‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 164 sur 287 · ELECTRE, ITYS · texte numérisé non relu

ELECTRE, ITYS

ITYS

PÉNÉTKi tfun malheur où mon cœtu' ^'intéresse , MW-il enfin permis de revoir ma princesse?

Si j'en crois les apprêts qui se font en ces lieux , Je puis donc sans l'aigrir m'offirir à ses beaux yeux ! Quelque prix qu'on prépare au feu qui me dévore , Malgré tout mon espoir, que je les crains encore ! Dieux ! se peut-il qu'Electre, après tarit de rigueifrs. Daigne choisir ma maifi pour essuyer ses pleurs ? Est-ce elle qui m'élève à ce comble de gloire? Mon bonheur est si grand , que je ne le puis croire. Ah ! miadame , à qui dois-je un bi^i si doux pour moi? (Amour, fais, s'il se peut, qu'il ne soit dû qu'à toi! ) Electre , s'il est vrai que tant d'ardeur vous touche , Confirmez notre hymen d'un mot de votre bouche ; Laissez-moi, dans ces yeux de mon bonheur* jaloux, Lire au moins un aveu qui me fait votre époux. I. ^ i8

^j4 ELECTRE.

Quoi ! vous les détournez l Dieux ! quel i&enkx sileneè!

Ma princesse, parlez ; vous* &it-<>n yiolenoe?

De tout' ce que je vois que je me sens- troubler !

Ah ! ne me cachez^ point vo& pleurs prêts ht couler.

Confiez à ma foi le secret de vos larme» $

N'en craignez rien : ce cœur, quoi^^ épri» de yos ehatfine

N'abusera jamais d'un pouv<Hr odieux.

Madame^ parpitië, tournez vers moi les yeiuu

C'en est trop : je pénètre im mystère funeste ;

Vous cédez au destin qui vous enlève Oreste ;

Vous croyez désormais que pour vous aujourd'hui

L'univers tout entier doit périr avec lui.

Votre cœur cependant, à sa haine fidèle.

Accablé des rigueurs d'une mère cruelle, |

Au moment que Je crois qu'il s'atféndrit pour nioi,

M'abhorre, et ne se rend qu'aux menaoes du roi.

ELECTRE

Fils d'Égisthe , reviens d'un soupçon qui me blesse : Electre ne connoit ni crainte ni foiblésse ; Son cœur , dont rien ne peut abaisser la^ fierté , Même au milieu des fers a^en liJ;>el*te« Quelque appui que le sort m'enlève d«9$ mon frère. Je crains plus tes vertus que les^ fers m ton père. Ne crois pas qu'un tyran pour toi pioisie en ce jour Ge que ne pourroit pas ou l'estime , ou l'amour. Non , quel que soit le sang qui coide dan» tes reines, Je ne t'impute rien de l'horreur de mes p^nes ; Je ne puis voir en toi qu'un prince généreux Que de tout mon pouvoir je voudrois rendre heureux. i ^'Jfon^îe ne te hais p<?iiu : je serpis inhumaine.

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