SCÈNE PREMIÈRE
RHADAMISTHE, HIÈRON.
HIÉRON
Est-ce vous que je vois ? en croirai-je mes yeux 7 Rhadambthe vivant ! Rhadamisthe en ces lieux ! Se peut-il qae le ciel vous redonne à nos larmes , Et rende à mes souhaits un jour si plein de charmes ? Est-ce hien vous, seigneur? et par quel heureux sort Démentez-vous ici le hruit de votre mort ?
RHADAMISTHE.
Hiéron, plut aux dieux que la main ennemie Qui me ravit le sceptre eût terminé ma vie ?
Mais le ciel m'a laissé , pour prix de ma fureur , Des jours qu'il a tissus de tristesse et d'horreur. Loin de faire éclater ton zèle ni ta joie Pour un roi malheureux que le sort te renvoie , * Ne me regarde plus que comme un furieux , Trop digne du courroux des hommes et des dieux ; Qu'a proscrit dès long-temps la vengeance céleste; De crimes , de remords assemblage funeste ; Indigne de la vie et de ton amitié ; Objet digne d'horreur, mais digne de pitié;