ACTE IV, SCÈNE III. i
Adieu ^ seigneur^ adieu : hion âme est satisfaite D'avoir pu vous offiîr une sûre retraite.
Thessandre doit guider, au sortir du palais , Des pas que je voudrois n'abandonner jamais.
THYESTE
Moi fuir, prince ! qui? moi, que je vous abandonne ! Ah ! ce n'est pas ainsi que ma gloire en ordonne. Instruit par vos bontés pour un sang malheureux , Je n'en trahirai point l'exemple généreux.
Accablé des malheurs où le destin me livre , Je veux mourir en roi , si je ne puis plus vivre. LaissezHDioi près de vous ; je ne pui^ vous quitter. De noirs pressentiments viennent m'épouvanter ; Je sens à chaque instant que mes craintes redoublent ; Que pour vous en secret mes entrailles se troublent : Je combats vainement de si vives douleurs ; Un pouvoir inconnu me fait verser des pleurs. Laissez-moi pairtager le sort qui vous menace. Au courroux du tyran la tendresse a fait place j Les noms de fils pour lui sont des noms superflus , Et ce n'est pas son sang qu'il respecte le plus.
PLISTHÈNE.
Ah ! qu'il verse le mien : plût au ciel que mon père Dans le sang de son fils eût éteint sa colère ! Fuyez, seigneur, fuyez, et ne m'exposez pas A l'hdrreur de vous voir égorger dans mes bras. Hélas ! je ne crains point pour votre seule vie : Ne fuyez pas pour vous, mais pour Théodamie.
C'est vous en dire assez , seigneur : sauvez du moins ^ L'objet de ma tendresse et l'objet de mes soins j
i86 ATRÉE ET THYE5TE.
Et ne m'exposez pas à Fhoiteur légitime D'avoir sans fruit pour vous osé tenter un crime. Fuyez : n'abusez point d'un moment précieux.
Cherchei^vous à périr dans ces fimestes lieux? Thessandre^ conduisez. •«.
THESSANDRSb
Seigneur , le roi s'avance.
PLISTHÈNE.
11 en est temps encore , évitez sa présence.