‹ Œuvres de CondorcetChapitre 27 sur 90 · PEYSSONNEL · texte numérisé non relu

PEYSSONNEL

patriotiques; après trente ans de séjour à la Guadeloupe, il n’avait pas oublié qu’il avait laissé à Marseille une Académie naissante. Il voulut lui donner une marque de son zèle, et fonda un prix pour la meilleure dissertation sur l’histoire naturelle de la mer. Objet important très-peu connu, et vers lequel cette fondation eût pu tourner les regards des naturalistes. Mais, depuis son départ de Marseille, l’Académie avait changé déformé, on ne s’y occupait plus que de poésie et d’éloquence , et elle refusa le bienfait de M. Peyssonnel, à moins qu’il ne consentit à changer le prix en une pièce de vers sur l’histoire naturelle. (Voy. Lettres de M. Peyssonnel.)

M. Peyssonnel fut affligé et étonné de cette réponse. On ne peut trop multiplier le nombre des observateurs, parce qu’il y a des parties dans les sciences naturelles surtout, qui ne peuvent être perfectionnées qu’en combinant entre elles un grand nombre d’observations, faites en divers lieux, et continuées longtemps sur un même plan ; et pour se rendre utile en ce genre, il suffit d’avoir des connaissances et de l’exactitude. Il est pour le moins inutile, au contraire, que les lettres soient cultivées par ceux qui n'auraient pas un vrai talent, ou ce degré d’esprit qui y supplée quelquefois. Peyssonnel ajoutait avec simplicité : « Ai-je doue eu besoin d’esprit pour faire ma découverte des coraux? »

Il mourut en >7^7.

BIANCH1.

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BIANCHI (i).

Il est mort en 1 760, âgé de quatre-vingts ans, après avoir professé la médecine à Turin pendant quarantecinq ans. Il fut longtemps à la tète du collège de médecine de cette ville, et l’on y bâtit, en 1715, un amphithéâtre pour servir aux démonstrations de cet anatomiste, qui dès lors était célèbre en Italie.

Observateur infatigable, ses leçons et une pratique de médecine très-étendue ne l’empêchèrent pas de publier un grand nombre d’ouvrages. Mais il eut le malheur d’avoir pour adversaires M.Morgagni et Haller. Ils l’ont accusé de s’étre livré à son imagination, lorsqu’il fallait ne se servir que de ses yeux;et d’avoir quelquefois, en donnant aux parties, non leurs véritables formes, mais des formes plus pittoresques, décrit les objets, moins tels qu’ils étaient, que tels qu’il voulait qu’ils fussent.

Cependant ses ouvrages renferment des observations utiles, et il a laissé à sa patrie d’excellents élèves.

MUSCHENBROEK (a).

On trouve, dans ses ouvrages, une longue suite

(1) Né en 1680.

(1) Né en 169».

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