‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 167 sur 225 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Ce qui rend la &yeur odieuse, c'est de voir un sujet, sous ombre et par la raison seule qu'il est fitvori, dispensé des loia les plus inviolables, exempt de tout ce qu'il y a d'onéreux ; vivant sans peine , tandis qua les autres gémissent; et tellement traité, qu'on peut âkt de lui ce que disait le projbète rojal , parlant dé ceux que l'ii^uité du siècle m élevés aux plus hauts rangs de la fortune humaine : U semble qu'ils ne soient plus de la niasse des hommes, paroequ'ils ne ressentent plus les misères communes des hommes : /n /!a6ore Aornluum non «tm^ > ef cum haminibui nonflageUabmtwr. {Pialm. 73.) YoUà ce qm excite non-seulement la jalousie , mais rindignation et la haine : cv si le favori avait part aux obligations pénibles et rigoureuses des autres sujets; s'il portait comme eux le fardeau ; si, malgré son élévation , on ne Tépargnait en rien, dès là, quelque chéri qu'il fût d'ailleurs , sa faveur ne serait plus un objet d'envie , et nul n^aurait droit de la regarder d'un œil chagrin et d'en murmurer. Or tel est, chrétiens, le troisième et dernier caractère de la faveur de saint Jean. Il a été le disciple bienaimé. J'en conviens; maÎB cet avantage et ce titre de bien-aimé ne l'a point déchargé de ce quMI y a de plus pesant et de plus sévère dans la loi de Jésus- Christ. Au contraire , plus il a eu de distinction entre les autres disciples , plus il a éprouvé les rigueurs de cette loi ; selon qu'il a été favorisé et considéré de son mettre, il a été destiné à de plus grands travaux : de sorte que cette prérogative dont le Fils de Dieu rhonora , bien loin dTétreun privilège pour lui, ne fût qu'un engagement particulier aux croix et aux BOufiPranees. Et c^est, mes chers auditeurs, ce que Jésus-Christ voulut foire entendre, lorsque la mère de ce saint disciple, Rapprochant du Sauveur des hommes et l'adorant, elle le pria d'accorder à ses deux fils les deux premières places de son royaume, et d'ordonner quils fussent assis l'un à sa droite et l'autre à sa gauche : ceci est bien remarquable. Que fit Jésus-Christ? Au lieu de contenter la mère , il se mit à instruire les enfonts , et à les détromper de leur erreur. Allez, leur dit-U , vous ne savez ce que vous demandez : NeseUis qtMpetaUs. (Mâtth. , 20.) Vous pensez que ma £Biveur est semblable à celle des hommes , qui ne se termme qu'à de vaines prospérités, et qu'on ne recherche que pour être plus If eureux en ce monde : or, rien n'est plus opposé à mes maximes. Maispouvez-vous, leur ajouta le même Sauveur, pouvez-vous boire le calice que je boirai, et être baptisés du baptême dont je serai baptisé? Poie$ii9 Mcre eaHoem guem ego bihiturus

«timf (Matth., 20.) Ce calice plein d'amertume qui m'est préparé , ce calice de ma passion , pouvez-vous le partager avec moi ? car j'aime mes élus, mais d'un amour solide et fort; et pour les aimer, je n'en suis pas moins disposé à les exercer. Mon calice donc et mon baptême, c'e8^à-dire mes souffrances et ma croix, voilà d'où ma faveur dépend : voyez si vous pouvez accepter et accomplir cette condition , /'oteiHsfZteomme ils répondirent qu'ils le pouvaient, PossumusdLdJ), quoique Jésus-Christ n'eût rien, ce semble , à exiger de plus, et qu'en apparence il dût être content de leur résolution , il ne voulut pas néanmoins s'expliquer sur le point de leur demande, ni leur en assurer l'effet. Cest la réflexion de saint Grégoire, pape. H ne leur dit pas pour cela : Je vous reçois donc au nombre de mes favons , vous serez donc placés dans mon royaume, vous y tiendrez donc les premiers rangs : non , il ne leur dit rien de semblable ; pourquoi ? parce qu'un tel discours eût suscité contre eux tout le reste des disciples encore Mb\es et imparfaits, et par conséquent ambitieux et jaloux. Il leur dit seulement qu'ils auront part à son calice, et qu'ils le boiront; qu'ils seront persécutés comme lui, calomniés comme lui, sacrifiés et livrés à la mort comme lui .- CdUcem quidem meum bibetis, (Id.) Parole bien capable de réprimer le murmure des uns, et la cupidité des autres. Je sais que les apûtres ne laissèrent pas de s'élever coatresaint Jean et contre son frère : Et audientes deeem indignaH sunt de dudna froMtms (Id.) , mais vous savez aussi la sainte et sage correction que leur fit le Sauveur, lorsque, leur reprochant sur cela même leur grossièreté et leur ignorance dans les dioses de Dieu, il leur remontra que c'était ainsi que raisonnaient les partisans du monde ; qu'il n'en serait pas de même parmi eux , et que Favantage qu'auraient quelques-uns d'être en fiiveur auprès de lui , ne serait point une grêce odieuse comme la £iveur des grands de la terre, parce que celui qui , parmi les siens, voudrait être le premier, devait s'attendre à devenir le serviteur et Pesclave de tous , à être le plus chargé de soins , le plus accablé de travaux, le phis exposé à souffrir , et le plus prêt à mourir. Divine leçon qui calma bientêt les disciples et qui effaça pour jamais^ces impressions et ces sentiments d'envie qu'ils avaient conçus contre la personne de saint Jean.

Et en effet, chrétiens, saint Jean, qui fut le &vori et le bien-aimé du Fils de Dieu , est , à le bien prendre, celui de tous les apêtres qui passa par de plus rodes épreuves. On demande sll a été martyr; et moi , je soutiens qu'au lieu d'un martyre que les autres ont souffert, D en a enduré trois : le premier au Calvaire , que j'appelle le martyre de son cœur; le second dans Rome, que nous pouvons r^rder comme son martyre véritable et réel; et le troisième

POUR LA FÊTE DE SAINT JEAN L'EVANGÉLISTE

dans Texil où il mourut. Que ne souffraît-îl pas, lorsqu'étant au pied de la croix, il vit expirer son maître , couvert de malédictions et d'opprobres, lui qui brdlait de zèle pour cet Homme-Dieu , lui qui en connaissait tout le mérite et toute la sainteté? Ah ! dit excellemment Origène , il n'était pas nécessaire , après cela , qu'il y eût pour saint Jean une autre espèce de martyre ; il ne fallait plus , pour éprouver sa foi, ni épées, ni roues, ni feu; cela était bon pour les autres apôtres, qui n'avaient pas été présents au cruel spectacle du crucifiement de Jésus-Christ : n'ayant pas senti comme saint Jean ce martyre intérieur , il leur en fallait un extérieur , parce que d'une ou d'autre manière, ils devaient être, selon l'expression de l'Écriture, les témoins de Jésus-Christ mourant; mais saint Jean, qui l'avait été au Calvaire , était dégagé de cette obligation, il y avait satisfait par avance; et bien loin qu'il eût été dispensé du martyre, il était devenu par là le premier martyr de l'Église : oui , chrétiens, martyr de zèle et de diarité, de cette charité qui est l'esprit du martyre même, et qui en fait tout le mérite; car, comme raisonne saint Cyprien, ce que notre Dieu veut de nous, ce qu'il cherche en nous , ce n'est pas notre sang, mais notre foi : Non quœrit in nobis sanguinem, sedjidem. (Cypb.) Saint Jean , par l'excès de sa douleur, en voyant Jésus- Christ crucifié , lui avait déjà rendu le témoignage de sa foi ; c'était assez : Jésus-Christ ne demandait plus le témoignage de son sang.

Mais je me trompe : le martyre du sang n'a pas manqué à saint Jean, non plus que celui du cœur; l'Église, autorisée de la tradition, nous l'apprend bien, lorsqu'elle célèbre le jour bienheureux où ce zélé disciple, combattant à Rome pour le nom de son Dieu, souffrit devant la porte Latine : quel tourment ! si nous en croyons Tertullien et le récit qu'il nous en fait ; un corps vivant plongé peu à peu dans rhuile bouillante! cette seule idée ne vous saisitelle pas d'horreur? J'avoue que saint Jean, fortifié d'une grâce extraordinaire, eut la vertu de résister à ce supplice , et que Dieu , par le miracle le plus authentique, l'y conserva : mais, suivant le cardinal Pierre Damien , ce miracle fut un miracle de rigueur, un miracle que Dieu opéra pour mettre saint Jean en état de souffrir et plus longtemps, et plus vivement; un miracle, pour lui faire boire à plus longs traits le calice qui lui avait été présenté, et qu'il avait accepté ; un miracle plus affreux que la mort même; car voilà, chrétiens, si je puis ainsi m'eiprimer, les miracles de la ûiveur de Jésus - Christ, miracles que saint Pierre ne comprenait pas, quand Jésus-Ôirist lui disait , parlant de Jean : Que vous importe, si je veux que celui-ci demeure jusqu'à ce que je vienne ? Si eum volo tnanere danec veniam, quid ad te? (Joan. , 21 .) La conséquence

qu'en tira saint Pierre, fut que Jean , par un prf ▼!• lége particulier, ne mourrait point ; mais , ajoute saint Jean lui-ménie , ce n'était pas ce qu'avait dit le Sauveur ; il avait seulement marqué que Jean ne mourrait pas comme les autres , d'un court et simple martyre , mais qu'il leur devait survivre pour accomplir un troisième genre de martyre à quoi Dieu l'avait réservé. Qud est-îi, ce dernier martyre ? Cest , chrétiens , le rigoureux exil où notre apôtre eut tant de persécutions à essuyer, tant de calamités et de misères : se trouvant relégué dans une Ile déserte, séparé de son Église, arraché d'entre les bras de ses disciples , sans consolation de la part de» hommes , sans soutien , et destitué enfin de toat secours dans une extrême vieillesse, et jusqu'au moment de sa mort

Voilà comment saint Jean fut traité, et voilà qael fut son partage ; c'est donc une erreur d'en prétendre un autre, et l'illusion la plus grossière est de nous promettre que plus nous aurons part aux bon nés grâces de notre Dieu , plus nous serons exempts de souffrir. Dire, Je suis aimé de Dieu , donc fa! droit de lui demander une vie heureuse et tranquille; ou dire, au contraire. Ma vie est pleine de souffrances , donc je ne suis pas aimé de Dieu : raisonnement d'infidèle et de païen. Cda pourrait convenir au judaïsme , où l'on mesurait les faveurs de Dieu par les bénédictions temporelles ; mais dans le christianisme, les choses ont changé de face , et Dieu s'en est hautement déclaré. Depuis l'éublîssement de la loi de grâce , plus de privilèges pour les élus du Seigneur , à l'égard des biens de ce monde, plus d'exemptions pour eux, ni de dispenses à l'égard des croix de cette vie : pourquoi cela? Ahl mes frères, répond saint Augustin, y a-t-il rien de plus juste ? le bien-aimé du Père ayant souffert, était-il de l'ordre que les bien-aimés du Fils ne souffrissent pas? Jésus-Christ, le prédestiné par excellence , ayant été un homme de douleurs, étaitil raisonnable qu'il y eût après lui des prédestinés d'un caractère différent? Il est donc pour vous et pour moi d'une absolue nécessité que nous buvions le calice du Fils de Dieu; mais le secret est qm nous le buvions comme ses favoris , et c'est ce que nous n'entendons pas, c'est ce que n'entendait pas saint Jean lui-même, quand Jésus-Christ lui demandait : Potestis bibere ccUicemf Mais qu'il le conçut bien dans la suite , en souffrant les trois genres de martyre dont je viens de vous parler! Tous les jours, chrétiens, nous buvons malgré nous, sans y penser, le calice du Sauveur : tant de disgrâces qui nous arrivent, tant d'injustices qu'on nous fait, tant de persécutions qu'on nous suscite, tant de chagrins que nous avons à dévorer, tant d'humiliations, de contradictions, de traverses, tant d'infirmités, de maladies , mille autres peines que nous ne pouvons

éviter; c'est pour nous la portion de ce calice qoe Pî<Ni nous a préparée. Nous avalons tout cela, permettez-moi d*user de cette expression, et de quelque manière que ce soit, nous le digérons ; mais parce ^pie nous ne le considérons pas comme une partie du calice de notre Dieu, de là vient que ce calice n'est point pour nous un calice de salut, et c'est en quoi notre condition est déplorable, de ce que buvant tous les jours ce calice amer, nous n'avons pas encore appris à le boire comme il feut; c'est-à-dire à le boire, non-seulement sans impatience et sans murmure, non-seulement avec un esprit de soumission et de résignation, mais avec joie et avec action de grâces , de ce que nous ne savons pas encore faire volontairement et utilement , ce que nous faisons à toute heure par nécessité et sans fruîL S'il dépendait de nous, ou d'accepter ou de refuser ce calice, et que la chose fût à notre choix, peut-être faudrait-il des raisons , et même des raisons fortes , pour nous résoudre à le prendre : mais la loi est portée, elle est générale , elle est indispensable; en sorte que si nous ne buvons ce calice d'une façon , nous le boirons de l'autre ; si nous ne le buvons en favoris, nous le boirons en esclaves; si, comme parle l'Écriture, nous n'en buvons le vin, qui est pour les justes et les prédestinés , nous en boirons la lie, qui est pour 1^ pécheurs et les réprouvés. Ne sommes-nous donc pas bien à plaindre de perdre tout l'avantage que nous pouvons retirer d'un calice si précieux , et d'en goûter tout le fiel et toute l'anertume, sans en éprouver la douceur?

Voilà, chrétiens, la grande leçon dont nous avons si souvent besoin dans le monde ; voilà, dans les souffrances de la vie, quelle doit être notre plus solide consolation , de penser que ce sont des faveurs de Died , qu'elles ont de>^quoi nous rendre agréables à Dieu, et les élus de Dieu; que la prédestination et le salut y sont attachés, et qu'on ne peut autrement parvenir à l'héritage des enfants de Dieu. Gravez profondément ces maximes dans vos esprits et dans vos cœurs ; elles vous formeront , non pas précisément à souf&ir (car où est l'homme sur la terre qui ne souffre pas?), mais à souffrir chrétiennement et saintement. Le pouvez-vous? c'est la question que vous fait ici le Sauveur du monde, après l'avoir faite à saint Jean ; le ponvra-vous et le voulezvous? Pofef^s? Ah! Seigneur, nous vous répondrons avec toute la confiance que votre grâce nous inspire, Oui, nous le pouvons, et nous nous y engageons, Poasumus. Nous ne pouvons rien de nousmêmes , mais nous le pouvons avec vous et par vous ; nous le pouvons, parce que vous l'avez pu avant nous, et qu'en le faisant, vous nous en avez communiqué le pouvoir. Daignez encore nous en don* nér le courage, afin que nous en recevions un jour la récompense éternelle, oill nous conduise, etc.

POUR LA FÊTE DE SAINTE GENEVIÈVE

SERMON

6éS

POUR

LA FÊTE DE SAINTE GENEVIÈVE

It^lrma tnundi elegit Deus, utconfundat/orUa; et ignohilia tnundi et contemptibilia elegit Deui, et ea qum fwn sunlf ut ea quœ sunt detirueret.

Diea a choisi ce qu'il y avait de plus folble dans le monde , poar confondre les forts ; et il a pris ce qa*il y avait de moins noble et de plos mépri8al)le, même les dioses qoi ne sont point, pour déiraire ceUes qui sont Première Épttre aux Corinthiens , chap. I. . . ». '

Tel est, chrétiens. Tordre de la divine Providence, et c*est ainsi que notre Dieu prend plaisir à faire éclater sa grandeur souveraine et sa toute-puis* santé vertu. Si , pour opérer de grandes choses , il ne choisissait que de grands sujets , on pourrait attribuer ses merveilleux ouvrages ou à la sagesse , ou à Topulence, ou au pouvoir et à la force des ministres qu*il y aurait employés; mais, dit Tapôtre des Gentils, afin que nul homme n*ait de quoi s'enfler d'une fausse gloire devant le Seigneur, ce ne sont communément ni les sages selon la chair, ni les riches, ni les puissants, ni les nobles , qu'il fait servir à Texécution de ses desseins ; il prend , au contraire, ce qu'il y a de plus petit pour confondre tontes les puissances humaines; et, suivant l'expression de l'apôtre, il va chercher jusque dans le néant ceux qu'il veut élever au-dessus de toutes les grandeurs de la terre : It^rma mundi elegit Deus, ut conJundat/orHa; et ignobilia mundi etamUmp' tibilia elegit Deus, et ea quas non sunt, ut ea quss sunt destrueret. Pensée bien humiliante pour les uns, et bien consolante pour les autres : bien humiliante pour vous, grands du siècle ! tout cet éclat qui vous environne , cette autorité, cette élévation , cette pompe, qui vous distinguent à nos yeux, ce n'est point là ce qui attire sur vous les yeux de Dieu ; quedis-je? c'est même, selon les règles ordinaires de sa conduite, ce qu'il rejette, quand il veut opérer, par le ministère des hommes, ses plus étonnantes merveilles; mais au même temps , pensée bien consolante pour vous, pauvres, pour vous, que votre condition a placés aux derniers rangs , pour vous que l'obscurité de votre origine , que la faiblesse de vos lumières rend , ce semble, incapables de tout. Prenez confiance : plus vous êtes méprisables dans l'opinion du monde, plus Dieu aime à vous glorifier, et à se glorifier lui-même en vous : Infirma mundi elegit Deus. En voici , mes chers auditeurs , on bel exemple : c'est celui de l'illustre et sainte patronne dont nous solennisons la fête , et dont j'ai fait le panégyrique. Qu'était-ce , selon le mondé ; que Geneviève? Un fille simple et dépourvue de toutes les lumières do la science, une fille faible

POUR LA rÉTE DE SAINTE GENEVIÈVE.

et sans pouvoir, une bergère réduite, on par sa naissance, ou parladiute de sa famille, au pins bas état. Mais en trois mots*, qui comprennent trois grands miracles et qui vont partager d^abord oe discours , je vous ferai roir la simplicité de Generière plus éclairée que toute la sagesse du monde, c*est la première partie; la faiblesse de Geneviève pkis puisMinte que toute la forée du monde, c'est la seconde partie ; et , s! Je puis parler de la sorte , la bassesse de Geneviève plus honorée que toute la grandeur du monde, e*est la troisième partie. Quel fonds, chrétiens, de réfleiiotts et de morale! Ménageons tout le temps nécessaire pour le creuser et pour en tirer d'utiles et de salutaires leçons, après que nous aurons demandé le secours du del par rkiteroession de Marie, Ave, Maria.

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