LE DIMANCHE DANS L'OCTAVE DE L'ASCENSION
SUE Ut ZàLB POUR liA BÉFERSB MS UXTÉBÈn DB NEU.
SojR. Quand il sera venu» ce comolateur que je vous enverrai du sein de mon Père, lui qui estV Esprit de vérité qui procède du Père » il rendra témoignage de moi : et vous aussi vous en rendrez témoignage.
Les ap6tres ont rendu témoignage à Jésns-Christ en prêchant sa loi ; et , sans être appdés au même ministère, nous devons tous rendre témoignage à Dieu , en défendant sa cause dans les rencontres, et ses intérêts.
DmsiON. On abandonne les intérêts de Dien , ou par une fousse prudence , ou par une làcbe faiblesse. Prudence réprouvée dans les uns , première partie. Faiblesse très-préjudiciable dans les autres, deuxième partie.
PREMièRB pjoiTiE. Prudcncc réprouvée : car c'est une prudence dont Dieu se tientdéshonoré, que le monde même n'approuve pas, qui fiiit le scandale de la religion , et qui autorise l'impiété.
1. Prudence dont Dieu se tient déshonoré : car il est de sa grandeur d'être servi par des hommes qui &ssent gloire d'être à lui , et que ses intérêts ne soient jamais balancés par nul autre intérêt. De là cette obligation indispensable pour tout homme chrétien de professer sa foi , même aux dépens de sa vie. Ainsi, par proportion, sommes-nous obligés en mille occasions de nous déclarer pour Dieu. Sans cela nous lui foisons injure , et la parole de Jésus-Christ se vérifie en nous : Celui qui n*est pas pour moi est contre moi. Exemple de David.
% Prudence que le monde même n'approuve pas. Un ami serait regardé dans le monde comme un lâche , si dans une affaire il manquait à son ami; un siû^t serait traité de rebelle , si dans une guerre il ne prenait pas le parti de son prince. Il ne fiiut donc que les règles du monde pour condamner notre indifférence sur œ qui concerne la cause de Dieu.
3. Prudence qui Cait le scandale de la religion : parce que, dans l'opinion commune, cette hidifférence pour la cause de Dien est prise et mterprétée comme bne aliénation secrète des intérêts de Dieu. A peUie démêle-t-on dans le monde un homme indifférent pour Dieu, d'un libertin qui est formellement et expressément contre Dieu. La raison est que le 19i)ertinage n'osant toutàfait lever le masque, il ne se produit guère au dehors que par une telle indifférence ; d'où les feibles tirent un sujet de scandale. Et c'ei.*t ce qui alluma autrefois le zèle du prophète Élie. Pourquoi délibérez-vous? disait-il aux Israélites. Si le Seigneur est votre Dieu , que ne parlez-vous pour lui?
4. Prudence qui autorise l'hnpiété. Le libertinage ne demande point précisément d'être applaudi; mais c'est beaucoup pour lui d'être toléré. Avec cela il prend bientôt racine et se fortifie. Mais , di^-on , mon zèle ne servira qu'à irriter le mal : quand cela serait, vous auriez toujours kàt votre devoir. Mais il faut user de discrétion : il est vrai , pourvu que ce soit une discrétion qui aille toujours au terme où le zèle doit tendre. Mais ce que je dhrai fera
de l'éclat et du bruit : ce n'est pas toujours prudence d'éviter réclat quand il est nécessaire ; il y a une firnsse paix plus dangereuse que le trouble. Mais ne faut-il pas ménager le prochain ? point de ménagement lorsqu'il y va du service de Dieu. C'est ainsi que les apêtres ont raisonné.
DBUxiiiiB PARTIE. Faiblcsse très-préjudiciable. Elle noos prive du pittsgrand honneur que nous puissions prétendre ; elle nous rend odieux et méprisables ; elle se dément et sa contredit dans nous d'une manière dont la conviction et le remords nous doit être insupportable dès cette vie; enfin elle oblige Dieu à retirer de nous ses grâces, et à nous fldre sentir les châtiments les plus sévères de sa justice.
1. Elle nous prive du plus grand honneur que nous puissions prétmidre, qui est d'être les défenseurs de la cause de Dieu. C'est par la défense de cette cause de Dieu que tant de grands hommes se sont rendus recommandables dans l'Ancien Testament et dans le Nouveau. Vous n'avez pas la même fermeté : Dieu ne se servira point de TOUS comme il s'est servi d'eux.
% EHenous rend oitoix et méprisables : à qui? 1. aux gens de bien, qui ne voient notre infidélité qu'avec une juste indignation ; 2. aux pédieurs mêmes et aux fanpies , qui découvrent le fiiibie de notre conduite , et s'aper^ivent bien que notre indulgence pour eux n'est que timidité et petitesse d'esprit.
3. Elle se dément et se contredit elle-même d'une manière dont la conviction et le remords nous doit être Insupportable dès cette vie. Nous ne manquons de fermeté que lorsqu'il but en avoir pottr les MérêtsdeDieu; et pour nos intérêts propres, nous ne pëebonaque par trc^ de fer* meté. Pour peu que nous soyons éqnltables , pouvons-nous entendre sur cela le témo^nage de notre oœor , et n'en pas rougir de confusion?
4. Elle oblige Dieu à retirer de nous ses grâces, et à nous faire sentir les châthnents les pins sévères de sa justice. Ainsi tralia-t-il Héli, et ainsi en traite-t-fl bien d'autres.