ACTE IV, SCENE IV
Et les dieux ^ e&fayésî des ft>rfaits des humains , Jamais plus à propos n'ont tralii leurs desseins. Quelle étoit ma fureur ! et que vais-je t'apprendre ! Ton cœur déjà tremblant va frémir de l'entendre^ Je le répète encor, tes malheurs sont si grands , Qu'à peine je les crois, moi qui te les apprends.
( Il loi montre un billet d'^rope. )
Ce billet seul contient un secret si ftmeste.... Mais , avant de l'ouvrir , écoute tout le reste. Tu n'as pas oublié les sujets odieux D'un courroux excité par tes indignes feux :
Souviens-4;'en , c'est à toi d'en garder la mémoire : Pour moi, je les oublie; ils blessent trop ma gloire. Cependant contre toi que n'ai-je point tenté ! J'en sens «oeor frémir mon cœur épouvanté.
En vain sur mes serments ton âme rassurée Comptoit sur une pai|t que je t'avois jurée ; Car dans l'instant Ëttal où j attesuns les cieux , Je me jurois ta mort-, et j'imposois aux dieux.^ Je n!en veux pour témoin que ce même Plisthène, Par de pareils serments qui sut tromper ma haine. C'étoit lui qui devoit me venger aujourd'hui D'un crime dont l'affrfUH rajaillissoit sur lui; Et pour miem^ l'engager à t'arracher la ^e , J'en devpîa, au tefiis, priver Théo^amie.
De ce récit affreux ne prends aucun effroi :
Tu dois te rassurer e^i le tenant de moi*
(àPlUtWiie.)
Et toi , dont b venu m'a garanti d'un crime , Ne oraÔBS rien d'un courroux penl-^étre légitime*
i88 ATRÉE ET THYESTE.
Si c'est un crime à toi de ne le point servir , Quelle eût été l'horreur d'avoir pu l'assouvir ! Enfin c'eût été peu que d'immoler mon fi'ère ; Le malheureux aiu*oit assassiné son père.
THYESTE
Moi; son père!
ATRÉE
Ces mots vont t'en instruire. Lis.
( Il lai donne la lettre d'-ffirope. )
THYESTE
Dieux ! (ju'ést-ce (jue je vois ! c'est d'^rope. Ah ! mon fils La nature en mon cœur éclaircit ce mystère :
Thyeste t'aimoit trop pour n'être point ton père. Cher Plisthène , nies vœux sont enfîn accomplis.
PLlSTHilNE.
Ciel ! qu'est-ce que j'entends ? Moi , seigneur, votre fik Tout semhloit réserver, dans un jour si funeste , Ma main au parricide , et mon cteur à l'inceste. Grands dieux ! qui m'épargnez tant d'horreurs en ce jour Dois-je bénir vos soins , ou plaindre mon amour ?
(àAtrée.)
Vous qui , trompé long-temps dans une injuste haine ; Du nom de votre fils honorâtes Plisthène , Quand je ne le suis plus, seigneur, il m'est bien doin D'être du moins sorti d'un même sang que .vous. Je ne suis consolé de perdre en vous un père. Que. lorsque je deviens le fils de votre frère. Mais ce fils, près de vous privé d'un si haut rang , L'est toujours par le cœur, s'il ne l'est par le saing.