‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 119 sur 287 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

ATRÉE, THYESTE, EURISTHÈNE, apportant l.

coupe; GARDES.

ATRÉE

Mais j'aperçois la coupe de nos pères :

Voici le nœud sacré de la paix de deux frères; Elle vient à propos pour rassurer un cœur Qu'alarme en ce moment une indigne terreur.

Tel qui pouvoit encor se défier d' Atrée , En croira mieux peut-être à la coupe sacrée.

Tliyeste veut-il bien qu'elle a.chève en ce jour De réunir deux cœurs désunis par l'amour?

Pour engager un frère à plus de confiance , Pour le convaincre enfin , donnez , que je commence.

(Il prend la coupe de la main d*£urîsthène. ) THYESTE.

Je VOUS l'ai déjà ait , vous m'outragez , seîgùeur ,

Si vous vous offensez d'une vaine jfrayeur.

Que voudroit désormais me ravir votre haine ,

Après m'avoir rendu mes états et Plisthène?

Du plus affreux courroux quel que fût le projet,

Mes jours infortunés valent-ils ce bienfeit?

Euristhène^ donnez; laissez-moi l'avantage

De jurer le premier sur ce précieux gage.

Mon cœur, à son aspect, de son trouble est remis :

Donnez.... Mais cependant je ne vois point mon fils.

( U prend la coupe des mains d'Atrée. )

Page 1