‹ Œuvres de Crébillon (volume 2)Chapitre 210 sur 287 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Âh I revenez à moi sous un front moins séyèpe. Et ne m'accablez point d'une injuste colère. / U est vrai , j'ai brulë pour ses divins appas ; MaiS| seigneur^ mais mon cœur ne la connoisspit pas.

Dieux! qu'est-ce que )'entends? Quoi ! prince, Zénobie

Vient de vous confier le secret de ma vie!

Ce secret.de lui-même est assez, important

Pour n'en point rendre ici laveu trop éclatant.

Vous cQunoissez le prix de ce qu'<m vous^confie ,

Et je crois votre cœur exempt de perfidie.

Je ne puis cependant approuver qu'à regret

Qu'on vous ait révélé cet important secret ;

Du moins sans mon aveu l'on n'a point dû le faire :

A mon exemple enfin on devoit vous le taire ;

Et si j'avois voulu vous en voir éclairci,

Ma tendresse pour vçus l'eût découvert ici.

Qui peut à mon secret devenir infidèle.

Ne peut, quoi qu'il en soit, n'être point criminelle*

Je connois , il est vrai , toute votre vertu ;

Mais mon a)çur de soupçons n'est pas moins combattu.

Quoi ! la ncûre fixreur de votre jak)usie.

Seigneur, s'étend aussi jusques à ZéneUe !

Pouvez-vous offenser.»..

ZENOBIE.

Laisses; agir, seigneur.

Des soupçons en efiet si dignes de son ceeur. Vous ne connoissez pas l'époux de Zénobie, Ni les divers transcris dont son âme est sââsie.

34î RHADAMISTHE ET ZÉNOBIE.-

Pour oser cependant outrager ma vertu ,

Réponds-moi y Rhadamîsdie : Et de quoi te plains^u?

De Famour de ton frère? Ah , barbare ! quand même

Mon cœur eût pu se rendre à son amour extrême ,

Le bruit de ton trépas ^ confirmé tant de fois ^

Ne me laissoit-il pas maîtresse de mon choix ?

Que pouvoient te servir les droits d'un hyménée

Que vit rompre et former une même journée ?

Ose te prévaloir de ce fimeste jour

Où tout mon sang coula pour prix de mon amour;

Rappelle-toi le sort de ma famille entière ;

Songe au sang qu'a versé ta fureur meurtrière ;

Et considère après sm» quoi tu peux fonder

Et Famour et la foi que j'ai dû te garder.

Il est vrai que , sensible aux malheurs de ton frère ,

De ton sort et du mien j'ai trahi le mystère.

J'ignore si ^'est là le trahir en efifet ;

Mais sache que ta gloire en fut le seul objet :

Je voulois de ses feux éteindre l'espérance ,

Et chasser de son cœur un amour qui m'offense.

Mais, puisqu'à tes soupçons tu veux t'abandonner,

Connois donc tout ce cœur que tu peux soupomner:

Je vais par un seul trait te le faire connoitre ,/

Et de mon sort après je te laisse le maître.

Ton frère me fut cher , je ne le puis nier;

Je ne cherche pas même à m'en justifier :

Mais y malgré son amour, ce prince, qui l'ignore^

Sans tes lâches soupçons Fignoreroit encore.

(à Arsame. )

Prince, après cet aveu , je ne vous dis plus nen^

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