‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 116 sur 287 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

Quel qu'en soit le forfait^ un dessein si foneste ,"] S'il n'est digne d'Atrée , est digne de Thyeste^ ''' De son fils tout sanglant , de son malheureux fils ^ Je veux que dans son sein il entende les cris. C'est en toi-même, ingrat, qu'il faut que ma victime, Ce fruit de tes amours , aille expier ton crime.... Je frissonne , et je sens mon âme se troubl^.,.- C'est à mon ennemi qu'il convient de tremMer. Qui cède à la pitié mérite qu'on l'offense j U faut un terme au crime , et non à la vengeance. Tout est prêt, et déjà dans mon coeur furieux Je goûte le plaisir le plus parfait des dieux. : Je vais être vengç. Thyeste , quelle joie !

Je vais jouir des maux où tu vas être en proie. Ce n'est de ses forfaits se venger qu'à demi , Que d'accabler de loin un perfide ennemi.

11 faut , pour bien jouir de son sort déplorable , Le voir dans le moment qu'il devient misérable. De ses premiers transports irriter la douleur , Et lui faire à longs traits sentir tout son malheur. Thyesie vient : feignons. Il semble , à sa tristesse , Que de son sort aflEreux quelque soupçon le presse.

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