INSCRIPTION
Pour le portrait du mémo.
n TOUS aTertit que voici Le portrût du grand Dassouci , Cette merveille de notre âge.
Contemplez-le donc bien; et si, A peu près aux traits du visage, Vous croyez qu^un tel personnage Ne peut qu*avoû^ien réussi , Achetez vite soa ouvrage , Et vous verrez qu'il est ainsi (i).
(i) Deux pièces eomme celle-ci et comme la précédente auraient dft suffire seules pour empêcher Chapelle de se donner le tort que, pour notre part, nous lui avons reproché dans la notice.
LETTRE A Mademoiselle de SAiNt-CHRisTOPHLs
votre lettre en vieux gaulois Faire réponse est difficile ; liant excellez en ce patois Comme en tout autre êtes habile.
un dit ce qu*on veut dans ce style , Et non dans notre beau françois, Que messieurs de l'académie Ont tant décharné , que leurs lois L'ont fait du françois la momie , Et rendu plus sec mille fois Que la Faculté, sansTAnglois (i), N'eût rendu par Phlébotomie Ceux qu'elle et notre autre ennemie La fièvre , depuis quatre mois, Réduit tous les jours aux abois,
(i) Pensée dirigée par Chapelle contre la Faculté de Paris, au profit du cheTalier Talbot, médecin qui, le premier, a introduit en France Tusage du quinquina, et qu'on désignait familièrement dans le monde sous le seul nom de VAngloit» Voir à ce sujet plusieurs lettres de M"<^« de SéTÎgné.
OEUYRËS DIVERSES. 186
Dont face éncor blême ou blémîe Je porte , et porter bien pourrois Jusqu'à ce que les premiers froids M*ayent la santé raffermie.
Si pourtant vous faut-il un mot , niustre et rare demoiselle ; Et pour suivre votre querelle Et très chevaleureuz complot Contre notre langue nouvelle, Que tient toujours sous le rabot Une précieuse séquelle , Vous faire en termes de Marot Une réponse telle quelle
Et par qui vous puissiez savoir Que votre épftre incomparable Ne vint point, par malheur, le soir»
Heure pour nous plus convenable Et plus propre à la recevoir Qu*à dîner, mets portés sur table ; Puisque , dans Fardeur de la voir, On la lut sans s^apercevoir Que tout devenoit immangeable »
Soupe froide et r6t sec et noir.
Or si pleinement admirée Et par chacun remémorée Elle fût pendant le repas , Vous en devez être assurée Par un oubli des meilleurs plats»
Et par du repas la durée
l86 (DUTRBS
Si courte , qu'on n'attendit pas Les friands mets de la contrée , Que vous savez être muscats Et tant d'autres fruits délicats.
Sitôt donc qu'on eut desservi , Sans partir de la même salle , Sur table papier on étale ; Puis, le premier avis suivi Que la pièce étoit sans égale , Un chacun de nous à l'envi La lit à part, et s'en régale Et s'en déclare si ravi y
Que tout d'abord , et la première Madame de la Bourdaisière, Dont le corps gent est possesseur De grâce, et Tesprit de lumière, A tel point , qu'elle est singulière A gagner d'un chacun le cœur ; Son aimable et charmante sœur, Qui , ma foi, ne lui cède guère ;^ Sa douce et brillante héritière , Dont l'wr vif wde la douceur;
Monsieur de la Pavillonière (i) Et monsieur de la Rivaudière , Qui ne mettront pas bien du leur Si pour rimer leur nom prend ière\ Le gentil et savant Molière ,
(0 Etienne Pavillon, de TAcadémie fran^ljH*
Diverses. 187
Et moi , chétif rapetasseur De cette épftre familière, Conclûmes tous en cour plénière Que je pouvois , sans nulle peur De passer pour un .encenseur, Vous dire, dans la foi première Et comme on parle au confesseur.
Que votre lettre est de manière  pouvoir, malgré tout censeur.
Parcourir notre France entière , Depuis la picarde frontière Et des conquêtes la dernière Jusqu'aux monts du peuple danseur (i).
Plus an long je pourrois m*étendre Sur la chère que nous faisons Dans cette reine des maisons , Bien moins à vendre qu'à dépendre ; Mais par mille bonnes raisons, Que vous pouvez fort bien entendre.
Prudemment nous nous en taisons.
Puis , je suis contraint de me rendre A la fièvre , qui me va prendre Et m'envoyer à mes tisons.
(1) Le peuple danseur, c'est-à-dire les Basques-
[S.-Marc.)