ACTE IV, SCÈNE II. a
Aux transports qu'en mon cœur son aspect a fait naître, Eh ! comment si long-temps Fai-je pu méconnoître?... Je vous revoîï enfin, cher objet jde mes vœux! Momems tsM. souhaités! 6 jour trois fois heureux!.*. Vous TOUS attendrissez; je vois couler vos larmes. Ah, seigneur! <jue ces pleurs pour Electre ont de charmes ! Que ces traits, ces regards, pour elle ont de douceur! C'est donc votfs que j'embrasse, ô mon frère !
ÔRESTE.
Ah, ma sœur!
Mon amitié trahit un important mystère.
Mais, hélas! que ne peut Electre sur son frère?
ELECTRE
Est-ée de moi, cruel , qu'il faut vous défier. D'une sœur qui voudroit tout vous sacrifier?
Et quelle autre amitié'fùt jamais si parfaite ?
ORESTE
Je n'ai craint que l'ardeur d'une joie indiscrète. Dissimulez des soins quoique pour moi si doux : Ma sœur, à me cacher j'ai souffert plus que vous. D'ailleurs, ji^u'à ce jour je m'ignorois moi-même. PalaiBfèdie^, pour moi rempli d'un zèle extrême, Pour conserver des jours à sa garde commis, M'élevoit à Samos sous le nom de son fils.
Lé sieé ^st mort, ma sœur; la colère céleste A fait périr l'anu le plus chéri d'Oreste ; Et peut-être, sans vous, moins sensible à vos maux, Envîrois-je le sort qu'il trouva dans les flots.
ELECTRE
Se peut-il .qu'en regrets votre cœur se consume ?
266 ELECTRE
Ah î seigneur^ laissez^moi jouir sans amertome
Du plaisir de revoir un frère tant aimé.
Quel entretien pour r/toil Que mon cœur est charmé I
J'oublie, en vous voyant, qu'ailleurs pent'^tre on m'aime ;
J'oublie auprès de vous jusques à Famant même.
Surmontez, comme moi, ce prâchant* trop flatteur
Qui semble malgré vous entraîna: votre oœur.
Quel que soit votre amour, les traks dflpfaianasse
N'ont rien de si charn[iant que la vertu n'efface.
ORESTE
La vertu sur mon cœur n'a que trop de pouvoir. Ma sœur; et mon nom seul suffit à mon devoir. Non , ne redoutez rien du feu qui me possède. On vient ; séparons-oious. Mais non, c'est Palamède.