‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 199 sur 225 · LE CINQUIÈME DIBIANCUE APRES PAQUES · texte numérisé non relu

LE CINQUIÈME DIBIANCUE APRES PAQUES

WOtL LA MIÈRE.

SuiBT. Jésus parla de cette sorte à ses disciples : Je vous le dis en vérité, si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous l'accordera. Vous n'avet encore rien demandé en mon nom ; dewumdei, et vous recevrêZm

Vonà une promeAse bien antbentiqiie et bien étendue : pourquoi n*en profitons-nous pas? Est-ce que noas n'avons point eneonf appris à demander et à prier? Apprenons-le aujoordlMiL

DiTMioii. Il 7 a devx sortes d'oraisoDS on de prières : l'oraisoB ordinaire qni estoeUe dn eonman des chrétienSi et l*oraison extraordinaire qui est celle de certaines âmes plus élcTées. L'indispensable nécessité de l'oraison ordinaire fondée sur les principes de la fol les plus évidents, première partie. L'abus de l'oraison extraordinaire reconnu et découvert par les règles de la foi les plus solides, deuxième partie.

Première partie. L'indispensable nécessité de la prière ou de l'oraison ordinaire. Ced regarde , en général , l'action commune de prier. Or, cette nécessité de la prière est fondée sur la nécessité de la grâce. Point de salut sans la grflce ; donc point de salut sans la prière, puisque hors la première grAce qui est indépendante de la prière parce qu'elle est le principe de la prière même, il est de la foi que la prière est le moyen efficace et universel par où Dieu veut que nous obtenions ses grâces. Demandez , dit Jésus- Christ, et TOUS recevrez. Dieu ne nous doit rien par justice, et n'est-il pas convenable que nous lui adressions au moins nos prières, pour attirer sur nous les dons de sa miséricorde et des grâces si précienses? Ce n'est pas qu'indépendamment de nos prières il ne connaisse nos besoins, mais il n'y veut pourvoir qu'autant que nous avons recours à lui.

t. De là il s'ensuit que dans le cours de la vie clirétienne il nous peut arriver et qu'il nous arrive souvent de manquer» en effet, de certaines grâces pour accomplir le bien auquel nous sommes obligés, et pour éviter le mal que la loi de Dieu nous défend, sans que nous ayons droit d'alléguer notre impuissance pour excuse de nos désordres, sans que nous puissions prétexter devant Dieu nulle inh possibilité d'obéir à ses commandements, et sans que sa loi dans ces occasions nous devienne impraticable : parce que l'obligation que Dieu s'est feite de nous exaucer autant de fois que nous le prierons utilement et saintement pour le salut, est alors contre nous une raison invincible qui nous ferme la bouche et qui met à couvert sa providence. Nous avons toujours la grâce de la prière : cela suffit 3. Il s'ensuit que le plus grand de tous les désordres et

en même temps de tous les luallieurs où imi^ loiuber l'homme dirétien , c'est d'abandonner la prièiv ; parce que c'est renoncer au plus essentiel et au plus irréparable de tous les moyens du salut U prière est la dernière ressource qui nous reste : la quitter donc, c'est s'dter à soi-même toute ressource. Tel est néanmoins le désordre du siècle.

3. 11 s'ensuit que le comble du malheur pour on clirétien est de perdre absolument Tesprit de hi prière, c'csià-dlre une certaine estime de la prière, un certain sentinoent intérieur du besoin que nous en avons, et un fonds de disposition à remployer dans les rencontres. Car avoir perdu cette estime, cette confiance, ce sentiment, cette disposition secrète, c'est avoir perdu jusqu'aux principes les plus éloignés de hi vie de l'âme.

Deuxième partie. Abus de l'oraison extraordinaire. Ce n'est pas è dire qu'il n'y ait une manière de prier on une oraison extraordinaire et propre des âmes élevées qui ne soit très-sainte et très-louable : mais cette oraison est plus sujette aux abus, et en void surtout quatre dont nous avons à nous préserver.

1. On confond l'oraison extraordinaire avec des clioses qui ne sont rien moins qu'oraison, et qui sous ce nom q>écieux déshonorent plutôt la religion. Car nous devons regarder comme oraison chimérique celle que Jésos-Clirist et saint Paul ne nous ont point enseignée ; celle qui , ré« duite aux principes, ne se trouve pas à l'épreuve d^une exacte tliéologie; celle qui choque le bon sens et contre laquelle la droite raison se révotte d'abord ; celle dont les termes mêmes et les expressions semblent n'être propres qu'à décrier la piété et à la ûdre tomber dans le mépris ; enfin celle qui, de la manière dont on la propose, est absolument inintelligible. Or, telles sont tant d'oraisons différentes qu'on a voulu faire valoir dans ces derniers siècles,

2. On préfère l'oraison extraordinaire à Foraison commune; et cependant l'oraison la plus commune est celle dont Jésus-Christ nous a lui-même prescrit la forme; et cette oraison , quoique la plus commune , est sans contredit la plus parfaite et la plus capable de sanctifier les honuies et de les rendre parfaits.

3. On entre dans la voie d'une oraison extraordinaire sans y être appelé de Dieu, et même contre Tordre de Dieu. On s'adonne d'abord à cette oraison, on se renq>lit de spécieuses idées, et l'on s'occupe de belles imagmations, au lieu de travailler avant toute chose, avec le secours de Foraison ordinaire et sefon les vues de Dieu , à mortifier ses passions et à corriger ses défauts.

4. Sous prétexte d'oraison extraordinaire, on méprise et on néglige les règles dont le Saint-Esprit nous a &it des préceptes indispensables pour le saint exercice de U prière

ANALYSES DES SERMONS

On se présente démit IHeu sans nulle préparation , et Ton y demeore sans rien demander à Dien. La conclusion est de noos défier oommonéaient des routes particulières qu'on ▼oodrait nous &ire prendre , et de les bien examiner, afin de ne noos y pas égarer.

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