DEUXIÈME PARTIE
Tirer de l'honneur de son ministère parce qu'on l'exerce dignement , c'est la récompen^ du mérite ; affecter l'honneur qui est attaché à son ministère et s'en prévaloir, c'est l'effet de l'ambition humame ; se faire honneur aux dépens de son ministère, c'est une criminelle prévarication : mais £dre honneur à son ministère aux dépens même de sa personne , c'est le caractère des grandes âmes, et en particulier celui de saint Paul : il ne se rit pas plutôt engagé dans ce glorieux emploi de prêcher l'Évangile aux Gentils, qu'il s'en expliqua hautement : f^oàts enim dico gentibus : Quamdiu qiddem ego sum gen- Hum aposfokis, ministerium mewn htmor\fieabo {\,Rùfn,, 11); Oui, mes frères, leur dit-il, je vous le déclare, puisqu'il a plu à Dieu de me choisir pour être le ministre de sa parole, et qu'il m*a établi votre apôtre , tant que j'en porterai le titre et le nom , je travaillerai à le soutenir honorablement. Cest ainsi qu'il parlait aux Romains, et il n'en fienidrait pas davantage pour vérifier ma proposition ; mais il est nécessaire , pour notre instruction, de la développer et d'entrer dans le détail , afin d'apprendre l'usage d'une maxime ailssi essentielle au christianisme que celle-ci , qui est d'honorer les ministères que Dieu nous confie. Voici donc , chrétiens , de quelle manière y procéda saint Paul : appliquez-vous à cette morale, plus capable que tous les éloges du monde de vous faire admirer cet apôtre.
Première règle. Il considéra que si quelque chose pouvait jamais déshonorer le ministère apostolique, et l'exposer à la censure des hommes , c'était sur
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tout Tesprit dlntérét, esprit bas et sordidedans quelque condition qu^il se trouve , mais honteux et infâme quand il entre dans le commerce des choses saintes. Il prévît dès lors ce qui obscurcirait dans la auite des teià^Ml Téclat et la gloire de FËvangile de Jésus-Christ, oe serait la eupidhë de certaines âmes mercenaires qui y diercberaient des avantages temporels , et qui , sous des apparences spécieuses, foraient trafic du don deDiév, Existiman- Uum qtauiuni e$se pietatem ( flm,, 6 ) ; que cela seul ruinerait de réputation et de crédit , non-seulement les prédicateurs de la vériié et leâ dispensateurs des sacrés mystères, mais liai vérité et les mystères mêmes; que <^a seul ferait perdre aux {leuples tout le respect qu'ils devaient avoir pour eux , et wmkl un prétexte étemel pour les rendre odieux et méprisables aux ennemis deFÊglise; au contraire^ qu*un désintéressement parfiait serait todjours l'ornement de leur état et de leur fonction , et qu'ils n'annonceraient jamais Jésus-Christ avec plus d'honneur, que quand ils parattratent plus libres et plus dégage des prétentions de la terre.Toità te prin* dpe qu*il étabh't; et quie conclut-il de là? Ah! chrétiens, ce qu'il conclut I II se fit une loi, mais une loi inviolable et qu'il observa dans toute la rigueur, d'exercor gratuitement le ministère dont Dieu l'avait chargé; et dans cette vue, ne perdez pas, s'il vous plaît, ceci, de renoncer à tous les droits , même les plus légitimes et les plus acquis , bien loin d'en exiger de douteux ; ne demandant rien, n'acceptant rien, se passait de toutes, choses, se retranchant mille commodités de la vie , dont la dépendance et la rechercha est ce qui rend les hommes intéressés ; ne se fondant même pour le né^ cessaire, que sur Dieu et sur soi : vivant du travail de ses mains, ae faisant serviteur de tous , et, pour l'honneur de l'apostolat , ne tirant service de personne, afin qu'on ne lui reprochât jamais qu'en nourrissant le troupeau il s'était enrichi de sa dépouille , et qu'en semant d'une main il avait moissonné de l'autre : car voilà proprement l'esprit de saint Paul. Vous le savez , mes frères , disait-il aux Mile* siens en se séparant d'eux , si j'ai jamais désiré votre or ni votre argent, et si d'autres mains que celles que vous voyez ont fourni à ma subsistance ; vous m'êtes ténM>ia« si j'ai été à charge à aucun de vous, et si, dans mas fatigues les plus laborieuses, je me suis permis ou accordé le moindre soulagement qui vous pût étreionéreux, m'étant toujours souvenu de la parole de notre Maître , qu'il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. Cela les faisait fondre en pleurs , dit le texte sacré; Ils se jetaient tous avec respect aux pieds de l'apdtre, et, en l'embrassant avec tendresse, ils s'afiôigeaient de ce qu'ils ne le verraient plus. S'UétaitsortideleurvIllebieB pourvu ^etout, c'est-i-dire.diargé de leurs biens et de '
E SADTC PAlÇLj.
leurs présents y l'auraient-ils plep^ de Ja/K^r^ ? Ils l'honoraient, dit saint Chrysostôfne, oo pou^ ji;uleur dire, ils honoraient PÉvangiie en lui, parce qu^ dans Jui f Évangile, n'était point avili ni.d^^é par cetie servitude de l'intérêt qui ayîlUjefjJégrade les choses les plus nobles/ Ce, a^^ajtjji^s^ ajoùWt d'ailleurs ce grand apêtre écrivant à ' c^u^ de Corinthe, que je sois obl|j[f d'en, user a^fjs^i- .çarVne sui3;jç pas libre , ôjt ne p'jejmpjc^^pi-^i^p pjçiy ^^^ ne m'étes-vous pa^ i^YAWèft4ï tpHi^,,^^^^ manque? n'aiîie p^Je^n^jSg^^t^çoif^f^^c^ j^^ii^iires (Je vivre de voç. aumônes^ et d^ r^çpeyokrf)^ P^mff^ cette reconnaissance de yo\x^.îûL}jKfp$fy\i p^^^ju^ que celui qu^plfijute ta vignp, en flnaj^ge des. fruif^ et que celui qui sert à l'autel . a^ part, aux obiatiçn^ de l'autel? Mais pour moi , je n'ai |x>iiit ypuiu me servir de ce ^voir, ayant mieux dSa^é %ou£&ucq^ incommodités ext^ieures , que d'apporter ,tamt soil peu d'obstacles ^ l'Évai^ile de Jé^-Chrîât. Touf ceci ce sont ses paroles : car c'est en qui[^*, pour* suivait-il, consiste ma gloire,^ et malheur à moi si je la pei^dsjam^is ! £ncpre une fois, d^rét^n^ , ce renoncement si généreux et si absolu , c'est ce qiîl rendait si vénérable le ministère de saint J^aui ; avec cela il parlait hardiment et sans crainte,, il repro^ chait, il menaçait, il faisait trembler Je vice, ne l'épargnant et ne le respectant dans quelque oonditîon que ce fât. Car que ne peut point un homine qui ne prétend rien ,.^ qui est détadié de t^ut intérêt quand il porte la parole et ]fi& ordres d^ Dieu i S'il eût été d'humeur à faire valoir ses drot^ et a les disputer sans en -rien rabattre, on n'eût eu que du mépris pour son zèle; et a'U se fût proposé une fortune et un établissement, il eûtlui-mémctniém^ son zèle, c'est-à-dire qu'il l'eût corrompu par de lâches complaisances : car ce qui rendjtous les jours la parole de Dieu timide, faiblct esclave des respects humains, n'est-ce pas l'intérêt? ce qui fait qu'on la déguise et qu'on trouve le secret de l'accommoder aux passions des hommes, n'est-ce pas l'intérêt? ce qui la retient captive dans l'injustice, et. ce qui em-» pêche que la vérité ne soit écoutée dans le monde , n'est-ce pas l'intérêt? Mais parce que saint Paul avait triomphé de cet intérêt, et la parole de Dieu et la vérité remportaient dans sa personne de cx)ntinuelles victoires.
Je dis plus , et c'est une seconde règle; ce grand saint conçut qu'il y avait encore un autre intérêt secret, d'autant plus dangereux qu'il était plus subtil et plus délicat : car Dieu lui fit voir en esprit un certain genre d'apôtres» qui, par leplus funeste de tous les abus, au lieu d'avoir poijur fin d'bonorec leur profession , se serviraient, de leur profession pour s'honorer eux-mêmes ; qui , an lieu de prêcher Jésus-Christ , se prêcheraient eux-mêmes ^ qui , au lieu d'attirer les âmes à Dieu, se les attireraient à
PODB LA. FÊTE DE SAINT PAUL
eux-méoies : e'est-i-<lin qui , au lieu de faire que Uien lignât en ellet, entreprendraient eux-mêmes de régner sur elles; qui se proposeraient en elles un fonds de domination , de juridiction , d'empire , et bien d'autres avantages dont , comme parle saint Grégoire, pape, le ministre serait glorifié, mais le ministère détruit. Que Bt saint Paul? il eut horreur de tout cela , et, parun effet de cette fidélité qui fut en lui sans exemple , il sépara l'bonnear de l'Ëvangile du sien ; il ne confondit point l'un avec l'autre;]] considéra le sien comme un néant, fl le foula aux pieds , pour n'avoir plus désormais en vue que celui de l'Évangile. Comme il s'était déclaré aux fidèles qu'il ne cherchait point leurs biens, mais leurs personnes , Nott quxro qttas vêtira tmU, ted tôt (3. Cor., 13) ; aussi proteita-t-il qu'il ne prêchait point soi-oiétoe, mais uniquement Jésus-Christ : Non nosmctlptot predicamvt, led Jetvm ChrUfum. ( 2. Cor., 4. ) Et parce qu'il est aisé de le dire , et que la difficulté est de se défendre soi-même dans une matière aussi sujette aux illusions de la vanité que celle-là , Il le dit en sorte qu'il en donna les preuves les plus sensibles. Car, prenez garde, chrétiens, s'il vous plaît : pour cela, lui qui était naturellement éloquent, il n'usa jamais, dans le ministère de la prédication , ni de discours élevés, ni d'aucun omementdes sciences humaines, comme il l'aor^t pu faire avec succès : pourquoi ? de peur que l'Ëvangile de la croix n'en fttt<aff&ihli : Ut wm evacuetw cntx Chritti. (1. Cor., 1 . ) Uq autre que lui se serait prévalu de son talent, et au hasard du véritable et solide bien de b conversion des cœurs, aurait fait valoir ce qu'il savait et ce qu'il pouvait; mats c'aurait été au détriment de la parolede Dieu et de sa grâce, et c'est de quoi saint Paul était incapable. Pour cela , il eut toujours une aversion sincère pour tous les vains applaudissements des hommes, dont les emplois éclatants , comme était le sien , sont ordinairement suivis. Hél que faites-vous? disait-ll anx Lycaoniens, qui étaient idolâtres de lui , et qui se préparaient à lui rendre des honneurs extraordinaires ; que faites-vous? nesavez-vous pas quenous sommes comme vous des hommes mortels, pécheurs, sujets auxmémesinflrmités? Si Dieu a voulu se servir de nous pour vous enseigner la voie dnciel , et s'il a voulu autoriser sa parole par des prodiges et des miracles, est-il juste qne ta gloire nous en revienne ? faut-il que , par une fausse bienveillance que vous avez pour nous, vous nous rendiez les usurpateurs d'unegloirequinenousest point due? Pour cela, il ne souffrit jamais que sous ombre d'estime et de Gonflaoce, on s'attachit à lui personnellement : cbosed'aillenrssi engageante, et à laquelle les hommes les plus spirituelsàpeine peu venMls s'empêcher d'être sensibles. Et parce qu'il s'était formé dans
Corinthe un parti de chrétiens qui se déclaraient pourlui, qui reconnaissaient ne devoir qu'A lui tout ce qu'ils étaient selon Dieu, et qui, se détachant en quelquesortedes autres a pâtres, disaient : lïous sommes les disciples de Paul, Egostim Paaiiil. Cor,, 1 ) ; il leâ en reprît. Hé quoi ] mes frères , leur remontrait-il, est-ce Paul qui a été crucifié pour vous? est-ceaunc qu'est-ce q un instnim avez cru. P pourquoi v moi, au li< appartenan Chrysostdn gnation , p un homme qu'il craint Ahl gran<
pour la gloire de son ministère. Cest ainsique vous avez donnécréditàfÉvangile; et c'est pour cela que la grâce que vous dispensiezn'a rien perdu entre vos mainsde son efficace. Dans tes nfitres, elle la perd tous les jours : parce qne nous nous dierchoits nousmêmes, nous nous trouvons misérablement nousmêmes, etennoustrouvant, nous devenons la honte et l'opprobre de cette grâce. Nous parlons d'elle magnifiquement , mais elle n'opère rien par nous ; le monde nous applaudit, mais le monde ne se convertit pas ; nous établissons notre réputation, mais nous n'établissons pas l'empire de Dieu .- pourquoi 7 parce que nous n'avons rien moins que ce zèle d'honorer le ministère que Dieu nous a commis.
Voulez-vous , chrétiens, une preuve encore plus solide et plus convaincante de celui qu'avait saint Paul? oubliez le reste et appliquez- vous à ceci :
Christ fdt annoncé, pourvu qu'il fQt annoncé : Jiisque-là (â admirable et divine leçon, si elle était bien entendue! ] , Jusque-li que quelques-uns prêchant par un esprit d'émulation et de jalousie contre lui (car dès lors , chrétiens , on voyait des contentions contre les ministres de l'Évangile : et c'est une simplicité et une erreur de regarder ce scandale comme un scandale de notre siècle, puisqu'il est aussi ancien que l'Église, et que Dieu, pour notre instruction , l'a permis dans tous les temps}; jusque-là, dis-je, qne quelques-uns prêchant J^us- Christ par jalousie contre lui et dans le dessein, comme il parte lui-même, d'^outer de nouvelles traverses à celtes qnll avait déjà éprouvéca, Exi-
FÊTE DE SAINT PAUL-
timaniei pressttram se suscitare vinctdis meis ( Philip., 1 ); it ne laisait pas de s'en réjouir : In hoc gaudeo, sed et gaudebo ; touché d'une part de la malignité de leur intention , et ravi de l'autre de ce que rÉvangile profitait de cette malignité. Car que m'importe, disait-il, qu'il soit publié par ceux-ci ou par ceux-là, qu'il le soit par mes amis ou par mes ennemis , qu'il le soit à ma confusion ou à ma gloire , pourvu qu'il le soit véritablement ? Or parler ainsi et être disposé de même, c'est faire honneur à son ministère et non pas à soi. Car de n'estimer le bien que quand il se fiiit par nous, de ne le goûter qu'autant qu'il a de rapport à nous, de ne pouvoir supporter que les autres soient plus employés que nous dans les intérêts de Dieu, d'avoir peine à souffrir qu'ils le soient autant, de souhaiUr peut-être qu'ils ne le fussent point du tout ; et ensuite diminuer leurs succès, sans prendre garde que ce sont les succès de rÉvangile,et amplifier les nôtrescomme s'ils étaient les fruits de notre bdustrie : qu'est-ce que tout cela, chrétiens, sinon s'usurper l'honneur de son ministère et le dérober à Dieu?
Je serais infini, si Je m'éUndais sur les autres règles que saint Paul se proposa et qu'il observa. Ah! mes frères, dit saint Grégoire, pape, que ce grand apôtre fut éloigné de l'aveuglement de]ceux qui croient ne pouvoir soutenir leur ministère que par le faste du monde , que par raffectation de la grandeur, que par la magnificence du train, que par réelat d'une somptuosité surperflue , que par les disputes aemelles sur les préséances, sur les prérogatives, sur la dignité, en un mot, que par toutes les choses dont l'ambition des hommes s'entête et s'occupe ! Non, non, saint Paul n'en jugea pas ainsi ; il prit pour maxime ce que l'esprit de Dieu, qui est l'esprit de la vraie sagesse, lui avait enseigné, que ni son ministère, ni tout autre, ne seraient jamais moins honorés que par là; et que, s'ils le devaient être, c'était par une conduite irréprochable et exempte de blâme , par une vie qui ne fût pas sujette à rougir, qui ne craignît pas la lumière du jour, qui fût à l'épreuve de toutes les censures ;' par une réputation qui n'eût rien de suspect ni d'équivoque, et que le libertinage même respectât. Maxime qu'il avait à cœur par-dessus tout, et qu'il inspirait à ses disciples, leur disant sans cesse : Mes frères, comportons-nous comme des ministres de Dieu; rendons- nous recommandables par la pureté de notre doctrine, par Tintégrité de nos mœurs, par la douceur de notre charité, par les armes de la justice ; que nos entretiens soient religieux et nos jetions exemplair^ : et pourquoi ? Ah ! mes chers disciples , ajoutait-il , afin que la parole de notre Dieu ne soit point exposée aux blasphèmes des hommes ,'et afin que notre ministère ne soit point déshonoré : Ut non vi-
[ tuperetur ministerium nostrum. (2. Cor,, 6.) Cda seul le faisait agir; cela seul était en lui comme le premier mobile de toutes les vertus qu'il pratiquait, cette ferveur sans indiscrétion et cette prudence sans ménagement, cette humilité de cœur sans bassesse et cette grandeur d'âme sans orgueil ; ce mépris du monde sans arrogance, et ce zèle pour le monde sans attache; cette tendresse envers les pécheurs, jointe à cette sévérité envers le péché; cette exactitude de discipline , accompagnée de cette sage condescendance ; cette science de se modérer dans la prospérité, et de se soutenir dans l'adversité : voilà ce qui faisait de saint Paul un homme respectable , et ce qui comblait d'honneur son ministère.
Arrêtons-nous là, chrétiens : car voilà au même temps notre modèle et notre exemple. C'est ainsi que nous devons, chacun dans notre condition, honorer le ministère où il a plu à Dieu de nous appeler. Ayons-y le même désintéressement que saint Paul. Dès que nous ne penserons point à nousmêmes, nous nous préserverons de mille fautes, qui avilissent les plus saints emplois, en avilissant les ministres qui en sont chargés; nous serons exacts , réguliers , droits, équitables, vigilants, et l'on en sera édifié : mais au contraire , dès que nous aurons des vues intéressées, toute notre conduite s'en ressentira; nous aurons beau vouloir cacher cet intérêt, le monde le remarquera bientôt; et nous foions alors des miracles , que le monde ne nous croira pas. Travaillons à faire le bien pour le bien même, pour la gloire de Dieu, pour l'avantage du prochain, selon l'esprit et la fin de notre état. Car souvent on fait le bien pour soi-même ; on le fait , parce qu'on se met par là dans une certaine estime; on le fait, parce qu'on s'acquiert par là un certain crédit ; on le fait , parce que le monde le verra et qu'il en parlera. Delà tant de faiblesses humiliantes, que nous découvrons dans des gens que leur âge, leur expérience, leur mérite en devraient pleinement dégager. S'ils en portaient toute la honte, et qu'elle -ne retombât point sur leur ministère, le mal serait moins àcraindre; mais de ces exemples, quelles conséquences ne tire-t-on pas contre les plus saintes professions et les dignités les plus sacrées? Je sais que , pour ce désintéressement parfait que demande le vrai zèle , il faut beaucoup prendre sur soi; mais quand il faudrait même s'immoler pour son ministère, n'est-ce pas le devoir d'un serviteur fidèle ? c'est ce que saint Paul a fait, comme je vais vous le montrer dans la troisième partie.