‹ ¦uvres de ChamplainChapitre 13 sur 22 · CHAPITRE IF · texte numérisé non relu

CHAPITRE IF

Partcmcm f . E 11. iour de Iuin, ie fus à quelques douze ou pour aîîcï'au 1— 'quinze licuës dans le Sagucnay, qui cft vne sagucnay. belle riuiere, & a vne profondeur incroyable : car ic croy, félon que i'ay entendu deuifer d'où elle procède, que c'clt d'vn lieu fort hault, d'où il def- Torretu cend vn torrent d'eau (1) d'vne grande impetuod-cau. ç lt £ . ma j s j' cau q U j en procède n'eft point capable

de faire vn tel fleuue comme celuy-là, qui neantmoins ne tient que depuis cedict torrent d'eau, où cil le premier fault, iufqucs au port de Tadoufac, qui eft l'entrée de la ditte riuiere du Sagucnay, où il ya quelques quarante-cinq ou cinquante lieues, & vne bonne licuë & demye de large au plus, 8c vn quart au plus eflroict ; qui fai& qu'il y a grand courant Terr „ d'eau. Toute la terre que i'ay veu, ce ne font que "cîeTm'at monta ig nes de rochers la plufpart couuertes de pUiuntes. bois de fapins, cyprez & boulle, terre fort malplaifante, où ie n'ay point trouué vne licuë de terre plaine tant d'vn collé que d'autre. Il y a quelques montagnes de fable 8c iiles en laditte riuiere, qui

(1) On serait porte à croire d'abord qu'il est ici question de la Décharge du lac Saint-Jean; mais ic contexte indique assez que les sauvages lui ont décrit la route ordinaire des voyageurs c'est-à-dire, la rivière Chicoutimi, les lacs Kinogomi, Kinogomichiclic et la Belle- Rivière ; et alors il est tout naturel que Champlain n'ait pas trouvé de proportion entre la Décharge et le Sagucnay.

Les Voyages de Champlain

font haultes efleuées. Enfin ce font de vrais de- 1603. fcrts inhabitables d'animaux & d'oifeaux ; car ie vous afleure qu'allant chaflêr par les lieux qui me fembloient les plus plaifans, ic ne trouuay rien qui foit linon de petits oifeaux, qui font comme roffignols & airondelles, lefquclles viennent en efté, car autrement ie croy qu'il n'y en a point, à caufe de l'cxccflif froid qu'il y faicl:, cefte riuiere venant de deuers le Noroueft.

Ils me firent rapport qu'ayant pafle* le premier Rapport que

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iault, d ou vient ce torrent d eau, ils paflent huid du commen. autres faults, & puis vont vnc iournéc fans en trou- ^Xë^sauer aucun, puis paflent autres dix faults, 8c vien- * ucnav nent dedans vn lac(i), où ils font deux iours à rapafl'er; en chafque îour ils peuuent faire à leur aife quelques douze à quinze lieues. AudicT: bout du lac, il y a des peuples qui font cabannez(2), puis on entre dans trois autres riuieres, quelques trois ou quatre iournées dans chafeune; ou, au bout defdittcs riuieres, il y a deux ou trois manières de lacs, d'où prend la fource du Saguenay, de laquelle fource iufques audict port de Tadoufac il y a dix iournées de leurs canots (3). Au bord defdittes riuieres, il y a quantité de cabannes, où

(1) Le lac Saint-Jean, que les sauvages appelaient Piicouagami.

(2) La nation du Porc-Rpic (ou des Kakouchaki) demeurait au lac Saint-Jean probablement dès ce temps-là.

(3") «Voilà,» dit Lescarbot (liv. m, ch. jx) «ce qu'a écrit Champlain dés l'an fix « cens cinq» (lise/, mil six cent trois) «de la rivière de Saguenay. Mais depuis il dit « en fa dernière relation que du port de Tadouflac jufques à la mer que les Sauvages ■ de Saguenay defeouvrent au nort, il y a quarante à cinquante journées; ce qui cft bien « éloigné des dix que maintenant il a dit.»

Si Lescarbot avait examiné les chofes plus attentivement, il aurait remarqué que Champlain ne dit pas qu'il y ait dix journées de Tadoussac à cette mer du nord qui est salée, c'est-à-dire, à la baie d'Hudson, mais bien seulement de Tadoussac à la source du Saguenay ; ce qui est tout différent.

1603. il vient d'autres nations du cofté du Nort, trocqucr auec lefdicts Montagnes des peaux de caftor & martre, auec autres marchandas que donnent les vaifTcaux françois aux dicls Montagnés. Lefdicts fauuages du Nort difent qu'ils voyent vne mer qui cil falée. le tiens que fi cela eft, que c'eft quelque goulfc de cefte mer qui dcfgorgc par la partie du Nort dans les terres(i); 8c de vérité il ne peut ertre autre chofe. Voylà ce que i'ay apprins de la riuicrc du Sagucnay.

Parlement de Tadoufac pour aller au Sault, la description des ijles du L.ieure, du Coudre, d' Orléans, àf de plujieurs autres ijles àf de nofire arriuée à Québec.

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