conquêtes , dans le comble des prospérités et des succès dont Dieu jusqu'à la fin a béni ses armes; dans le désespoir où étaient ses ennemis , malgré leur formidable ligue, de pouvoir lui résister, et lorsqu'ils étaient forcés de reconnaître et de confesser que vous étiez , sire, le seul victorieux et le seul invincible. C'est en de si favorables conjonctures que vous avez voulu être le pacificateur du monde chrétien, et c'est ainsi que toute l'Europe vous est redevable de son bonheur. Cest par vous que tant de nations, après une sanglante guerre, vont commencer à respirer; par vous que tant d'églises désolées vont offrir librement et sûrement leurs sacrifices, dans le tranquille exercice du culte de Dieu ; par vous que tant d'États et de royaumes vont jouir d'un profond repos : fut-il jamais un meilleur titre pour avoir part à la béatitude évangélique? Beati pac\fici! Mais j'ose encore , sire , pour ma propre consolation et pour celle de mes auditeurs, ajouter ici le motif qui vous a déterminé à la conclusion de ce grand ouvrage. Car puisqu'il m'est permis d'entrer dans les intentions de Votre Majesté, et puisqu'elle-même s'en est hautement expliquée, elle n'a consenti à la paix que par amour pour son peuple, que par un sincère désir de faire goûter à ses sujets la douceur de son règne, que dans la vue de les soulager; elle s'est relâchée de ses droits pour nous rendre heureux; et ce qu'elle a sacrifié à la paix nous est une preuve authentique de ses soins bien^sants et de
POU* lA COMMEMORATION DES MOETS.
■on attention k nos intérêts. Or, Toilà ce que j'ai appelé , pour un roi dirétien , le mérite de œtte Madtnde dont noas parle le SaoTenr du monde : BmU pac^! et c'est de qnoi fal cru devoir fiSieiter au- Jonrdluii Votre Majesté. Non content d'a*oir été jnsqu'i présent le ptos glorieux et le plus pntasaot de tons lea roii , tous voulez encore , sire , étrt le meilleur détrois^ aprèiffroiréllé, comme conque rant .l'admiration de totû les peuptes, vous voules , pour couronner votre règne, être W père d* votre peuple. Le dïiai-jé',sfre,aveclaTespeetileuselit)erté qne me fait prendre mon miolstèreP votre peuple n'en est pas indigne : Car jamais peuple soua le del n'a tant aimé son roi, n'a été si passionné ponr la gloire de son roi , ne s%t épUiié pour son roi avee tantdezéle, n'abitpour la conservation desbo'rol tant de v<eui à Dieu. Votre Majesté l'a Senti', et die ne l'oubliera jamais : tons les ccèUri slir cdi m sAnt auverts,et le vdtre,Eire, en aété touché. Ce peuple, encore une fois, n'est donc pas Indigne de vos bontés ; et si l'on pouvait les itiér^ter , je dirais qu'il les a méritées par ion attacliement Mans exemple, par sa fidélité à toute épreuve, par Son obéissance smg bornes, par son amour tendre pour Votre M»jesté,£eafl ^Mcf^/ Heureux les pacifiques , et encore plus les paciflcateurs, puisque, malgré les fmx raisonnements dé lé politique mondaine, c'est ce qui fait les saints rois , les roii selon té cœu Dieu , les rois dignes de posséider le royaume de Dieu, A quoi tout le reste sans cela Feur servirà-t-il 7 J'ai été roi , disait âalomoD , et j'ai sàrpassé'^u^les autres rois en grandeur, eh puissancei en richesses, en magnificence; mais j'àl'iWo'cftili pat- lihe longue expérience ((ué tout eéla'.béparé'lllé %i sagesse, n'étaii que vanité, qtie jitïité,' qu'affliction d'esprit. Votre Majesté; stf^, ^'tro^ de lumiËres ponr ne pas penser aujounThùrc^ ^e Suloinon pensait ^lore^et , convaincue aussi Iflén que Mi du Aéànt du monde, elle a trop de reli^oii (wn'r né pas se dire à elle-mi!me qu'elle doit donc chercher bors du monde sou véritable Iranlieurl La scie ace dé gouverner les peuples, la science dé se faire obéir, la science d'accroftre ses États par le nombre de iea conquêtes, voilà ce que Votre Majesté poSsîde d^mi
rofx LE ^in DE LA COMMÉMORATION DES MORTS.
Je toui dli m *értlé qm 4'beaN M t *eiiM , «( tf ot «UMd. où le* itorb entendroDl I& yoiidu Plia d« Dira, et aâ cnu. qui l'cntmlroot iliroaL SiUHT lE4ir, tliap. i.
; C'ett un mystère que Jésus-Christ nous propose aujourd'hui dans l'Évangile, mais un mystère qui , même après la déclaratioa jque Jésus-Qirist nous «n a faite , a encore son ol»curité , puisque les Pères 'de l'Église ne s'accordent pas sur le sens de ce passage: lesansOQt cru, et clest la pensée d'Origène, qu'il faMt l'entendre de la résurrecdon générale, où en effet les morU , pour comparaître devant le tribunid du Fils de Dieu, «t pwir recevoir leur dernier arrêt, Bortiront de Iwrs sépulcres ; d'autres, comme saint Cyrille, l'ont expliqué des résurrections particttliècea , o'««t-Jl<dire , des miracles qu'opérah le Fils de Dieu, lorsqu'eo vertu d'une seule ' paitote il resMsseitait les merte. Saint Augustin l'a pris dans le sens moral dota résurrectiOB spirituelle jet de la justifiotion de* péchAors, qui de morts qu'ils étaient par le péebéi ae sont vivifiés par la I grâce intérienrede îéau»4farist , «t pu ]a vertu de son kaenmeiit- Tnmvezboa,^ chrétiens, i|ae,dsQS un tel pdKâge'dsMnfitaeBts^Ja'm'BUMbeàcequi ' me paratt' lis (duc cOdfonnt k t'e^nit ;de l'Église ; et qiQé , sans Wtrer plus avant dans ja-discussion de oe tO^én, je raè eonteoto de l'apptiquer à la fAte qne Roai oétébreos, ^«0 AofHi, e4 ' MMc eti , çwmdèiMrUdatÊiiUkt-MieeK^^nM Ce*,',c'est enL ce Jout queles morts ont eptendwU voix (ftiFilade IKéu , parce qtifl c'cA eo;» )twquV>Bcofftrt pour lés morts dans vimtetltM 'parties du' monde le saociflce dO'MiTtM'èt da saal^ A JésBs^hrisU Or le ang de Jéâus-C^Hst &'Me vOtx'àusIiUfn-qaale'swg d'Abel , mais'uliit 'toES iiieil'^f«ne>qne leitong ôI'JAcI ', une Tolï qui t)énètlpf<Jasqaed<niB les cieAx','' et qui se fait obârjnsque dans le centre des ablmea de la terre: Oui, mesfrèrat le sang de cet agneau sah's tadié a crié auj<Aird'hi)l ntrnotvoteii; etqu'a- Ml demandé à DMi?Le-8dallÉeineat de oes Ames ddèles, qui , qaoliiBeUpavéeadttleVrs corps et prédestinées, ne laissctn pts^'soafGHr et de gâtiir dfns l'attente de leur béatitude , parce qu'elle* ont icore des rést«8 de ^édiés i «îplér : S'est pour cela qua ce sang dfvin'aétéiminalé; c^ert pour cela qu'il a poussé sa voix, 'preiitièrem«te van le ciel, pour y solliciter Dlea éii fe*eitf de eea Iniea souffrantes, et ensuite jusques au lieu où celrlmMMOH
POUa, UL OOMMËlftORAtlON DES MORTS.
4St
arrêtées, pour kui aimoiMer nieureuBenoirreUe de ; leur liberté , et pour leur dire que Theure est venue . de sortir de leur prison : car c'est ce.qoi se fiiitdans cette solennité plus authenticfoement et phis géoér»lement qu*à nul autre j^ur de l'anùée, puisque c^ lui-cî est uniquement consacré à la mémoire de ces . saintes âmes etau devoir public que nous leur ren^ dons, en ofirant pour elles le saorifice de notn religion : FenUhora, ei nunç eUy quando morM audient vocem FiUipeL Au reste, chrétiens, qui* conque des morts entendra cette voix fgiyorable du sang de Jésus-Christ, il jouira d'une vie bienheureuse : pourquoi ? parce qu'en même temps délivté des liens du péché , il entrera en possession de Théri* tage des enfents de Dieu, où il trouvera une source de vie qui ne finira jamais : Et qtdaudierini, vh>eti$. Voilà de quoi j'ai à vous entretenir, après que nous aurons imploré le secours du Saint*£s|Hrit par Hn* tercession de Marie. Jve, Maria.
Trois choses, selon saint Bernard, font la perfection d'un devoir chrétien, et doivent nécesBairement y concourir , une foi pure pour le connaître , une dévotion tendre pour l'aimer, et des œuvres solides pourl'accom^ir; et trois' choses, selon le même Père, y sont essentiellement opposées, l'aveuglement de l'esprit, l'indifférence du cœur, et l'inutilité des œuvres 2 ràveuglennaitde l'esprit , qui fait qu'on ignore ceéevoir; findifférénoedn ccm|r,qui fiait (^'on y est insensible ; et l'inutilité des oeuvres , qui fait qu'on s'en àlcquitte mai : er^c'est sur ce principe, mes chers audileors, que je fende cedis^ cours , où j'entreprends de vous cngogcb à gpooorii' les âmes de vos frères., que. la mort a séparés di^ vous, et à leur.donner:des.jna«qiie8d«feSrechaf rite , dans l'état malheiatouzioà:jej|raîi vous les rb-> présenter; car voiei tbul.mpadesséîa«Mj^ trouve' dans le christianisme: ilrois aortes ;.de^ personne» qui , par difiérent^Sjtaisens^ ne c^ntiéki^ten rien, au soulagement des âmes du puagiiteke : Jes premiers sont ceux qui necroi^pasjettw.pekies; les^ seconds, ceux qui les croient, mais^ n'ensontpast touchés ; et les d^nûers, ceux méoie qiâ en sont touchés, mais qui n'emploient pas les moyens efScacea pour les soulager : dans le premier rang, jecomprends les libertins et les hérétiques , qui par un esprit d'in-t crédulité rejettent la foi du purgatoire; dans le second , certains catholiques indifférentaet sans cook passion, qui , confessant la foi du purgatoire, ne se>
sententémusd'aucunzèlepourladéiivraocedesâmes que la justice de Dieu y a condamnées ; et dans le troisième, un nombre de chrétiens presque infini , qui , se flattant d'avoir là-dessus tout le zèle nécessaire, n'en ont que les apparences, parce qu'ils ne l'exercent que par des œuvres stériles et vaines , qui ne sont devant Dieu de nul ef&t. Or, pour vom inspirer, autant qu'il m'est possible, la d^otion qui oc-
cupe aujourd%ui tèute l'Église , et dont les âmes du purgatoire fontrltmique obfet,f établirai contre les prenrîers la vérité de celte dé^tion , J'exciterai les seconds à cette dévotion, et je réglerai Tes derniers dans Texereice et Fusage de cette dévotion. Permet- MÉ^nùi de vouk dévéTèppér èrièère nia pensée : ne pâs secourir les âmes dbt pui^{tàt^i«, i>arce qu*on tk'est pas persuadé dés pdora^if élMsouffirent \ c'est Une icobdùité àùsd dëriii^édtfàVIé qù^élle est pleine d'erreur; voilà la première partie : ftre persciaàé des peines que Sôufifrent'Tés'ârnesdià purgatoire, et ne pas s^intéréssc^lt les sèbourir , ie^t une dureté ïtussi cHkâinelle qu'elle est èontràirë à là piété et auxlois mânes de niùmani^; ioilè là seconde partie : étndisposé à leSSftdcMiÀr;^ ne 1^ servir pour cela que de meiyens tneficactis, cTest un désordre aussi èommhn quil est déj^toraMe dans le christianisme; voilà la troisième partte. Là preihière tient lieu d'uaecontroverse, nlafs d^hoie controverse aisée, qui ne fera que vous affermir dans les sentiments orthodoxes tottchantla charité qof^stduéadxmorts: la seconde éera une exhOrtatièn pressante pour vous porter à accomplit fidèlemeilt le devoir de cette charité ; et la dernière , une Instruction pratSqub , pour voua apprendre en quoi doit consister cette charité; c'est tout le sujet de votre attention.
C'est. uù de» caractères' de il^rséufrt d'agfr inirohsidérén&cttf; et saint J^dme rënànqoe fori bien quil suSit, pbar.sepréBérverdel'hétiftîe,^ pour aie pas suivre le torrent du libertina^, drobsmrver les tosses démaréhfà et les égarements) visibles de l'un et de.iiautca&oc,. Voilà: céqui fandtd^abolrd dans le procédé dexeut quly n'étant pas perstfâdésl de la vérilédupiiigatoiré , font profession de ne pas firm pour ks pserta. Car dans cette erriw, tans mime en pénétsev. le fond,.et^ nfen ji^sr^ qne^par les simplts lUttièmB du bon sens, je découvre' troie grands délaittsjdit eeaduite; mais ne 'pensés pas, mes oheiaaoditeurSyfnefpour^'viHis en convaincre, j'entreprenne licl une controverse réglée, ni qu'à force de preutes , je veuille établir la fei du purga- \ toire, centime l'hérétique et le libertin qui la combattent : ce que j'ai en vue est plos eourt et plus édifiant ^ur voua : c«r je veoï seulement vous montrer combien l'hérétique et le libertin raisonnent teal (je dia, supposé même leurs principes), lorsqu'ils refusent dé prier pour les morts : appli-* qne2-vous«
Voici leur premier égarement : ils n'ont point d'assurance, disent-ils, qu'il y ait un purgatoire après cette vie; et n'en ayant miUe assurance , ils ne travaUlent point au soulagement des âmes qui y sont condamnées. Je soutiens que cette conduite 1 est au moins téméraire et impMlente : pourquoi?
POUB LA COBIMÉMORATION DES MORTS.
parce que d*une erreur de spéculatioo , ils tombent parla dans un désordre pratique, en renonçant à Tusage de TÉglise , et comptant pour rien le hasard où ils se mettent de manquer à un des plus importants devoirs de la justice et de la charité chrétienne. Comprenez ceci, s*il tous plaît : car enfin, et les hérétiques , et ceux qui par libertinage de créance entrent sur ce point dans lâirs sentiments , sont for» ces malgré eux de reconnaître que comme ils n'ont point Fassurance quil y ait un purgatoire, aussi n*ont-ils nulle assurance qu1l n'y en ait pas : ils prétendent que FÉcriture ne leur a point révélé Fun ; mais ils conviennent en même temps qu'elle ne leur a point non plus révélé Fautre : cela étant, le témoignage que nous leur rendons de cette vérité catholique; les preuves non-seulement plausibles, mais solides, sur lesquelles nous la fondons; la possession immémoriale où nous sommes de la croire, doivent au moins les tenir dans le doute; et comme, de leur propre aveu, ils n'ont point d'évidence du contraire, ils ne peuvent tout au plus se retrancher que sur Fincertitude. Or, dites-moi si , dans incertitude prétendue de cette vérité, ils sont excusables d'abandonner la pratique et l'usage de toute l'Église , en cessant de prier pour les morts? Étant incertains si les âmes de leurs frères sont dans un état de souffrance ou non, qu'y a-t-il de plus juste que de prier pour eux? le seul doute ne devrait-il pas les déterminer, et en faudrait-il davantage pour les rendre inexcusables, quand ils négligent de satisfaire à ce devoir? H me semble que je ne dis rien que la droite raison ne fasse d'abord sentir.
Mais voyez combien cette raison a de force, surtout dans le sujet que je traite : je demande aux partisans de l'hérésie, me servant contre eux de leurs propres dispositions : Si vous étiez certains , comme nous le sommes, qu'il y a un purgatoire, ne vous croiriez-vous pas oblige aussi bien que nous, à prier pour vos frères dont vous pleurez la mort; et dans l'intention de les soulager, vous conformant à notre exemple, ne feriez- vous pas pour eux tout ce que nous faisons nous-mêmes? Ils en conviennent avec moi : sur cela j'syoute , et je leur dis : Vous ne seriez pas néanmoins sûrs alors que les âmes de vos frères fussent du nombre de celles pour qui l'on peut prier utilement; car elles pourraient être, ou déjà bienheureuses , sans avoir besoin de ce secours , ou éternellement réprouvées et Incapables d'en pn^ter : cessenez-vous pour cela de solliciter Dieu en leur faveur? non; mais, dans le doute où vous seriez de leur sort, vous prendriez le parti le plus favorable : ainsi, pourquoi nous, qui croyons le purgatoire et qui nous en faisons un point de foi, prions-nous pour ces âmes fidèles? parce qu'il se peut.faire, disonsnous, que ces âmes, quoique fidèles , n'ayant pas achevé de payer à Dieu ce qu'elles doivent à sa jus-
tice,8ouffrentaumilieadetflamnié8'()ui les purifient: nous ne savons pas précisément si cela est; mais il nous sufiSt de ne savoir pas non plus prédséiBent si cela n'est point , et de savoir que cela peut être : bien loin que cette incertitude refroidisse notre charité pour les morts , c'est au contraire ce qui l'excite ; et comme dit excellemment saint Augustin, nous aimons bien mieux nous exposer à faire pour ces saintes âmes des prières superflues , que de nous mettre en danger de manquer à celles qui leur sont nécessaires. Remarquezces paroles qui sont décisÎTes, et qui semblent faites pour mon sujet : Melius enim ista viverUium tuffragia Us supererwU animabus , guibus nec prosunt nec obsunt , quam deenaU iis quibusprosunt (Aug.) Voilà comme nous raisonnons, et nos adversaires sont obligés de confesser que selon nos maximes nous raisonnons bien : or je me sers contre eux de cette règle, et je réprends de la sorte : Vous ne savez pas s'il y a un purgatoire; priez donc toujours pour vos frères , afin que s'il y en a un , ils n'y soient pas abandonnés à la rigueur des jugements de Dieu : car la vérité du purgatoire ne dépend ni de votre opinion , ni de la mienne; et quoi que vous et moi nous en croyions, il est ou il n'est pas .«s'il n'était pas, comme il tous platt de le penser, ma prière serait inutile à ces âmes ; mais s'il est, comme je Je crois, vous ne pouvez disconvenir que vous ne soyez coupables envers ces âmes soufrantes; moi qui m'intéresse pour elles, je ne cours aucun risque; mais vous qui les délaissez, vous risquez et pour elles et pour vous-mêmes. Quand vous médites : A quoi bon prier pour les morts , s'H n'y a point de purgatoire? il m'est aisé de vous répondre, que quand mes prières seraient inutiles pour les morts, elles seront toujours méritoires pour moi , parce qu'elles procèdent toujours de la charité qui en est le principe et la fin : mais quand je vous dis que s'il y a un purgatoire , en ne priant pas pour les morts , vous manquez à un des devoirs les plus indispensables de la charité , vous n'avez rien qui vous défende ni qui tous mette à couvert de reproche.
En effet, chrétiens, que diriez-vous (la comparaison est sensible, mais elle en est d'autant plus propre pour donner jour à ma pensée ] , que diriezvous d'une mère affligée et désolée qui , ne sachant , après une sanglante bataille, quel a été le sort de son fils, ni ce qu'il est devenu, se contenterait de le pleurer, sans lui donner nulle autre marque de son zèle? Elle est en doute s'il n'a point été pris dans le combat, et s'il n'est point réduit actuellement dans une dure captivité ; mais on lu! fait entendre qu'en ce cas-là même elle a une ressource aisée, parce que la liberté de son fils ne dépendra que de ses soins , et des poursuites qu'elle fera pour le radieter : que diriez-vous, encore une fois, si cette mère, au lieu de prendre pour cela les mesartt