ACTE III, SCÈNE II
I^ alloit périr, je lui devois la vie; Sa mort bientôt d'une autre auroit été suivie» L'amour et la pitié confondirent mes coups; Tydée en ce moment crut combattre pour vous.
D'ailleurs, à la foreur de Corinthe et d'Athènes . Pouvois-je abandonner le trône de Mycènes ?
ELEC't'KE.
Juste ciel ! et pour qui Tavez-vous conservé ?
Cruel ! si c'est pour moi que vous l'avez sauvé.
Venez donc de ce pas immoler un barbare ;
Il n'est point de forfaits que ce coup ne répare. '
Oreste ne vit plus : achevez aujourd'hui
Tout ce qu'il auroit fait pour, sa sœur et pour lui.
A l'aspect de mes fers êtes-vous sans colère?
Est-ce ainsi que vos soins me rappellent mon frère?
Ne m'offrirez-vous pjus, pour essuyer mes pleurs.
Que la main qui combat pour mes persécuteurs ?
Cessez de m'opposer ime funeste flamme.
Si je vous laissois voir jusqu'au fond de mon âme,
Votre cœur, excité par l'exemple A mien,
Détesteroit bientôt un indigne lien ;
D'un cœur que malgré lui l'amour a pu séduire,
Il apprendroit du moins comme un grand cœur soupire;
Vot^ y verriez l'amcKir, esclave du devoir.
Languir parmi les pleùfs, sans force et sans pouvoir.
Occupé, comme moi, d'un soin plus légitime.
Faites-vous des vertus de votre propre crime.
Du sort qui me poursuit pour détourner les coups,
Non ^ je n'ai plus ici d'autre frère que vous.
.Mon frère est mort; c'eist vous qui devez me le rendre^
25ô ELECTRE.
Vous, qu'un seriiient affreux engage à me défendre. Ah cruel! cette main, si vous m'abandonnez.
Va trancher à vos yeux mes jours infortunés.
TYDÉE
Moi , voiis abandonner ! Ah ! quelle âme endurcie Par des pleurs si touchants ne seroit adoucie? Moi , vous abandonner ! Plutôt mourir cent fois. Jugez mieux d'un ami dont Oreste fit choix.
Je conçois , quand je vois les yeux de ma princesse , Jusqu'où peut d'un amant s'étendre la foiblesse; Mais quançl je vois vos pleurs, je conçois encor mieux Ce que peut le devoir sur un cœur vertueux.
Pourvu que votre haine épargne Iphianasse^ Il n'est rien que pour vous ne tente mon audace. Je ne sais, mais je sens qu'à l'aspect de ces lieux Égisthe à chaque instant me devient odieux.
A l'ardeur dont enfin ma haine est seooixiée, A ce noble transjMbt je reconnois Tydée.
Malgré tous mes malheurs, que ce moment m'est doux! Je pourrai donc venger.... Mais qudqu'un v^atà nous. : Il faut que je vous quitte ; on pourreit nous siirjM*endre. En secret chez Arcas, s^gneur , daignez vèi» rendre. Seul espoir que le ciel m'ait Caisse dans mes maïux^ Courez, cm me vengeant, signaler un héros, Pour peu qu'à ma douleur votre comr s'intéresse.
(EUeaoH.) TYDEE.
*Mais qui venoit à nous? Ah dieux! c*esl la princesse.