DU SAINT SACREMENT
SUR LA FRÉQUENTE COMMUNION
Homo ^mditmJèciieœMm magnam, et vocavU mnltoa, et misH»enmm»mmhora cœnm, iieere ifwitatiê, utvenirent, et eatperma cmmê$ mmfl excutare,
Cn honme fit on granil repas « et inTita beaocoap de gens. Quand rheofe da repas fut venae, ii envoya son aenrlteor dire aux conviés de venir, mais Us oommeocèreot tous à s*ezcuser. Sâivi Lcc, cbap. li.
Ce repas dont il est padé dans notre évangile , selon la plus commune interprétation des Pères , qu*est-ce autre clioseque la divine Eucharistie? et n*est-cepas ainsi que FÉglise paraît Pentendre, puisqu'elle a choisi cette parabole pour l'appliquer à Tadorable sacrement de nos autels? C'est un grand repas Cœnam magnam. Grand par Texcellence et la qualité de la sacrée viande et du saint breuvage qui y sont servis; car c'est le corps même et le sang de Jésus-Christ : grand par le nombre de ceux qui s'y trouvent conviés ; ce sont tous les hommes , du moins tous les fidèles : grand par la dignité de leurs personnes et la sainteté de leurs dispositions, puisqu'ils n*y doivent venir qu'en état de grâce : grand par le lieu où il est préparé ; c'est toute l'Église : grand par sa durée ; il ne finira qu'avec le monde : enfin , grand par sa signification , parce qu'il contient une vérité dont les mystères de l'ancienne loi n'ont été que la figure et que l'ombre. Vous êtes tous appelés, mes frères, à cette table du Seigneur ; et c'est pour vous l'annoncer de sa part qu'il envoie ses prédicateurs , et que je parais ici moi-même selon le devoir de mon ministère : Et misit servum smm. Mais que faitesvous ? Saint Grégoire pape le déplorait autrefois , instruisant le peuple clirétien dont il avait la conduite; et rien en effet n'est plus déplorable, ^omo dives invitât, etpauperoccurrerefestinat.'ad Dei vocamurconvivium, etexcusamus (Greg.): Qu'un riche, disait ce saint docteur, daigne inviter un pauvre à manger chez lui , le pauvre y court ; la table du Fils de Dieu est dressée pour nous, et nous nous excusons. Quels prétextes ne prend-on pas ? tantôt les affaires temporelles dont on est chargé, tantôt les engagements de sa condition et de son état. On dit, comme ces conviés de l'Évangile, Je suis dans l'embarras, j'ai une famille qui m'occupe, et des enfants à pourvoir: Uxorcm duxi. On dit, J'ai du bien qui demande mes soins, un négoce à entre-
* Les Sermons pour le dimanche de la Pentecôte et pour eèloi de la Trinité, sont ci-après , dans les Sermons sur les Mystères.
tenir, une charge à remplir : Fillam emi. (GnEG.> £t ainsi Ton a toujours, ou l'on croit toujours avoir des raisons pour abandonner le plus salutaire de tous les sacrements , et pour n'en approcher presque jamais : Etcceperuntomnes simidexatsare. Mais entre les excuses les plus ordinaires dont on se sert, savez-vous, mes chers auditeurs, quelle est la plus dangereuse , parce qu'elle est la plus spé* cieuse ? c'est ce que nous entendons dire à tant de faux chrétiens , qu'ils ne sont pas assez purs pour se présenter à une table si sainte; et que leurs communions sont rares, parce qu'ils ne se croient pas dignes de les rendre plus fréquentes. Or, je soutiens, moi, que cette excuse, toute apparente qu'elle peut être, n'est point communément rece» vable ; je soutiens que cette prétendue humilité dont on voudrait se faire un mérite n'est souvent qu'un piège de l'ennemi de notre salut, ou de la nature corrompue qui nous trompe. Comme ce point est d'une extrême conséquence, j'ai besoin, pour le bien développer, des lumières du Saint-Esprit. Demandons-les par l'intercession de la Mère de Dieu , en lui disant : Jve .
n est vrai , chrétiens , et je suis d'abord obligé de le reconnaître, que la pureté de l'âme et Tinnocence de la vie est une disposition essentielle et absolument nécessaire pour participer au divin sacrement que nous recevons dans la communion ; et il est encore vrai que plus nos communions sont fréquentes, plus nous devons être exempts de tache et saints devant Dieu. Bien loin de combattre cette vérité , je la confesse hautement comme un principe incontestable et un point de ma créance, et je voudrais la graver si profondément dans vos cœurs, que rien jamais ne l'en pût effacer. Mais, cela posé, je puis néanmoins avancer deux propositions dont il faut , s'il vous plaît, que vous preniez bien le sens, et qui vont faire le partage de ce discours : car pour détruire la vaine excuse de ceux qui se retirent de la communion parce qu'ils ne se croient pas assez purs, et qui, par la même maxime et la même règle de conduite, portée au delà des bornes et mal conçue, en retirent les autres, je dis que la pureté requise pour approcher du sacrement de Jésus* Christ ne doit point être communément ni en soi un obstacle à la fréquente communion : ce sera la première partie. Je vais même plus loin, et, par l'effet le plus désirable et le plus heureux, je prétends qu'un des moyens les plus puissants, les plus infaillibles et les plus courts pour arrivera une sainte pureté de vie, c'est la fréquente communion : ce sera la seconde partie. Je vous ferai donc voir comment une vie pure et innocente nous doit préparer à la communion , sans que ce devoir soit une juste raison de nous en éloigner; et d'ailleurs je vous apprendrai
SUR LA FRÉQUENTE COMMUNION
eomment même la communion doit servir à rendre notre vie toujours plus innocente et plus pure. Ces deux pensées sont solides ; mais , encore une fois, il est important que vous y donniez toute votre attention pour les entendre précisément telles que je les entends et que je les propose. Appliquez-vous et commençons.