acte; I, SCÈNE I
Quand j'espérois goûter un destin plus tranquifle, La guerre en un moment détruisît mon asile.
Arsame^ conduisant la terreur sur ses pas, Vînt, la foudre à la main, ravager ces climats : Arsame, né d'un sang à mes yeux si coupable, Arsame cependant à mes yeux trop aimable , Fils d'un père perfide, inhumain et jaloux.
Frère de Rbadamîstfae, enfin de mon époux.
PHÉNICE
Quel que soit le devoir du nœud qui vous engage , Aux mânes d'un époux est-ce faire un outrage Que de céder aux soins d'un prince généreux Qui par tant de bienfaits a signalé ses feux ?
ZENOBIE.
Encor si dans nos maux une cruelle jÙg^nce
Ne nous ravissoit point notre unique espérance!...
Mais Arsame, éloigné par un triste devoir.
Dans mon cœur éperdu ne laisse plus d'espoir;
Et, pour comble de maux, j'apprends que l'Arménie,
Qu'un droit si légitime accorde à Zénobie ,
Va tomber au pouvoir du Parthe pu des Romains,
Ou peut-être passer en de moins dignes mains.
Dans son barbare cteur, flatté de sa conquête,
A quitter ces climats Pharasmane s'apprête.
PHÉNICE
Eh bien ! dérobe-vous à ses injustes lois* N'avez-vous pas pour vous les Romains et vos droits ? Par un ambassadeur parti de la Syrie, Rome doit décider du sort de l'Arménie.
'3oo RHADAMISTHE ET Z'ÉNOBIE.
Reine de ces états , contre un prince inhumain Faites agir pour vous l'ambassadeur romain :
On l'attend aujourd'hui dans les murs d'Artanisse. Implorez de César le secours, la justice ; De son ambassadeur faites-vous un appui; Forcez-le à vous défendre , ou fuyez avec lui.
ZENOBIE.
Comment briser les fers où je suis retenue ?
M'en croira-t-on d'ailleurs, fugitive, inconnue? Comment.... Mais quel objet! Arsame dans ces lieux!