‹ Œuvres de Chapelle et de BachaumontChapitre 11 sur 67 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Contre l'usage des rideaux (1).

ura des rideaux qui voudra :

Je n'en veux avoir de ma vie ; Mais, puisque tout mon quartier a Si grand désir et tant d'envie D'ouir mes rsûsons , les voilà.

Et quant à mes belles voisines (2), Je leur dirai premièrement Qu'au lit le divertissement .

Qui se donne entre des courtines Tient un peu trop du sacrement.

L'aise et les apprêts n*y font rien.

Ce plaisir, pour le prendre bien Et de la plus belle manière , Demande un Ut comme le mien , Tout à fût à la cavalière,

(1) On donne cette pièce spr une coplff manuBcrite trouvée dans les portefeuilles de madame la dvehesse de Bouillon. {S.'Mare»)

(9) On lit dans d*aatre8 recueils : ' Et eommençaat par mes toisiaes.

174 WUYRES

G*6St là qa^nne femme étendue Se laisse bien Toir à mon gré ; C^est là qu*un rideau trop tiré Ne dérobe rien à la vue De Tobjet qu'on a désiré.

Enfin, c*6st là que les secousses Du dieu d'amour sont vraiment douces ; C'est là qu'on.... en son vrai sens.

Ce que l'on fût entre des housses.

S'appelle fûre des enfants.

Pour vous , Messieurs les beaux esprits, Je veux bien vous apprendre encore , Quoique vous ayez tout appris , Que, les Muses aimant l'aurore, Les rideaux sont leurs ennemis (i).

En effet, la troupe immortelle Des neufs sœurs, et même Glio (a).

Sur leur mont à croupe jumelle Dorment à l'air, ce qui s'appelle, En leur langue, être 9ub dio.

(i) Cette stance est ainsi ailleurs :

Pour Toui, Mestieur» les beftux •qkriu.

Je Toas dirai de plat encore Que jtmais Bavent n'en a mit ; Car lei Motet aiment l'aurore ; Les rideaux sont aet ennemis.

(a) Variante :

Des neuf sœurs, témoin ma Glio.

Diverses. 175

Anssi, pour suivre cette mode, Jamais auteur n'eut tour de lit; Et , qui plus est, jamais ne mit Dans le froid le plus incommode Qu'un laurier pour bonnet de nuit.

Surtout j'admire , entre les dieux , Que ceux d'eau , même des rivières , De qui les lits sont en des lieux Où les rideaux viendroient des mieux , M'en ayent pourtant jamais guères.

Car, hormis les petits ruisseaux , Qui couvrent leurs lits d'arbrisseaux, Les grands fleuves, comme la Loire , Le Rhin et la Seine , font gloire De n'avoir point de tels rideaux.

Et pour le Nil, un chacun sait Qull n'a pas même de chevet.

Au moins jusqu'ici , quelque enquête Qu'on sdt su faire de sa tête , On ne sait où ce dieu la met.

ËPIGRAKIIE ÀPHILIS

UjMiTdarAB.

elle Ptûlis, pooriDMétreiuiei Ne me donnez rien dans les gin

ODE Sur l^Hitbr.

I a campagne a changé de face ; La neige couvre les guérets, Et les arbres de nos forêts Tremblent sous sa pesante masse.

Les peuples des fleuves glacés

Dans le cristal sont enchâssés;

Et , parmi la terre déserte.

Les animaux sans mouvement ,

Après la faim qu*ils ont soufferte ,

Se refont un nouveau tourment.

Et , tristes , regrettent la perte

Des jours de Tautonme charmant. .

Si parfois le soleil se montre Et nous paroît étinceler, Ses rayons d*or semblent geler Ce qui sous leurs feux se rencontre.

Tout Tair se distille en glaçons, Et, jusqu'au coin de nos tisons.

Il répand une âpre froidure ; Les plantes en sont à mourir; Et, si Tagréable verdure

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