‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 147 sur 287 · ACTE in, SCÈIïE II. i · texte numérisé non relu

ACTE in, SCÈIïE II. i

EliECTRE.

Hélas ! qui ne connott mon nom et mes malhears ? * Et qui peut ignorer le Sujet de mes pleurs ?

Un désespoir affreux est tout ce qui me reste. O déplorable sang ! ô malheureux Oreste !

TYDEE.

Ah ! juste ciel ! quel nom ave»-vous prononcé I A vos pleurs , à ce nom, que mon cœur est pressé î Qu'il porte à ma pitié de sensibles atteintes I Ah ! je vous reconnois à de si tendres plaintes. Malheureuse princesse, est-ce vous que je voi? Electre , en quel^tat vous offrez-vous à moi ?

ELECTRE

Et qui àoac s'attendrit pour une infbrtimée ^ A la fiireur d'Égisthe , aux fers abandonnée ? Mais Oreste, seigneur, vous étoit-il connu?

A mes pleurs, à son nom , votre cœur s'est ému«

TYDEE.,

Dieux! s'ilta'étoitconqu! Mais dois-je vous l'apprendre^ . Après avoir trahi l'amitié la plus tendre?

ÎHeux! s'il m'étoit connru ee^frrince généreux I Ah ! madame , c'est moi qui de son sort affreux Viens de répandre ici la fimeste nouvelle*

ELECTRE

H est dcmc vrai , seigneur, et la Parque cruelle M'a ravi de mes vœux et l'espoir et le prix ? Mais qudi étcHmement vient frapper mes esprîtis ! Vous qi|^ montrez un cœi^ à mes pleurs si sensible, N'étfeSHVous pas, seigneur, ce guerrier invincible , •

34d ELECTRE.

D'un tyran oAeux trop zélé d^enseur ?

Qui p^t donc pour Electre attendrir votre cœur ? Pouvea^vous bien eneor plaindre naa destinée. Tout rcQipli de l'espoir d'un fatal hyménéé ? tyd£e.

Ah î <jue diriez-vous donc si mon indigne cœur De ses coupables feux vous découvroit l'horreur 7 De. quel œil verriez-vous l'ardeur qui me possède. Si vous voyiez en moi le fils de Palamède ?

ELECTRE

De Palamède î vous ? Qu'ai-je entendu , grands dieux t

Mais vous ne l'êtes point; Tydée est Vertueux :

11 n'eût point fait rougir les mânes de son père ;

Il n'auroit point trahi l'amitié de mon frère.

Ma vengeance , mes pleurs , ni le sang dont il sortes

Si vous étiez Tydée, Égisthe seroit mortt

Bien loin de consentir à l'hymen de sa. fille,.

Il eut de ce tyran imn^olé la famille.

De.Tydée , il est vrai , vous ayez la valeur ;

Mais vous n'en avez pas la vertu ni le cœur-

•fYDEE.

 mes remords du moins faites grâce, madone.

Il est vrai , j'ai brûlé d'une coupable flamme f - Il n'est point de devoirs plus sacrés que les miens r Mais l'amour oonnott-il d'autres droits que les si«is ? Ne me reprochez point le feu qui me dévore , Ni tout ce que mcm bras a fait dans Épidaure. J'^i dû tout immoler à votre inimitié ; 4

Mb\s que ne peut l'amour,; que ne peut l'amitié?

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