‹ Œuvres de Chapelle et de BachaumontChapitre 8 sur 67 · AUTRES DIVERSES · texte numérisé non relu

AUTRES DIVERSES

Feu I^vron , quoique îggu de race gigantesque , Fit TCBU de vivre nwn. Sa rwson , la voici :

Levriere allongés sont propres pour la chaEse ; Haii près des dames, non. Levrousen raccourci. Nichés au coin dufeu, tiennent bien moins déplace. Ceci considéré, Lerron voulut rester Dans SB petite taille, et pria Jupiter.

Jupiter l'eiaufa. Biscuit et confiture , Au lieu de se tourner eu raine nourriture ,

Se convertissoient en amour.

Lelevrontémérure, enfin ^ pour liûre court,

Sous le jupon de sa maîtresse

Pour avoir plus chaud se glissa.

Sans scrupule elle l'y laissa :

11 âtoit si petit! Heureuse petttesse.

S'écria le levron transporté d'allégresse !

Si j'étois lévrier, grand comme mes aïeux ,

Sous ce dfime délicieux Pourrois-je impunément promener ma tendresse; Bientôt , fiché pourtant d'être né si petit , Petit levron mourut d'amour elde dépit.

STANCES IRRÉGULIÈRES Au Moineau db Clihëiib.

etit moineau, délices de Climène, Qui l'amusez par sauts et tours badins , Chassez, mordez galants bruns et blon-

[dins, Que Cupidon à ses genoux amène.

A mes rivaux livrez guerre traîtresse; Becquetez-les surtout quand leur tendresse, S'émancipani , veut dérober faveurs Qu'Amour ne doit qu'à mes vives ardeurs.

Daignez servir le beau feu qui me brûle , Suivez Climène et gardez ses appas.

Quoique ne sois tant disert que Catulle, Vers louangeurs ne vous manqueront pas.

Si méprisez les tributs de ma veine.

Ne me privez pour cela de vos soins ; Biscuits firiands je vous promets du moins.

Vous vous tiendrez à cette, offre certaine; Bien je connois votre morale saine.

Diverses.

Chassez , mordez , je vous le dis encore , Chassez, mordez mes rivaux dangereux; Par cris perçants , par insulte soudaine Interrompez leurs discours amoureux ; Ne permettez à Taimable Climène Que d'écouter le récit de mes feux.

^Mi-^m-m

OEdtres diverses. i4i

Ce fut par une matiDée , [Et même sans âtre sorcier, Bien dirols l'heure et la jouniée) (^'oidonné fut au sieur Boursier De ne laisser passer année , Ni SaÎDt-Hartia sur son coursier, Qu'on ne vit dans ma cheminée La belle et gaillarde échinée Au poil blondiD s'asHtcier.

Et cependant mes dieox tarés , Qui s'attendent à l'ordre exprès , Portent chez moi de chambre en chambre Vd nez plus friand de porc frûs , Que de myrrhe , civette et d'ambre , Et , ne trouvant rien qu'&tres froids , En font déjà mille regrets.

De voir ainsi s'enfuir Novembre Sans rien avoir de vos forêts.

RONDEAU

arotte n*est adjugeable aisément, Tant méritée elle est communément, Et par plaisir, voyons, je vous supplie, Si plus de fous le peuple a dans sa lie Que la noblesse et tout le parlement.

Plus, tel on garde en son appartement Moins fou que tel qui s*y tient follement; Si qu'encor bien prise et bien établie Marotte n'est.

Mieux donc seroit dire indifféremment :

Chapelle est fou, Saint-Victor mémement.

Nul parmi nous n'est exempt de folie ; Et tant mieux c'est, puisqu'à passer la vie Et bien mener, inutile autrement Marotte n'est.

LETTRE ÂMadamb la Duchesse db'Bouillon

En lui enroytnt U pièce soiTanie.

I ous m*accasez obligeammeirt , , En tout très parfaite duchesse , iQue tard et bien négligemment * Je m'acquitte de ma promesse;

Sur quoi, si vous demandez qu'estrce

Qui cause ce retardement,

Il faudra bien qu'ingénument

Je vous avoue et vous confesse

Ecrire faire mon tourment.

Paresse ôtre mon élément ,

Et cela sans nulle finesse :

Puisqu'à vous parler franchement,

Autre chose est, belle princesse,

Paresse, mot de compliment.

Autre chose , fine psu>ess6 , '

Qui n'écrit point ou rarement ,

Telle qu'a trop vu Votre Altesse

Etre la mienne absolument.

Quand j'ai relu cette tirade d'adverbes en ment, j 'ai trouvé qu'elle tenoit fort des commandements

l44 CDUYRES DIVERSES.

qujon récite à relise, et j*allois toul efiàoer, quand un meilleur génie m'a inspiré que M. de Jussac, bien loin de s*en dégoûter, ne m'en suivroit que plus volontiers. Je lui veux donc laisser la plume pour faire à Votre Altesse une dédicace en belle prose d'avantrpropos de tout ce que nous avons fait depuis que nous sommes ensemble, et dçnt non seulement pars magna fuit, sed maxima. Quant à moi, pour vous marquer autant que je puis, Madame, Textrôme désir que j*ai de contribuer à la réjouir par ces bagatelles de Parnasse , je ne laisserai pas, malgré ce que j'en pense , d'y joindre un méchant Hiver burlesquey que j'adressois à M. l'abbé, de Chaulieu. Je croyois le lui envoyer devant qu'il fût de retour ; mais je n'ai pu trouver d'occasion, et ce sera lui-même qui en sera le porteur. Au reste Votre Altesse sait trop bien tous les beaux endroits de l'auteur (i) dont j'ai pris le conomencement , pour oser lui marquer. Je la prierai seulement de le vouloir lire avec toute l'indulgence que demande cette façon d'écrire.

(i] Horace.

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