ACTE IV, SCÈNE III. BSg
zfNOBlE.
î ai résisté , seigneur, autant que je Fâi pu ;
Mais , puisque j'ai parlé , respectez ma vertu.
Mon nom seul vous appretid €e que vous devez faire ;
Mon secret échappé , votre amour doit se taire.
Mon cœur de son devoir fut toujours trop jaloux....
Quelqu'un vient* Abî fuyez, seigneur; c'est mon époux.
SCÈNE IV
RHADAMISTHE, ZÉNOBIE,- ARSAME, HIÉRON.
HHADAMISTHE, àpttt.
Que vois-je?Qiioi! mon frérei... Hiéroii, va m'attendre. D'un troublé âflVeùx mon cœur a peine à se défendre.
(haut.) ; *
Madame, touHf^st prêt : les ombres de la nuit EflEeiceront bientôt la clarté qiii notts luit.
ZÉNOBIC.
Seigneur, puisqu a Vos soins désormais je me livre , Rien ne m'arrête ici ; je suis prête à vous suivre. Seul maître de mon sort , quels que soient les climats Où le ciel avec vous veuille guider mes pas , Vous pouvez ordonner, je vous suis.
RHÀDAMISTHE, àpart.
Ah , perfide I
(àArsame.) Prince , je vous ai cru parti pour la Colchide. Trop instruit des transports .d'un père ftuieux ,
34o RHADAMISTHE ET ZÉNOBIE.
Je ne m'attendois pas à vous voir en ces lieux : Mais, si près de quitter pour jamais Isménie , Vous vous occupez peu du soin de votre vie ; Et d'un père cruel quel que soit le courroux, On s'oublie aisément en des moments si doux.
AKSAMS.
Lorsqu'y feut au devoir immoler sa tendresse , Un cœur s'alarme peu du përil qui le presse ; Et ces moments si doux que vous me reprochez Coùtei^t bien cher aux cœurs que l'amour a touchés. Je vois trop qu'il est temps que le mi^n y renonce : Quoi qu'il en soit, du moins votre cœur me l'annonce. Mais, avant que la nuit vous éloigne de nous. Permettez-moi , seigneur, de me plaindre de vous. A qui dois-je impulier un <&cours qui me glace? Qui peut d'un tel accueil m'attirer la disgrâce ? Ce jour même , ce jour, il me souvient qu'ici Votre vive amitié ne parfoit pas ainsi.
Ce rival qu'avec soin on me peint inflexiMe N'est pas de mes rivaux , seigneur, le plus terriMe; Et , malgré son courroux , il en est aujourd'hui , Pour mes feux et pour moi , de plus cruels que lui. Ce discours vous surpr^id : il n'eA plus temps de feindre La nature en mon cœur ne peut plus se contraindre. Ah ! seigneur, plùt aux dieux qu'avec la même ardeur Elle eût pu s'expliquer au fond de votre cœur ! On ne m'eût point ravi , sous un cruel mystère , La douceur de connottre et d'embrasser mon frère. Ne vous dérobez point à mes embrassements :
Pourquoi troubler, seigneur; de si tendres moments?