‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 12 sur 287 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

IDOMÉNÉE^ SOPHRONYME

IPOMENÉE.

Sop^ONYBiE, est-ce toi?

, SOPHRONYME

Que voifr^e? Idoménéei Ali ! seigneur , de qud bruit ont retenti ces lieux !

' IDOMENEE*

Eh quioi ! tant de malheurs n'ont ppint lassé les dieux !

56 IDOMÉNÊE.

Depuis six mois entiers, une fureur commune Agite tour à tour Jupiter et Neptune.

La foudre est Tastre seul qui nous luit dans les airs : Neptune va bientôt nous couvrir de ses mers.

C*en est fait ! tout périt ; la Crète désolée Semble rentrer au sein de la terre ébranlée. »' Chaque jour, entouré des plus tristes objets , La mort jusqu'en mes bras moissonne mes sujets. Jupiter, sur moi «eul épuise ta vengeance!

N'afflige plus des lieux si chers à ton enfance ! Mes peuples malheureux n'espèrent plus qu'en toi : Si j'ai pu t'offenser, ne tonne que sur moi.

Pour les seuls innocents allumes-tu la foudre? Sur son trône embrasé réduis le prince en poudre. Épargne les sujets : pourquoi les frapper tous ? Qui d'eux , ou de leur roi, mérite ton courroux ?

SOPHRONYME

Quoi ! toujours de nos maux vous croirez-vous coupable? N'armez point contre vous une main redoutable. Le ciel, depuis long-temps- déclaré contre nous. Semble, dans sa fureur, ne ménager que vous.

Dans les maux redouMés dont la rigueur nous presse. Votre seule pitié , seigneur , nous intéresse.

Les dieux voudroient en vain ne ménager que moi r Eh ! frapper tout son peuple , est-ce épargner un roi ? Hélas ! pour me rempli^ de douleurs et de craintes , Pour accabler mon cœur des plus rudes atteintes. Il suffiroit des cris de tant d'infortunés.

Aux maux les plus cruels chaque jour condamnés^:

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