ACTE II, SCÈNE L 3i
J'entrevois ses desseins ; mais mon cœm* irrité Se livre au désespmr dont il est agite.
C'est ainsi qu'ennemi de Rome et des Ibères^ Je revois aujourd'hui le palais de mes pères.
HI^RON
Député comme vous, mais par un autre choix ^
L'Arménie à mes soins a confié ses droits :
Je venois de sa part ofiBrir à votre frère*
Un trône où malgré nous veut mcmter votre père;
Et je viens annoncer à ce superbe roi
Qu'en vain à l'Arménie il veut donner la loi.
Mais ne craignez-vous pas^jue malgré votre absence....
RHADAMISTHE.
Le roi ne m'a point vu dès ma plus tendre enfance;
Et la nature en lui ne parle point assez
Pour rappeler des traits dès long-temps effacés.
Je n'ai craint que tes yeux ; et sans mes soins peut-être.
Malgré ton amitié, tu m'allois méconnoître-
Le roi vient. Que mon cœur, à ce fatal abord,
A de peine à dompter un funeste transport !
Surmontons cependant toute sa violence ,
Et d'un ambassadeur employons la prudence.
3i6 RHADAMISTHE ET ZÉNOBIE.