STANCES
Contre l'usage des rideaux (1).
ura des rideaux qui voudra :
Je n'en veux avoir de ma vie ; Mais, puisque tout mon quartier a Si grand désir et tant d'envie D'ouir mes rsûsons , les voilà.
Et quant à mes belles voisines (2), Je leur dirai premièrement Qu'au lit le divertissement .
Qui se donne entre des courtines Tient un peu trop du sacrement.
L'aise et les apprêts n*y font rien.
Ce plaisir, pour le prendre bien Et de la plus belle manière , Demande un Ut comme le mien , Tout à fût à la cavalière,
(1) On donne cette pièce spr une coplff manuBcrite trouvée dans les portefeuilles de madame la dvehesse de Bouillon. {S.'Mare»)
(9) On lit dans d*aatre8 recueils : ' Et eommençaat par mes toisiaes.
174 WUYRES
G*6St là qa^nne femme étendue Se laisse bien Toir à mon gré ; C^est là qu*un rideau trop tiré Ne dérobe rien à la vue De Tobjet qu'on a désiré.
Enfin, c*6st là que les secousses Du dieu d'amour sont vraiment douces ; C'est là qu'on.... en son vrai sens.
Ce que l'on fût entre des housses.
S'appelle fûre des enfants.
Pour vous , Messieurs les beaux esprits, Je veux bien vous apprendre encore , Quoique vous ayez tout appris , Que, les Muses aimant l'aurore, Les rideaux sont leurs ennemis (i).
En effet, la troupe immortelle Des neufs sœurs, et même Glio (a).
Sur leur mont à croupe jumelle Dorment à l'air, ce qui s'appelle, En leur langue, être 9ub dio.
(i) Cette stance est ainsi ailleurs :
Pour Toui, Mestieur» les beftux •qkriu.
Je Toas dirai de plat encore Que jtmais Bavent n'en a mit ; Car lei Motet aiment l'aurore ; Les rideaux sont aet ennemis.
(a) Variante :
Des neuf sœurs, témoin ma Glio.
Diverses. 175
Anssi, pour suivre cette mode, Jamais auteur n'eut tour de lit; Et , qui plus est, jamais ne mit Dans le froid le plus incommode Qu'un laurier pour bonnet de nuit.
Surtout j'admire , entre les dieux , Que ceux d'eau , même des rivières , De qui les lits sont en des lieux Où les rideaux viendroient des mieux , M'en ayent pourtant jamais guères.
Car, hormis les petits ruisseaux , Qui couvrent leurs lits d'arbrisseaux, Les grands fleuves, comme la Loire , Le Rhin et la Seine , font gloire De n'avoir point de tels rideaux.
Et pour le Nil, un chacun sait Qull n'a pas même de chevet.
Au moins jusqu'ici , quelque enquête Qu'on sdt su faire de sa tête , On ne sait où ce dieu la met.
ËPIGRAKIIE ÀPHILIS
UjMiTdarAB.
elle Ptûlis, pooriDMétreiuiei Ne me donnez rien dans les gin
ODE Sur l^Hitbr.
I a campagne a changé de face ; La neige couvre les guérets, Et les arbres de nos forêts Tremblent sous sa pesante masse.
Les peuples des fleuves glacés
Dans le cristal sont enchâssés;
Et , parmi la terre déserte.
Les animaux sans mouvement ,
Après la faim qu*ils ont soufferte ,
Se refont un nouveau tourment.
Et , tristes , regrettent la perte
Des jours de Tautonme charmant. .
Si parfois le soleil se montre Et nous paroît étinceler, Ses rayons d*or semblent geler Ce qui sous leurs feux se rencontre.
Tout Tair se distille en glaçons, Et, jusqu'au coin de nos tisons.
Il répand une âpre froidure ; Les plantes en sont à mourir; Et, si Tagréable verdure
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