‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 159 sur 287 · PALAMÈDE · texte numérisé non relu

PALAMÈDE

Anténor, d^neurez; observez avec soin

Que de notre entretien quelqu'un oe smttémoin.

ORESTB.

Vous revoyez, ma sœur, cet ami «i fidèle,

Dont nos malheurs, les temps ^ n'ont pu latsêer le zèle.

ELECTRE, à Palamède.

Qu'avec plaisir , seigneur, je revois aujourd'hui D'un sang infortuné le généreux appui!

Ne soyez point surpris; attendri par mes larm^. Mon frère a dissipé mes mortelles alarmes :

ACvTE IV, SCÈNE III. ^f

De cet heiureiix sectes mon cœur est éelairci.

PAEAMBDE.

Je r^idb graccA au ciel qui vous rejoint ici.

Oresie m'e«t temoiii avec quelle tendresse

J'ai ^épkfire ie sort d'une illustre princesse^

Avec amibien d'ardeur j'ai toujours «Juhaité'

Le l»enIieiireux'iiMaiit de votre liberté*

Je vou« rassemble enfin , femille infortunée,

A des malheurs si grande trop long-temps condamnée!

Qu'il m'est doux de vous voir où régnoit autrefois

Ce {)ére vertueux, cecfcef de tant de rois.

Que fit pmr le sort tt'op jaloux de sa gloire î ^

O jour que tout ici rappelle à ma mémoire.

Jour crual qti'ont su^ tant de jours malheureux ,

Lieux terribles, témoins d'un parricide affreux.

Retracez-nous sans cesse un spectacle si triste !

Oreste,'C^est ici que le barbare Églsthe ,

Ce monstre détesté, souillé de tant d'horreurs ,

Inamola votre père à ses noires ftireurs.

Là, pihis cruelle encor , pleine des Euméhides,

ScHi épouse sur lui pofta ses mîains jperfidès.

C'est ici que sans force, et bedgtté dans son sang,

U ftit kaig-ibemps traîné leieoutéau dans le flanc.

Mais c'est là que, Ai smt lassant la barbarie.

Il finit dans mes ht» sesTnaibeurs et sa vie.

C^t Jà que- je reçus ^impitoyables dieux!

Et sj^d^rmors simpirs, etses derniers adieux.

ce A mon triste destin puisqu'il faut que je cède,

« Adieit^prendssoindetoi,fîiis, mon cher Palàmède; *

« Ces&e dfiitt^BUHoler d'<;)€bëux '^memis :

368 ELECTRE

<c Je suis assez vengé si tu sawre» mon fils.

« Va , de ces inhumains sauve mcm cher Oreste :

«c C'est à lui. de y^iger une mort si ftmeste. i»

Vos amis sont tout prêts; il ne tient phis qu'à vous ;

Une indigne terreur ne suspend {Jus leurs coups;

Chacun^ à votre nom, et s'excite et s'anime;

On n'attend, pour frapper, que vov» ^ fat vidiate.

(à Electre.)

De votre part, madame , on croit que votre cœur Voudra bien seconder une si noble ardeur.

C'est parmi les flambeaux d'un coupable hyménée Que le tyran doit voir trancher sa destinée.

Princesse, c'est à vous d'assurer nos projets. Flattez-le d'un hymen si doux à êd& souhaits : C'est sous ce feux espoir qu'il faut que votre ^aine Au temple où je l'attends ce jour même l'entraîne. Mais, en flattant ses vœux, dissimuler si. bien, . Que de tous nos desseins il ne soupçoniie rien.

L'entraîner aux aucels! Ah ! projet qin m'aecaUel Itys y périroit; Itys n'est poitt%^co«pid)le«

PALAME0IU

Il ne l'est point, grands dieiixl Né du sangd<»it il sort, 11 l'est plus qu'il né fliut pour mértfier la mort. Juste ciel ! est-ce 4iinsi que voue tw^ngee un père ? L'un tremble pour la sœur, et l'aulra pour Ip fi^ère! L'amour triomphe ici! Quoi! duM^ocB lîeùeruek U fera dqnc toujours d'illustres criminels l ' Est-ce donc sur des cœurs livrés à la vengespoe ^ Qu'il doit \m seul nK>ment ngoalersa piuManoe ? •

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