‹ Œuvres de BourdaloueChapitre 44 sur 225 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Lé Saint-E^Hlt Fa dit, dirétlens, et nous n'en Mimnes que tirop convaincus par l'expérience sensible que nous avons de notre misère et de celle des autres, que rien n'est plus (Hcheux ni plus amer quele souvenir delà mortpourunhommedu monde, qui iitt consister, son repos et son bonheur dans la jo«rfsganee des biens temporels. O mors, quam amara est memoria tua homhU pacem habenti in sm^antUs suie! {Eades., 41.) Prenez garde, mes frèrw, nous fait mgénieusement remarquer saint Augustin, tnsL deux termes dont se sert r Écriture. Eue ne dit pas que la pensée de la mort est triste fi ^B^eante à cehri qui possède les biens temporels, mais à cehii qui a établi sa paix et sa félicité dans la possession des biens temporels : HomirU paeem habenti. De plus , pour exprimer ces sortes de bieos, eOe ne les appelle pas simplement biens, mais elle leur donne le nom de substance, et veut pM là signifier la fausse idée que nous en avons : /» mibstantils suis; car les justes qui ont l'esprit de Dieu ne considèrent ces biens que comme de taiblea accidents , dont ils peuvent aisément se passer ; qu'il» ont aiyourdlnii, et qu'ifs n'auront pas demain ; «iont la perte pourra leur causer quelque légère af-

ferme et immobile que la grâce leur donne : au lieu que les mondains attachés à ces biens terrestres , en font leur prindpal et leur capital y rapportant fout à ces biens , ne se mesurant que par ces biens , ne s'appuyantetnefaisantfondquesur ces biens, comme si eux-mêmes ils étaient faits pour ces biens et que ces Mens ne fussent pas plutôt faits pour eux : liomini pacem habenH in substantUs suis. Or c'est aux hommes de ce caractère, et non point absolument aux grands ni aux riches, que le souvenir de la mort fait horreur ; c'est pour eux qu'il est plein d'amertume, Quam amara est memoria tua ! Car, comme dit saint Chrysostême , raisounant sur les mêmes paroles de fÊcriture , on a vu des grands dans le christianisme et des riches , par un effet de la grâce toute-puissante de Dieu, méditer la mort avec plaisir, en entendre parler avec joie , en recevoir la nouvelle sans trouble; pourquoi? parce que tout riches , tout grands qu'ils étaient , leurs désirs ne se portaient ni aux grandeurs humaines ni aux richesses. Ils les possédaient sans attache, et ils les perdaient sans regret. Mais on n'a jamais vu de grands ni de riches attachés à ce qu'ils étaient et à ce qu'ils possédaient; ni jamais, si vous voulez, on n'a vu de petits et de pauvres attachés à ce qu'ils n'étaient pas et à ce qu'ils ne possédaient pas , qui ne fussent effrayés de la mort. En effet, chrétiens, l'étrange et douloureuse pensée pour un homme du siècle qui vit à son aise , qui se voit bien établi dans le monde , qui se trouve revêtu d'une charge, d'une dignité honorable ; qui ne manquede rien pour se maintenir dans la splendeur et dans l'éclat; qui, dans l'opulence, dans la réputation, dans le crédit où il est, peut tout et est au-dessus de tout ; quelle pensée pour lui, au milieu de tout cela, que cette réflexion : n faut mourir! Ne parlons point de ces fortunes si hautes ni si complètes qui font les heureux de la terre ; comme elles sont aujourd'hui plus rares, cette moralité ne s'étendrait pas bien loin. Parions de celles qui sont moins éclatantes et plus ordinaires. Quelle pensée pour un homme même du commun , qui voit sa famille honnêtement pourvue , qui a des biens suffisamment , qui en jouit et s'en fait honneur, qui n'a ni embarras ni soins, et dont la santé, les forces, l'âge , répondent à tout le reste (car c'est ainsi que le texte sacré nous le dépeint dans les paroles suivantes, Hro quieto, et ct^us vix directx sunt in omni* bus y et adhuc valenti accipere cibum (Eccles., 41); quel souvenir, dis-je, pour ce mondain, que cette sombre et désolante considération , Il faut mourir ! Or c'est en cela qu'il me paraît digne de compassion : non point seulement de ce qu'étant attaché d'esprit et de cœur aux biens de cette vie il appréhende la mort, mais de ce qu'envisageant la mort il a été assez aveugle pour s'atucher à des biens qui

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liassent si vite , et de ce qae la nécessité de mourir ne Ten détache pas. Voilà sur quoi je déplore son aveuglement. En effet, si la vie présente devait toujours durer, je ne m'étonnerais pas qu*il y eût des ambitieux et des avares sujets aux passions déréglées qui les dominent. Quelque vaines et frivoles que soient ces passions , je comprends qu'elles deviendraient alors sérieuses et prudentes , et que , dégagés du souvenir de la mort, nous pourrions nous faire un point de sagesse de suivre et de contenter nos désirs; pourquoi ? parce que nous aurions droit de compter pour réel tout ce que le monde a de spécieux et d'apparent, et que notre raison même commencerait à être d'intelligence avec la cupidité et l'ambition qui nous dominerait. Je dis encore plus : si nous devions seulement vivre autant que ces premiers patriarches , fondateurs du monde , à qui des siècles entiers, selon le témoignage de l'Écriture, n'étaient que la fleur de l'âge, et qui, sans vieillesse ni caducité, voyaient une longue et nombreuse suite de générations, peut-être consentirais-je que nous eussions pour les biens temporels quelque empressement et quelque ardeur. L'éloignement du terme semblerait en quelque manière nous justifier, quoiqu'alors même nous devrions toujours modérer nos inquiétudes et réprimer notre convoitise par la vue de la mort, qui , quelque éloignée qu'elle fût, étant néanmoins certaine et assurée, nous les ravirait enfin ; et c'est la belle observation de saint Jérôme, que je vous prie de faire après lui. Il dit que c'est pour cela que Moïse dans la Genèse faisant la supputation des années que chacun de ces premiers hommes avait vécu , ajoutait toujours cette conclusion générale , Et mortuus est, et il mourut. Noé vécut neuf cents ans , et il mourut; Seth , tant d'années , et il mourut : ainsi des autres. Pourquoi cette addition. Et il mourut? ne l'entendait-on pas assez, et n'était-ce pas assez de marquer l'espace de temps que leur vie avait dMfé? Ah! répond saint Jérôme, c'est pour nous apprendre que quand nous aurions à vivre des milliers de siècles, nous aurions toujours tort de nous passionner pour les biens présents, puisqu'il serait encore vrai de dire de nous , Et il mourra. Or cela seul devrait corriger l'excès de nos affections et. rompre tous nos attachements. J'en conviens, mes chers auditeurs, et à Dieu ne plaise que je veuille contredire le sentiment de ce saint docteur. Mais après tout il faut avouer que , dans cette supposition d'une vie de plusieurs siècles, nos attachements'auraient quelque prétexte et quelque apparence d'excuse. Mais notre vie se trouvant bornée à un si petit nombre de jours , et nous attachant à cette vie courte et passagère comme nous nous y attachons, et à ses biens, en vérité, mes frères, sommes-nous sages, et avons-nous de quoi nous justifier, je ne dis pas devant Dieu , mais je dis même devant nous

et à notre propre tribunal? rTy a-t-U pas en ceci de l'enchantement, et, pour parler avec le Saint-Esprit, de l'ensorcellement, Fasdnatio nugacUcUisf (Sap, 4.) Ah ! insensé que vous êtes, dès cette nuit même on va vous redemander votre âme ; vous mourrez , et pour qui sera tout ce que vous avez amassé? Ainsi est-il dit dans l'Évangile à ce ridie qui prétendait goûter tranquillement et longtemps le âiiit de ses peines : Stulte, hoc nocte atUmam tuam re* pètent a te; quse autem parasti cuqus eruntf (Luc, 12.) Voyez-vous, reprend saint Bernard, la qualité que donne l'Esprit de Dieu à celui qui met son cœur dans les biens de la terre ! Il ne lui reproche pas expressément sa faiblesse, sa témérité, son peu de religion et de foi, mais sa folie, Stulte : parce que cette parole comprend tous les autres reproches, et enchérit même au-dessus. Devoir mourir et s'entêter des biens de la vie jusqu'à en faire l'unique objet de ses désirs, c'est perdre le sens.

Vous ne devez donc pas, mon cher auditeur, être surpris ni trouver mauvais si je vous traite aujourd'hui comme cet homme de l'Évangile , et si je vous dis , tout sage d'ailleurs et tout prudent que vous pouvez être selon le monde : Stulte, insensé, pourquoi ce soin extrême de votre corps, qui sera bientôt la pâture des vers? pourquoi ces vastes desseins que la mort dans peu va renverser et faire évanouir? pourquoi tant chercher à vous agrandir et à vous étendre, puisqu'au bout de quelques jours six pieds de terre vous suffiront? Quand la concupiscence s'allumera dans votre âme , disait saint Paul, et que, maîtresse de votre raison, elle vous enivrera des choses visibles, savez-vous, mes frères, comment vous pourrez l'éteindre et en arrêter les emportements? ce sera par cette pensée : Hél nous n'avons point ici de demeure permanente; mais, tandis que nous vivons dans ce corps mortel, nous sommes hors de notre patrie, et nous ne devons nous regarder que comme des voyageurs. Or si l'on voyait un voyageur s'intéresser à tout ce qui se passe sur sa route , prendre feu sur cela , et en être agité , affligé , désolé , quelle idée s'en formerait-on? Voilà néanmoins ce que nous faisons ; voilà ce qui nous inspire de si vives craintes de la mort, et ce qui nous rend , dans nos craintes et nos frayeurs, si dignes de pitié. Car de se laisser surprendre à des biens faux et apparents, et de s'attirer par là, en vue de la mort, des frayeurs et des peines réelles et effectives ;Hs'e8t une illusion qui, dans l'ordre de la Providence, peut bien même être regardée comme une punition. Pendant que l'apôtre était dans cette terre d'exil , il souhaitait sans cesse de se voir au bout de sa carrière, parce qu'il ne tenait à rien, et qu'il avait le cœur libre et dégagé de tous les objets matériels et mortels : Puis me UberabU de corpore

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mortU hî^f (Rom,, 7.) Mais si nous ne sommes pas dans la même disposition, ou plutôt si nous sonmies dans une disposition toute contraire, ce qu'ajoute ce docteur des nations ne nous convient que trop : Ingemiscimus gravatiy eo qnodnolumus expoUari. (2. Cor.y S.) Nous gémissons à l'aspect de la mort; les infirmités , les maux qui en sont les avant-coureurs et qui nous avertissent qu'elle approche , nous remplissent l'esprit de sombres images, et nous font pousser de profonds soupirs, parce que nous ne voulons point être dépouillés de ces biens que nous avons et qu'il faut quitter en mourant.

Quel spectacle , mes chers auditeurs , qu'un riche mondain aux prises avec la mort , et qui , jusqu'à la dernière extrémité, se défend contre elle! La mort le presse de sortir, et il voudrait toujours habiter ces agréables et superbes appartements qui sont l'ouvrage de ses mains, disons mieux, de sa vanité et de son luxe. Il a encore dans le cœur une inclination qui faisait toute la douceur do sa vie, et la mort l'en sépare , ou l'en arrache impitoyablement ! Il avait encore des vues pour l'accroissement de sa fortune, il avait des projets qu'il était sur le point d'exécuter, et la mort dans un moment déconcerte tout De quoi est-il touché ? de cette sortie du monde, de cette séparation, de ce renversement, de ce débris subit et si général. Hé ! mon cher frère, voilà ce qui m'effraye pour vous : c'est, dis-je, de voir que ce qui excite alors vos regrets, ce sont ces mêmes passions qui ont fait vos crimes et vos désordres durant tout le cours de vos années. Si vous craigniez la mort par mille autres endroits qui peuvent la faire craindre aux pécheurs , je m'en consolerais, et je me mettrais en devoir de vous apprendre à profiter de cette crainte ; si , dans l'appréhension de la mort, vous travailliez à étouffer ces passions et à rompre volontairement ces habitudes qui vous attachent à la vie, je vous en féliciterais et j'en bénirais Dieu : mais que vous ne soyez sensible qu'à ce qui vous a perdu jusques à présent et qu'à ce qui doit achever de vous- perdre, voilà encore une fois par où votre état me paraît déplorable et bien terrible.

Que faut-il donc faire, et de tout ceci quelle conclusion ? Cestde mourir dès maintenant et de bonne heure en esprit , pour ne plus tant craindre de mourir en effet; c'est de fermer les yeux à cette figure du monde qui nous éblouit et qui passe, afin de n'avoir plus tant de peine à la laisser passer, et de n'entrer plus sur cela en de si violentes agitations ; c'est d'éloigner notre cœur, de le dégager et de le déprendre de tout ce qu'il faudra un jour quitter. Mais , me direz-vous , nous craindrons toujours la mortpar un sentiment naturel. Voilà à quoi je vais

répondre, en parlant de ceux qui craignent la mort par un sentiment de la nature, et qui ne font, pour se fortifier contre cette crainte , nul usage de leur religion. C'est la troisème partie.

Je le sais, chrétiens, et je n'en puis disconvenir ; c'est un sentiment que la nature a de tout temps imprimé dans le cœur des hommes , sans en excepter même les sages ni les chrétiens , de craiqdre la mort et de la regarder avec frayeur : mais je .sais aussi que de tout temps les sages ont trouvé moyen de corriger sur ce point la nature par la nature même , et qu'ils se sont rassurés par leur propre raison contre toutes les raisons qui formaient en eux ces craintes involontaires dont ils voulaient se délivrer. Or ne sommes-nous pas bien dignes de compassion si nous ne faisons pas , avec les secours de la grâce et les lumières du christianisme, ce que ces philosophes ont fait par la seule lumière naturelle, et si nous avons moins de force dans la vraie religion qu'ils) n'en ont témoigné dans l'idolâtrie et la superstition?

Car je suis surpris, et vous devez l'être comme moi, en considérant ce que ces païens ont pensé et ce qu'ils ont pratiqué sur le sujet de la mort ; les excellentes idées qu'ils en ont conçues, et les généreux efforts de magnanimité et de constance par où ils les ont soutenues. Tantôt ils prétendaient que c'était pour nous une crainte ridicule que celle delà mort, étant déjà morts tant de fois, et mourant tous les jours : Nos mortem ridicule timemus totiesjam mortidet morientes. ( Senec. ) Qu'est-ce à dire, morts tant de fois? c'est qu'autant d'années que nous avons vécu , et qui ne reviendront jamais, ce sont autant de portions retranchées de notre vie, et comme autant de morts par où nous avons passé; et qu'est-ce à dire, mourant tous les jours? c'est que chaque moment qui nous échappe sans retour est une épreuve continuelle de la mort : Totiesjam morivi et morientes. Tantôt ils s'étonnaient comment on pouvait craindre si longtemps ce qui devait durer si peu, et comment ce point de la mort, qui est presque imperceptible, pouvait altérer et troubler toute la paix de notre âme : Quomodo quod tam cita fit, Umetur diuf Tantôt ils posaient pour principe que la mort rendant justice à tout le monde, et faisant raison à un chacun des injures qu'il prétend avoir souffertes, on avait ton de se plaindre d'elle : Quid mortem quererisf morg solajus «guumgeneris humani. En effet , ces iné* galités si odieuses de la fortune, ces discernements si aveugles de la faveur, ces rabaissements du mérite et de la vertu , ces élévations des plus vils sujets , enfin ces iniquités du siècle qui nous '--*

teot et qoi excitent notre indignation, tout cela doit cesser à la mort, et c'est uniquement de la mort que nous devons espérer de voir la fin de tout cela. Or cette espérance est une des plus douces consolations dans les disgrâces de la vie : Mars sola Jus sequum generis kumani. Tantôt ils démontraient que la mort , qui est le terme commun où tendent tous les hommes , servait de remède à plusieurs, était le souhait de quelques-uns, faisait le bonheur et la félicité des autres , et qu'au reste elle ne devait jamais être mieux reçue que quand elle venait avant qu'on fât réduit à la nécessité de la désirer : }fors omnibusfiniSy muUis remedittm, quibusdam votum, de nuUis meiius emerifa, quam de kis ad quos venit antequam invocelur.

Et ils avaient raison; car qui fera bien attention à toutes les misères dont la mort nous dégage, et à toutes les peines qui accompagnent la caducité d'une longue vie, conclura aisément que la brièveté de nos jours est une des grâces dont nous sommes redevables à la Providence. Que dirai-je encore? Tantôt ils concevaient la mort comme un heureux élargissement après une triste captivité, tantôt comme le retour d'un fâcheux exil , tantôt comme l'affranchissement d'une milice laborieuse, tantôt comme une prompte et parfaite guérison : car c'est ainsi qu'ils se la représentaient, et qu'ils nous en ont fait la peinture. Mais tout cela , me répond rez-vous, ce n'étaient que des spéculations et de pompeuses paroles, qui n'empêchaient pas ces sages de la gentilité d'avoir la mort en horreur et de la fuir. Vous vous trompez, chrétiens; ce n'étaient ni de vaines paroles , ni de sèches spéculations. Cétaient pour eui^ des raisons efficaces qui les persuadaient, et qui même les persuadaient souvent jusqu'à l'excès, puisqu'ils en sont bien des fois venus jusqu'à se rendre homicides d'eux-mêmes , et à s'en faire un honneur, un plaisir, une vertu. C'était une erreur du paganisme : mais notre confusion est que ces païens , ayant eu assez de grandeur d'âme et de fermeté pour aimer la mort et pour la rechercher, nous qui sommes chrétiens , nous en ayons trop peu pour ne la pas craindre.

Je dis qu'en cela consiste et paraît notre faiblesse : pourquoi? parce que la religion que nous profîBssons nous fotimlt des motift bien plus puissants pour nous adoucir la mort, et pour nous la faire eonsidérei d'un oui tranquille et assuré. Car prenez garde, s'il vous plati : tout ee qu'en ont dit ces infidèlefi, et tout ce que je viens de tirer de leur aaerale, n'étaiei^ que des productions de l'esprit humain , que des raisonnements, et que des sophismes dont leur orgueil se flattait; mais dans le christianisme nous avons les raisons les plus solides , les raisons les phis essentielles, les raisons les phis cft-

SUE hk CttAINTB PE LA MORTJ

pables de pénétrer nos esprits et de répendre dans nos cœurs une onction de grâce , en faveur de la mort et à l'avantage de la mort. Vous me les demandez , et les voici telles que la foi nous les pro^ pose, et que nous devons nous les proposer à nouspiêmes : )a vue de Jésus-Christ mourant, l'attente du royaume de Dieu , l'exemple des saints et de tant de justes, les trésors inflnîs de grâce dont la mort peut être enrichie- A quoi serons-nous sensibles, si rieq de tout cela ne fait impression sur nous? Reprenons.

La vue de Jésus-Christ mourant, de ce Dieu qui, immortel de sa nature, ne s'est revêtu de notre chair, selon la théologie de saint Paul et selon son expression, que pour goûter la mort, et en la goûtant lui ôter toute son amertume : Ut graUa Dei pro omnibus gustaret mortem, ( H^,, 2.) Cependant, chrétien faible et lâche, cette mort vous paraît encore amère. Jésus-Christ l'a goûtée pour vous, et il vous semble dur de la goûter pour lui et après lui. Quelque soin qu'il ait pris d'y répandre une douceur divine, vous la rejetez comme un calice plein de fiel et d'absinthe. L'apôtre a beau se féliciter de ce que la mort a été comme absorbée et dépouillée par le triomphe de cet Homme-Dieu sur elle, Absorpta est mors in Victoria (I. Cor, y 16); il a beau la défier, et, par une espèce d'insulte qui n'a rien de présomptueux, lui demander : O mort, où est ta victoire? où est ton aiguillon? Vbi est mors Victoria tuaf ubi est mors stimulus tuus ( Ibid. )? tout cela ne nous touche point. La mort est toujours victorieuse de notre faiblesse, elle a toujours à notre égard la même force , toujours le même aiguillon, et Ton dirait que la vertu de la croix et de la mort du Rédempteur est en quelque sorte anéantie. Le privilège des chrétiens unis à Jésus-Christ est de mourir, et de ne pas sentir le tourment ni l'affliction de la mort , Et non tanget illos tormentum mortis, {Sap., 3.) Mais nous renonçons à ce privilège; et, par une pusillanimité indigne de notre foi , non-seulement nous sentons ce tourment de la mort, mais nous l'anticipons , mais nous l'augmentonSf

Ce n'est pas assez : l'attente du royaume de Dieu, de ce royaume du ciel» oik nous savons que nous ne pouvons entrer qu'après la mort, puisque Dieu luimême nous l'a déclaré, Nemo videbit me, et vipet, PTest-îl pas étonnant que parmi les demandes que nous faisons à Pieu , une des prenuères et des plus importantes soit que son règne arrive pour nous, Âdveniat regnum tuum ( Matth. , 6 ) ; et qu'en même temps , par une visible contradiction » nous souhaitions avec tant d'ardeur dç retarder le pluç qu'il nous est possible l'avènement de ce règne P N'est-il pas étrange que ce règne de Dieu devant

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être noire «raTerain bien, nous en redoutions les approches comme notre soaverain mal ? Quand le patriardieJaeob,dans une extrême vieillesse, rit Joseph son fiis comblé d'honneur et de gloire, et dominant surtoate FÉgypte, l'Écriture nous apprend qu'il fut transporté d'un mouvement de joie , et qu'il s'écria : Ahl mon fils, c'est désormais que je mourrai content , puisque je vous revois : Jam Ixtus moriar, qtda vidifciciem tuam. (Gènes., 46. ) Eh quoi! mes frères, dit saint Bernard, la mort paraissait douce à ce père, parce qu'il voyait pour un moment le visage de son fils bien-aimé : et nous à qui la mort doit procurer le bonheur étemel de contempler Dieu même, nous à qui elle doit révéler la gloire de Dieu, nous à qui elle doit découvrir cet objet de béatitude que l'œil n'a point vu , et que le coeur de l'homme n'a jamais compris; nous qui, dans cette espérance , devrions dire : Ah ! Seigneur, e mourrai sans peine et je mourrai même avec joie, puisque c'est par là que je dois jouir de votre divine présence. Jam lœtus moriar, quia visumsêum faciem tuam (Bbrn. ) : au lieu de parler de la sorte et de le penser, nous sommes consternés à la seule idée de la mort , et nous frémissons au moindre péril qui nous en approche, ou qui l'approche de nous.

Ce n'est pas tout encore : l'exemple des saints et de tant de justes. N'avons-nous pas les même^ secours pour nous affermir contre la mort , et d'où vient donc que nous tenons à toute heure un langage si différent et même si contraire à celui des serviteurs de Dieu ? Écoutez David dans l'ancienne loi : Heu mihi , quia incoiatui meus prolongeUus est (Ps. 119)! hélas! que mon exil est long, et quand finira-t-il? MuUian incola fuit anima mea (Ibid.); je languis d'ennui sur la terre, parce que c'est une terre étrangère pour moi. Qitando veniam, et apparebo ante faciem Dei meil heureux moment où je paraîtrai devant mon Dieu! je l'attends, je le d^îre, je le demande. Ainsi ce prophète et ce saint roi s'en expliquait-il , et combien d'autres dans la loi nouvelle ont eu les mêmes sentiments, et se sont servis, pour les exprimer, des mêmes paroles! Mais nous, bien autrement disposés, nous trouvons que notre exil dure trop peu; nous voudrions demeurer éternellement en ce monde et en faire notre patrie; nous gémissons d'être forcés d'en partir ; et ce départ qui nous désole , nous formons pour le différer les vœux les plus vifs et les plus ardents.

Enfin les trésors de mérites dont la mort peut être, enrichie. Car quelles vertus la mort ne nous donne-t-elle pas occasion de pratiquer!] C'est en vue de la mort que nous faisons à Dieu le sacrifice

e plus héroïque, qui est celui de notre vie, et que nous devenons, en quelque manière, semblables aux martyrs. Cest par une libre acceptation de

la mort , que nous témoignons à Dieu la soumission la plus généreuse , et que nous lui rendons le devoir de l'obéissance la plus parfaite , puisqu'elle va jusqu'à la destruction de nous-mêmes. C'est au milieu des douleurs de la mort que nous commençons à nous acquitter auprès de la justice de Dieu, recevant l'arrêt de notre mort en esprit de péoitence, lui offrant notre mort non-seulement comme une satisfaction générale et commune du péché de nos premiers parents, mais comme une satisfaction particulière et personnelle de nos propres péchés ; consentant, pour la réparation de notre avare cupidité, à être dénués de tout dans le sein de la terre ; pour la réparation de nos vanités et de notre orgueil , à être ensevelis dans les ombres et la poussière du tombeau ; pour la réparation de nos sensualités et de nos plaisirs criminels , à devenir la pâture des vers. C'est par une sainte union de notre mort avec la mort de Jésus-Christ , que nous entrons en participation des grâces surabondantes que ce Dieu sauveur a renfermées dans sa croix comme dans une source inépuisable : et qui peut dire de quelles richesses spirituelles un mourant se sent quelquefois comblé; ou sans attendre l'heure de sa mort, qui peut dire de quelles impressions secrètes un chrétien est pénétré, de quels mouvements intérieurs il est animé , lorsque anticipant son dernier jour, il se met à certains jours et en esprit au lit de la mort, et qu'il se présente à Dieu comme une victime qui Kii est destinée et qui lui doit être immolée? Or ce qui nous est si salutaire, si méritoire auprès de Dieu quand nous en savons bien user, par quel renversement devient-il le sujet de notre aversion ? Il n'y a qu'une chose qui semble pouvoir, par la religion même et par les vues de la foi , justifier cette crainte excessive de la mort, savoir la crainte des jugements de Dieu; mais là-dessus je vais vous satisfaire, et j'en fais la courte conclusion de ce discours.

Je dois donc en convenir, chrétiens auditeurs : puisque la mort est suivie d'une éternité bienheureuse ou malheureuse; puisque c^est la mort qui décide pour jamais de notre destinée dans' cette éternité; puisqu'au moment de la mort nous devons être présentés devant le souverain juge , pour lui rendre un compte exact de toute notre vie, et pour en recevoir, par un dernier arrêt, ou la récompense ou le châtiment , toutes ces pensées , qni sont comme les points fondamentaux de notre foi, vivement retracées dans nos esprits et bien méditées, ont de quoi nous faire trembler et nous saisir d'une juste frayeur. Mais après tout, ma proposition ne laisse pas de subsister; et je prétends toujours que si cette crainte de la mort prédomine en nous, que si c'est une crainte toute pure, sans mélange de consolation, et qui n'ait pas ce tempérament de grâce que lui doit

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donner Tespérance chrétienne, même dans la personne des pécheurs ; quelque sainte qu'elle paraisse, BOUS sommes encore dignes de compassion : pourquoi cela? parce qu'étant chrétiens, la foi nous fait trouver dans la mort même de quoi nous tenir lieu de ressource, si j'ose m'exprimer ainsi , contre ces jugements de Dieu si formidables. Or ce qu'il y a de pitoyable en nous, c'est que tout cela se trouvant dans la mort, nous ne l'y trouvions néanmoins jamais, et que nous n'écoutions la foi qu'à demi , sur un sujet où nous pouvons la faire servir de correctif è elle-même, en opposant aux vérités effrayantes qu'elle nous enseigne d'autres vérités consolantes qu'elle y ajoute. Expliquons-nous.

C'est une belle réflexion de saint Augustin , lorsqu'il nous dit que nous devons avoir par proportion les mêmes sentiments et les mêmes affections pour la mort, que nous avons pour Dieu. Dieu, remarque ce saint docteur, est tout ensemble et aimable et terrible. Il est aimable, parce que c'est un Dieu de miséricorde et de bonté ; et il est terrible, parce que c'est un Dieu de justice , et, selon l'expression de l'Écriture, le Dieu des vengeances. Comme terrible, il veut être craint; et comme aimable, il veut être aimé. De même, reprend ce Père , la mort a deux visages tout différents. Elle est redoutable d'une part, et désirable de l'autre. Redoutable, parce qu'elle peut être pour nous le commencement d'un malheur éternel; mais désirable, parce que, selon les vues de Dieu , elle nous doit mettre en possession de l'immortalité et de la gloire. Il faut donc que nous la craignions, et que nous l'aimions tout à la fois : c'est-à-dire que nom la craignions d'une crainte mêlée d'amour, et que nous l'aimions d'un amour accompagné de crainte. Il y a plus, syoute saint Augustin : car comme Dieu, qui est aimable et terrible, veut absolument parlant, être plus aimé des hommes que redouté, aussi devons-nous plus aimer la mort que la craindre : et comme Dieu ne se tiendrait pas honoré de nous autant qu'il le veut être, si nous le craignions plus que nous ne l'aimons ; ainsi peut-on dire que nous ne sommes pas dans une disposition parfaitement chrétienne si nous craignons plus la mort que nous ne l'espérons, parce que notre crainte et notre amour par rapport à elle doivent suivre la mesure de notre amour et de notre crainte à l'égard de Dieu. Il faut donc craindre la mort par esprit de foi ; mais il faut encore plus l'espérer et la désirer en esprit de foi. Tel est le raisonnement de saint Augustin.

Ce n'est pas que les saints n'aient craint la mort, au plutêt les suites de la mort. Car le même saint Paul, qui témoignait tant d'empressement de voir la prison de son corps détruite , reconnaâssait néanmoins que c'était une chose terrible de tomber

dans les mains du Dieu vivant : Horrendum est in' cidere in manus Dei viventis. (Hebr., 10.) Et le même David, qui demandait si instamment de voir Dieu , ne laissait pas de chercher un asile où il pût se mettre à couvert de sa colère : Quo a fade tua fugiamf(Ps,j 138.) Cependant, quelque partagés qu'ils parussent entre ces divers mouvements d'amour et de crainte, le désir réexportait , et ils ne pouvaient se défendre de souhaiter la mort en considérant que c'était la voie pour aller à Dieu. De là vient que saint Jérôme , qui fut peut-être de tous les saints le plus touché des jugements de Dieu, fut néanmoins un de ceux qui soupirèrent davantage après la fin de cette vie mortelle. C'est une chose admirable de voir comment il la demandait, et en quels termes il l'appelait. Nous le lisons encore dans une épttre d'Eusèbe au pape Damase, que nous conservons comme un des plus beaux monuments de l'antiquité, f^eni, arnica mea, êoror mea, sponsa (Hibbon.) : Venez, disait ce grand saint , parlant à la mort, venez , vous que je chéris comme ma bien-aimée , comme ma sœur, comme mon épouse; Indica mihi quetn diUgit anima mea (Ibid.) : Conduisez-moi à l'unique trésor de mon âme. Car il n'y a que vous qui puissiez me rendre ce bon office , et me montrer le lieu où il repose : Ostende mihi tdH cubât Christus meus, (Ibid.) Vous êtes tout environnée de ténèbres, poursuivait ce même Père; mais ces ténèbres me découvriront la lumière éternelle, et c'est ce qui vous donne pour moi tant de charmes : Nigraes, sed formosa. (Ibid.) Vous êtes terrible aux rois de la terre et à ces mondains qui bornent toutes leurs espérances à cette vie : TerribiUs apud reges terrœ (Ibid.); mais vous me devenez d'autant plus agréable que j'ai moins de prétentions en ce monde et pour ce monde. Ainsi s'expliquait saint Jérôme; ainsi craignait-il la mort ; et pour peu que nous ayons de foi, ainsi devons-nous la craindre, ou plutôt ainsi devons-nous la désirer.

Mais vous médites que vous craignez la mort, parce que vous êtes pécheur ; que vous la craignez , parce que vous êtes actuellement dans le désordre du péché et dans l'inimitié de Dieu; que vous la craignez, parce qu'étant fragile, vous pouvez perdre à tout moment la grâce; que vous la craignez , parce que vous êtes exposé à des occasions dangereuses et à toute la corruption du monde; que vous la craignez , parce que , quelque bien que vous puissiez faire, vous êtes toujours incertain de votre état devant Dieu , et que vous ne savez si vous êtes digne de haine ou d'amour. Car voilà toutes les dispositions où la crainte de la mort pourrait être , avec plus de prétexte , autorisée par la foi. Et moi je réponds qu'en toutes ces dispositions , à quiconque veut consulter la foi et agir selon la foi , la vue

SUR L'AMBITION

de la mort doit encore être aimable, et que nous y découvrons toujours des sources fécondes d'espérance et de confiance , pour modérer Texcès de nos craintes. En efifet, je suis pécheur, me dis-je d'a^ bord à moi-même , et voilà justement pourquoi la vue de la mort me doit être douce : parce que la vue de la mort est le plus sûr moyen de me préserver du péché, et de résister aux tentations du péché. Je dois donc la regarder non-seulement comme une grâce, mais comme une des grâces les plus efficaces, comme un effet de la bonté toute miséricordieuse de Dieu envers moi , comme un remède puissant et presque infaillible dont il a bien voulu me pourvoir. Ah! Seigneur, que deviendrais-je si cette vue touchante de la mort, qui me règle et qui me gouverne, venait jamais à m*abandonner? En quels dérèglements irais^je me précipiter, et où me porterait ma passion? Je suis dans le désordre du péché , et c'est pour cela méilne que je dois envisager souvent la mort. Quelle conséquence? elle est trèsnaturelle. Parce que s'il y a quelque chose qui soit propre à me convertir et à me faire sortir de l'affreux état où je suis tombé, c'est la mort bien envisagée et bien considérée. Car c'est le souvenir de la mort , ou , pour mieux dire , la grâce attachée à ce souvenir de la mort , qui a opéré de tout temps dans le christianisme les plus grandes conversions. Cestla mort fortement représentée dans l'esprit, qui a humilié l'orgueil des âmes les plus fières; qui a fait des cœurs les plus inflexibles et les plus durs, des cœurs contrits ; qui a soumis au joug de la pénitence les pécheurs les plus indociles. Par où un pécheur de ce caractère a-t-il coutume d'être ébranlé ? par la vue de la mort; et si je dois jamais revenir de mes égarements et me rapprocher de Dieu , n'estce pas par là même. Pourquoi donc ne m'occuperais-je pas volontiers de cette vue de la mort , et pourquoi n*en ferais-je pas ma plus solide consolation? Je suis fragile, et je puis perdre à chaque moment la grâce : mais que s'ensuit-il de là? que je dois donc m'entretenir sans cesse de la vue de la mort, puisque ce sera le soutien de ma fragilité; et que portant ce précieux trésor de la grâce dans un vase de terre, il n'y a que la vue de la mort qui puisse affermir mes pas, et me mettre en quelque sûreté. Cest donc être bien ennemi de moi-même et de mon salut si Je fuis cette vue , et si je la crains comme un sujet de tristesse et d'abattement. Je suis exposé à mille dangers; et les scandales du monde, qui m'environnent de toutes parts, sont autant d'écueils que je ne saurais éviter. Erreur, si je le crois ainsi. Je les éviterai, ces écueils, par la vue de la mort; et cette vue salutaire me sauvera de ce déloge d'iniquité qui inonde aujourd'hui le siècle. Soit donc que j'aie égard à l'intérêt de Dieu , soit que je sois sensible au mien , la mort me doit

être, sous l'un et l'autre rapport, un avantage. Pour rîntérét de Dieu , parce qu'elle nous fait entrer dans un état où nous ne sommes plus capables de l'offenser. Pour le mien, parce que dans cet état le monde n'est plus capable de nous corrompre. Et pourquoi Salomon nous apprend-il que le juste a été souvent enlevé du monde dès ses premières années , si ce n'est afin que la malice du siècle perverti ne l'infectât pas de son venin , et qu'il ne fût pas séduit par l'éclat trompeur de la vanité? Raptus est ne maUtia muiaret hUellectum ejus , aut ne fictio deciperet animam iUlus, (5ap.,4.) Mais après tout, nous ne savons si nous sommes dignes d'amour ou de haine. Vous l'avez voulu de la sorte, ô mon Dieu I pour nous tenir dans une plus grande dépendance de votre grâce : mais du reste, au milieu de cette incertitude, la vue de la mort nous fait trouver tout le repos que nous pouvons avoir en cette vie , puisqu'elle nous fait prendre toutes les mesures nécessaires pour nous maintenir en l'amour de Dieu. En deux mots, ou nous sommes pécheurs , ou nous sommes justes. Si nous sommes pécheurs, la vue de la mort nous ramène dans les voies de Dieu; et si nous sommes justes, la vue de la mort nous confirme dans les voies de Dieu. Se nous sommes pécheurs , la vue de la mort nous excite à la pénitence; et si nous sommes justes, la vue de la mort nous assure le don de la persévérance. Si nous sommes pécheurs , la vue de la mort nous. fait devenir justes; et si nous sommes justes, la vue de la mort nous empêche de devenir pécheurs. Ainsi nous marcherons sûrement et tranquillement. Nous craindrons la mort sans feiblesse , et nous la désirerons sans présomption. Nous trouverons de quoi bénir Dieu jusque dans les effets de sa justice, et nous nous en ferons un moyen de sanctification en ce monde pour obtenir en l'autre la félicité éternelle où nous conduise , etc.

SERMON

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