FRAGMENT DE CHANSON
SUR BonciNGO
Fameux Marchand de vin traiteur (1).
oucingo , dès son âge tendre, Posséda la sauce à Robert, Ayant même qu'il put apprendre Ni son Ave ni son Pater.
(I) J'ai qiiatone bouteflles
D'un vin vieux... Boudngo n'en a point de pareillM.
(BoiUSAO. iat. 3.)
LETTRE
A SA Maîtresse
En lui envoyant un pâté de lièvre.
ruelle princesse , qui fais Que tous les jours je me retranche Les longs dîners de la Croix Blanche Et les charmants soirs du Marais ,
Qu'absent tu me tourmentes ! Mais
J'en aursd bientôt ma revanche.
Sache que déjà je me plais
A voir mon cœur, gros de regrets ,
Me reprocher le long obstacle ,
Qulmpitoyablement tu mets
A tous mes soins et leurs progrès.
Que n'a pu sur moi ce spectacle ,
Qui m*a fait cent rivaux tous frais ,
Et gens dont, à moins d'un miracle ,
Nous ne nous sauverons jamais !
Sache encor qu'un certsûn oracle.
Et des plus sûrs et des plus vrads ,
M'a promis que bois et forêts (i)
Vont remettre sur le pinacle
Ma raison et mon âme en paix.
(i) La chasse.
Œuvres diverses. i33
Il est vrai qa*il y joint après Un Thériaque ou Thériacle (i), Qu'on tient Tun des plus grands secrets , Mesdames, contre vos attraits.
Or cet Oracle consulté , Dont j'ai déjà tant profité , C'est Manicamp, belle inhumaine , Qui terriblement me promène Contre ton inhumanité , Jurant qu'ainsi bien agité Et bien courant la prétantaine Par les buissons et par la plaine , J'oubliend ta médianceté.
Tu oonnottras la vérité Et combien je suis en haleine De campagne et de liberté, Quand le messager de Touraine Te portera le gros pâté , Qui m'a , sans te mentir^ coûté Bien du tourment et de la peine.
C'est ce qui fera sa bonté :
Car de l'animal tourmenté . Provient la bonté souveraine; Outre que le drôle encroûté Âvoit la plus grasse bedaine Dont nous ayons jamais tàté.
L'adresse , au reste , en est certaine ; Le tout est bien étiqueté ; Et c'est de bonne volonté
(i) Le Tin.
l34 dlUYRES DIVERSES.
Que , pour m^jûder contre ta haine , Un marquis, plein dlionnéteté, Prétend quil te soit présenté Pour cette Saint-Martin prochsûne; Ou bien de coups quelque douzaine Paiera la témérité De quiconque Taura porté , Si, dans la fin de la semaine.
Ton reçu ne nous est coté.
Faites-en donc Men bonne dière.
Surtout qu'il vous serve d'essai , Et, sll aie bien devons plaire.
Ayez là dessus le cœur gai , Vous n'en manquerez , ma foi , guère , Puisque, outre la chasse ordinaire.
Notre cher ami Le Boulai, Que vous savez et que je sai Etre votre humble tributaire , Aura de quoi vous satisfûre En pâtés, et pas plus méchants:- Car il a quatre bonnes filles; C'est , en mots assez approchants , Quatre levrettes fort geiltilles.
Qui battent fort souvent aux champs , Et devant qui les meilleurs drilles Des lièvres et les mieux marchants Ont peine à sauver leurs guenilles , Et se tirer d'entre leurs dents.
Tout me manque , jusqu'au bon sens.
Adieu. Cachez bien ces vétilles , Ou les montrez à peu de gens.
ÉPITAPHE D'UN CHIEN (i).
assant réfléchisseur, qui vois ce monu-
[ment , Dis-moi, puisque l'Amour fut étemelle-
[ment,
Pourquoi faut-il que la nature N*ût point fait d'étemel amant ?^ Un petit chien , dont j'écris Taventure, Jadis d'amour fut un brasier ardent; Maintenant, chose étiange! il est froid comme glace. Car il est mort ; grand bien lui fasse !
Puisse-t-il être constellé, " C'est-à-dire bien installé Au dessus du signe d'Hercule, Dans le ciel de la canicule !
Hélas! combien de pleurs Amaryllis versa,
Le jour fatal qu'il trépassa!
Elle auroit moins pleuré maint amant romanesque Qui de bi^ûlant devient glacé Avant que d'être trépassé.
(1) Cette pièce et la suivante sont imprimées sous le nom de Chapelle dans le Nou9eaM choix de poésia qui parut en 1715 eu a vol. in-8o, recueil fait par Danchet.